PRONOSTIC
Le pronostic toujours sérieux varie cependant avec la gravité des lésions qui intéressent soit l’articulation, soit surtout les vaisseaux et nerfs du creux poplité. Cette complication est heureusement rare; bien que notée un certain nombre de fois par les auteurs.
La luxation se borne-t-elle exclusivement à la déchirure des ligaments croisés, la réduction est faite, et après un traitement de cinq à six semaines le malade peut le plus souvent reprendre l’usage de son membre. Mais toutefois on ne peut guère espérer obtenir la consolidation des ligaments rompus. L’articulation reste faible pendant des mois, quelquefois des années. Le moindre choc, la moindre déviation du pied, toute
fausse position en un mot est, ou peut être, la cause
d’un nouveau déplacement plus ou moins considéra-
ble : souvent même la luxation se reproduit telle qu’au jour du premier accident. Plus les rechutes se répêtent, plus la luxation a de tendance à se reproduire. |
La force du membre en est donc de beaucoup dimi-
nuée, Le malade a constamment l’esprit en éveil, crai-
FEAT LD
gnant à chaque instant une nouvelle chute, les exercices violents lui sont interdits, surtout si son genou n’est pas consolidé par un appareil de contension, une qenouillère par exemple. L’articulation est-elle au contraire bien maintenue par un appareil, le malade peut faire de longues marches, faire même de la bicyclette comme notre ami, chasser, se livrer enfin à toutes les fatiques journalières.
Le pronostic dans ces cas, bien que toujours sérieux, devient donc relativement favorable.
Malheureusement il n’en est pas toujours ainsi et les complications qui se produisent quelquefois viennent
alors agqraver singulièrement le pronostic. Vast nous rapporte une observation où après luxation et réduc-
tion la gangrène survint vers le dix-huitième jour : Il dut faire l’amputation de la cuisse : la gangrène avait été déterminée par la déchirure de l'artère et de la veine poplitées,
Nous mettrons sur le même plan les lésions du sciatique poplité externe, ainsi que les troubles de sensibilité et de motilité qu’elles entraînent à leur suite.
La possibilité de la gangrène doit toujours être agitée en présence d’une luxation quelconque du genou, car dans plusieurs cas, et en particulier dans celui de Dillon (in Malgaigne) cet auteur a vu la gangrène envahir le pied et la jambe, dans un cas où peut-être même le genou n’avait subi qu’une entorse sans luxa-
tion réelle.
Bertrand l 7