‹ De la luxation trapézo-métacarpienneChapitre 14 sur 48 · OBSERVATION Î · texte numérisé non relu

OBSERVATION Î

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\ { (Inédite. — Due à l'obligeance de M. le professeur agrégé Soubeyÿran)

Le jeudi 12 octobre 1911, le docteur V..., oculiste, fut victime vers 10 heures du matin d'un accident survenu dans les conditions suivantes : « En voulant passer entre

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une table eb un fauteuil placé tout près de la table, il broncha au pied du fauteuil et comme il allait assez vite il fut projeté en avant et se laissa tomber.

Ce fut la main droite qui reçut le choc; elle ne présenta cependant qu'une égratignure insignifiante au niveau de la face dorsale des doigts, mais en voulant se retenir avec: la main gauche il se contusionna le pouce el le 1°" méta=

carpien. Le docteur V... n'a ressenti aucune douleur,

aucune sensation de déchirement, aucun craquement, el seul l’engourdissement du pouce gauche allira son attention de ce côté. <

A l'examen, nous constatons au-dessus de linterligne articulaire trapézo-métacarpien gauche lexistence d’une saillie osseuse en continuité directe avec le premier métacarpien ; dès qu’on appuie sur cette saillie elle disparaît très facilement, mais réapparaît avec autant de facilité dès que la pression cesse de s'exercer à son niveau, el cela sans déterminer à vrai dire de la douleur; nous constatons de plus un léger raccourcissement du pouce gauche (2? centim.).

Les symptômes subjectifs sont assez marqués ; la douleur est insignifiante, mais l’impotence fonctionnelle est très nette, surtout dans les mouvements d'opposition du pouce aux autres doigts. Ces mouvements sont non seulement limités, mais effectués sans force, et le docteur V.….. nous raconte que lorsqu'il veut se servir d’une pince il éprouve de la gêne, ainsi qu'une réelle difficulté d'en serrer les mors, la saillie osseuse ayant une tendance à réapparaître au moindre effort de sa part, ce qui donna au docteur V... idée d'entourer le pouce d'une bande assez serrée et formant un croisé. Grâce à ce simplé appareil de contention il remarque qu'il a plus de force, que la luxation se reproduit moins facilement, et il a pu

Lüxation trapézo-métacarpienne : Main gauche {face dorsale).

(Gas inédit. — Dessin de M. Renaudie. d'après la radiographie.)

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de ce fait opérer une cataracte demi-heure après l’aceident. En présence de ces symplômes objectifs et subjectifs nous posons le diagnostic de luxation trapézo-métacarpienne incomplète en arrière.

La radiographie {dont nous donnons une reproduction exacte), faite après l'accident, confirme notre opinion.

M. le docteur Soubeyran applique un petit appareil plâtré sur le pouce, placé en abduclion forcée, après avoir eu soin de mettre un tampon de coton sur la face dorsale, au niveau de la tête du métacarpien, pour la refouler en avant. |

Cet appareil est assez bien supporté au début, mais le D' V... accuse une anesthésie très marquée de lextrémité interne de la pulpe du pouce gauche ; sensalion très douloureuse qui loblige à sectionner lui-même le plâtré à sa partie interne afin de permettre au pouce de revenir un peu en adduction, ce qui amène un grand soulagement. Nous enlevons le plâtré trois jours après et constatons qu'il existe à la partie interne de la racine du pouce un commencement d’escarre de la peau peu étendu ; le D' Soubeyran remplace le plâtré par une épaisse couche de coton (plus épaisse au niveau du métacarpien) maintenue fortement serrée par une bande de crêpe Velpeau. Sous l'influence de ce pansement compressif, la luxation reste bien réduite ; quant à l’anesthésie de la partie interne de la pulpe du pouce gauche, elle est toujours à peu près absolue. |

15 ou 16 jours après laccident, alors que la luxation ne s'était plus reproduite, le D'P. Bose commence à faire quelques séances de massage ; on fut bientôt obligé de les interrompre, car le D' V..., en mobilisant son pouce, sentil la luxation se reproduire à nouveau : le niême appareil de compression {couche épaisse de coton el

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bande serrée de crêpe Velpeau) est appliqué au niveau du pouce et n’est plus quittée jusqu'au 15 novembre. Les mouvements du’ pouce reviennent lentement ; il ya toujours un peu de gêne et de douleur dans lés mouvements de l'articulation trapézo-métacarpienne ; mais ce dont se plaint surtout le D' V..., c'est de la persistance de l’anesthésie au niveau du pouce même après la chute de lPescarre, ce qui nécessite un traitement électrique 130 séances, de 10 min. chacune, courants continus d’une intensité de 12 à 15 milliampères) ; sous l'influence du traitement une amélioration notable s'est produite de ce côté-là. À l'heure actuelle, le D' V... se considère comme complètement guéri; il peut, sans difficulté, se servir de sa main comme par le passé pour l'exercice de sa profession.

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