OBSERVATION VII
(Demarquay. — Bull. Soc. de chir.; 1851, t. Il, p. 110.)
Un homme de 60 ans, tapissier, cherchait à ramener les deux extrémités d’un corps faible en contact l’une de l’autre. Dans cet effort, la main gauche glissa et l'éminence thénar de cetle main vint violemment frapper contre un corps dur et résistant. Le choc fut violent, cet homine ressentit une vive douleur et s’aperçut bientôt d'une déformation de la main.
Pendant six semaines environ il se borna à appliquer des compresses résolutives sur la partie malade, Je le vis avec le docteur Roussel 50 jours après son accident. Voici l'état des parties malades: La main a perdû sa forme normale, le métacarpien n’est plus dans l'axe du radius, il est obliquement dirigé en haut et en dedans.
DR à La partie déplacée repose sur l'articulation du trapézoïde et du second métacarpien, une faible partie de la surface articulaire est encore en rapport avec le trapèze : on sent, en posant le doigt sur le carpe, l'extrémité inférieure du métacarpien.
A l'origine de l’éminence thénar qui se trouve aplatie et déformée, on sent la capsule formée par la surface articulaire du trapèze. Les mouvements sont douloureux, la flexion existe encore à un faible degré, l'extension est impossible ; les muscles formant l’éminence thénar sont. atrophiés si on les compare à ceux du côté opposé. L'extension du métacarpien est faite avec la pinee à réduction. $
Combinée avec le refoulement de l'extrémité terminale du premier métacarpien en dehors, elle à facilement triomphé de cette luxation.
ORSERVATION VIIT (Pellerin. — Thèse citée, 1864)
Claude M..., 25 ans, ciseleur, entre le 26 mars 1865, à l'hôpital Saint-Antoine, salle Saint-Lazäre, service de M. Jarjavay.
Le 3 mars, cet homme a frappé le manche de son ciseau avec la face palmaire de-la main droite au niveau de l'extrémité supérieure du premier métacarpien. Au moment où l'accident s’est produit, ce malade à senti un
pelit craquement et une douleur assez forte pour l’empé- J
FRE cher de travailler jusqu'à son entrée à l'hôpital. Il a cependant pu vernir avec la fnain blessée.
A son entrée, 22 jours après l'accident, point de gonflement, le malade nous affirme qu'il a disparu depuis quelques jours seulement, du reste, ajoute-til, ilétait peu considérable.
Le premier mélacarpien ainsi que les phalanges du pouce sont fléchis dans la paume de la main, les mouvements actifs sont très limilés et douloureux, surtout ceux d'extension, il en est de même des mouvements communiqués. Dans la labalière anatomique on trouve une tumeur dure se continuant avec le premier métacarpien. Celle saillie disparaît sous la pression du doigt, en faisant entendre un léger bruit, en même temps le: pouce entier exécute un mouvement d’arrière en avant. I y a aussi un peu de douleur. Dès que la pression cesse le luxation se reproduit. On essaye de la maintenir réduite en meltant le premier métacarpien dans Pextension forcée sur l’avant-bras, avec des bandelettes de diachylon passées sur la face palmaire du pouce, repliées sur l’avant-bras et maintenues par des circulaires autour du poignet, mais la luxation ne peut être maintenue qu'au moyen d'une boulette de charpie pressant sur l'extrémité luxée. Dix jours après, le malade revient à la consultation ; la réduction se maintient sans le moindre changement, les mouvements sont peu gènés et la force est revenue.