‹ De la loi du contraste simultané des couleursChapitre 77 sur 249 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Du principe du mélange des fils colorés dans ses rapports avec ïart du tapissier des Gobe lins.

376. Avec un certain nombre de gammes de diverses couleurs franches et rabattues par du noir, on parvient, en les mélangeant, à faire une infinité de couleurs.

Les mélanges sont de deux sortes :

577. Premièrement on mêle un fil du 4'^ ton de la gamme de couleur ^ avec un fil du 4-'' ton de la gamme d'une couleur ^' plus ou moins analogue à J(. C'est le mélange par fils. Il ne se fait sur broclie que pour la soie.

578. Deuxièmement on travaille la trame de manière à intercaler ensemble, soit des fils d'une gamme de couleur A , soit des fils de la gamme A mêlée à des fils de la gamme A^ avec des fils soit d'une gamme de couleur B , soit avec des fils de la gamme B mêlés à des fils d'une gamme B^ plus ou moins analogue à celle de B. C'est le mélange par hachures.

57g. On conçoit dès lors comment, avec ces deux sortes de mélanges, on parvient à imiter

tous les tons et toutes les diverses couleurs des tableaux qui servent de modèles au tapissier.

38o. Dans les mélanges par fils et par liacliures, il est toujours indispensable de prendre en considération les faits dont j'ai parlé (i58), et j'insiste d'autant plus sur ce sujet, que M. DeyroUe, chef d'atelier auxGobelins, parfaitement instruit des procédés de son art, ayant bien voulu, à ma sollicitation, exécuter différents mélanges de fils de soie colorés sur le métier à tapisserie, m'a mis à portée de faire des observations que je vais exposer; elles sont véritablement fondamentales pour tous les arts dont les palettes se composent de fils colorés , et ont en outre l'avantage de ramener aux mêmes règles l'art de modifier par le mélange la couleur des matières colorées, soit qu'il s'agisse de matières divisées à l'infini, soit qu'il s'agisse de matières d'une étendue appréciable.

Les mélanges dont il va être question, ont été faits avec des fils de deux couleurs pris au même ton; chaque fil recouvrait la chaîne, ils étaient disposés parallèlement l'un à l'autre, et bien entendu perpendiculairement à la chaîne. Lorsque le mélange se comjiosait d'un nombre égal de fils de chaque couleur, il présentait des raies très -étroites et d'égale étendue alternativement de couleurs différentes.

Pour faire les mélanges des fils colorés avec connaissance de cause, il faut satisfaire aux trois règles que je vais donner. Les deux premières sont principales, parce qu'elles résultent immé" diatement de l'observation des faits; la troisième est secondaire, parce qu'elle est la déduction naturelle des faits compris dans les deux premières.

I. Règle concernant le mélange hinawe des coupleurs primitives des artistes.

Lorsqu'on allie par le mélange le rouge au jaune j le rouge au hleu , le jaune au hleu, couleurs primitives des artistes , il ne faut pas que les fils qu'on mélange réfléchissent en quantité sensible la troisième couleur primitive^ si l'on a)eut avoir des oi^angés , des ^violets et des ojerts les plus brillants qu'il est possible d'obtenir poj^

ce procédé.

Exemples :

A. Rouge et jaune.

5 Fils rouges contre i fil jaune j 2 Fils rouges contre i fil jaune;

1 Fil rouge contre i (il jaune;

5 Fils jaunes contre i lîl rouge;

2 Fils jaunes contre i fil rouge,

donnent des mélanges qui sont à l'œil ce qu'ils doivent être relativement à la proportion des deux couleurs mélangées. Il n'y a pas apparence

de gris dans aucun des mélanges, lorsqu'on a pris du rouge tirant sur l'orangé plutôt que sur l'amarantlie, et du jaune tirant sur l'orangé plutôt que sur le vert.

B. Rouge et bleu.

3 Fils rouges contre i lîl bleu; 2 Fils rouges contre i lîl bleu;

1 Fil rouge contre i iîl bleu;

5 Fils bleus contre i fil rouge;

2 Fils bleus contre i fil rouge,

donnent des mélanges qui sont à l'oeil ce qu'ils doivent être relativement à la proportion des deux couleurs mélangées. Si l'on a pris un rouge et un bleu tirant sur le violet, le mélange ne présente pas de gris.

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