OBSERVATION III
(Malgaigne. — Revue médico-chirurgicale, 1848, &. IV, p. 119)
Le nommé P..., âgé de 20 ans, était tombé de sa hauteur sur la main droite fortement étendue et au même moment il avait ressenti une douleur très vive au niveau de larticulation trapézo-métacarpienne; la douleur ne diminuant pas et les mouvements du pouce s’en trouvant fort gênés, le malade décide de se faire examiner. La main ne portant aucune trace de contusion, il ÿ avait un peu de tuméfaction, pas de déformation bien sensible à la vue, il n'y avait pas de déviation, ni flexion forcée, ni extension, mais on sentait au toucher une légère saillie en arrière au niveau de l'articulation du métacarpien avec le trapèze. Lorsqu'on communiquait à cette articulation des mouvements d’arrière en avanf, on augmentait nolablement cette saillie qui était formée par l'extrémité artculaire du premier métacarpien; tous les autres mouvements étaient impuissants à faire sortir la tête de l'os de Sa position normale.
Sue
Au total la luxation était essentiellement incomplète et aucun mouvement ne faisait sortir l'os en entier de ses rapports avec le trapèze. Quand on abandonnait le pouce à lui-même, la saillie diminuait sans disparaître en entier, mais la moindre pression oblenait une réduction com- ‘plèle qui nè persistait toutefois qu'autant que la pression élait maintenue.
On appliqua sur la face dorsale du pouce le long du bord radial de l'avant-bras une attelle qui, au moyen d’un petit tampon de linge, appuyait sur l'extrémité luxée de l'os mélacarpien et on maintint cet appareil pendant 20 à 25 jours. Au bout de ce temps le pouce fut abondonné à lui-même. Il n'avait perdu aucun de ses mouvements et la luxation ne se reproduisit pas.