Même il m'e^t arrivé quelquefois de manger
Lo berger,
La Fontaine.
u que nom un mot de tendresse. A l'instant, a les enfants ont volé vers leurs mères comme u une couvée d'oiseaux '• »
Et cependant ces sauvages, je parle des plus absolument sauvages , comme dit Buffon, je parle des Botécoudos ^, ces hommes sans religion 9 sans mœurs, sans règles; ces hommes qui semblent avoir tout perdu de la condition humaine, ou, plus exactement, qui semblent n'en avoir encore rien acquis, ces hommes recèlent tous dans le fond du cœur le germe d'une foi cachée , et comme le pressentiment obscur d'une autre vie , car ils croient qu'ils seront transformés après leur mort en bons ou en mauvais génies^ selon qu'ils se seront bien ou mal conduits, et ils ne croient point cela de leurs animaux.
Dans l'admiration où l'on était pour Xétat
h . Lettre écrite de chez les sauvages de Niagara, 2. Un jeune voyageur, M. Porte, avait amené du Brésil deux Botécoudos ^ un homme et une femme. Il m*a laissé sur cette peuplade des notes très-curieuses, mais qui sont loin d'être complètes. M. Porte est retourné chez les Botécoudos; et Fhistoire naturelle peut espérer de bonnes observations de ce voyageur exact et sincère.
saiwagey on ne manqua pas de vouloir y rattacher, comme on pense bien , tous les avantages, et particulièrement le plus estimé de tous, celui de la longue vie. La vérité est pourtant que peu de sauvages meurent de leur mort naturelle; presque tous meurent d'accidents, de faim , de coups, de blessures, de la morsure de serpents venimeux , etc.
Je reviens à la question précise de la longe-s^iié humaine.
Cette question peut être traitée de deux manières : ou historiquement^ et c'est ainsi qu'Haller et Buffon Tout traitée ; ou phpiologiquement^ et c'est alors une question toute nouvelle.
Hallei* et Buffon cherchent historiquement^ c'est-à-dire par Ténumération et la comparaison des faits , quel est le terme naturel , ordinaire , normal de la vie de l'homme , et ils le placent entre 90 et 100 ans. Ils cherchent ensuite, et toujours historiquement , quel est le terme extrême de la vie de T homme, et Haller ne le place pas beaucoup en deçà de deux siècles.
Voilà pour Tctude historique, Buffon a coiiiniencé Télude physiologique,
a La durée totale de la vie peut se mesurer, n dit-il , en quelque façon par celle du temps «de ^accroissement^... L'homme croît en i< hauteur jusqu'à i6 ou 18 ans^ et cependant « le développement de toutes les parties de son (( corps en grosseur n'est achevé qu'à 50 ans. « Les chiens prennent en moins d'un an (( leur accroissement en longueur, et ce n'est (c que dans la seconde année qu'ils achèvent (( de prendre leur accroissement en grosseur. <f L'homme, qui est 30 ans à croître, vit 90 ou « 100 ans; le chien, qui ne croit que pence dant 2 ou 3 ans, ne vit aussi que 10 ou 12 (( ans : il en est de même de la plupart des Cl autres animaux ^. »
Buffon dit ailleurs : « La durée de la vie des
4. Le judicieux Aristote avait déjà dit: « Ce que l'on « rapporte de la longue vie des cerfs n*est appuyé sur « aucun fondement : la durée de la gestation et celle de « Taccroissement du jeune cerf n*indiquent rien moins « qu'une très-longue vie. » Hist, des anim.^ liv. VI, ch. XXIX.