‹ De la maladie de Morton: ou métatarsalgieChapitre 36 sur 47 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

se S. K. Morton (Id.).

M. C..., âgée de trente-deux ans,servante Irlandaise. Elle a toujours eu une bonne santé jusqu'au mois d'octobre 1889, époque où elle tomba dansles escaliers etheurta violemment son pied gauche. Elle éprouva aussitôt une douleur intense dans la région de la base du quatrième orteil. La face dorsale du pied devint noire et bleue, et tout le pied était le siège d'une douleur sourde comme une brûlure. Pendant - plusieurs jours, elle porta une pantoufle, la coloration disparut, et la douleur devint supportable. Mais il lui fallut couper tous ses souliers pour éviter la pression sur la région douloureuse. La douleur gagna peu à peu la face antérieure du tibia, où elle devint très intense. Un éminent chirurgien diagnostiqua une périostite du tibia et fit le traitement chirurgical approprié. Au bout de huit semaines, il n'y avait aucune amélioration. En février 1891, un autre chirurgien de l'hôpital enleva une autre portion du tibia.

Quand S. K. Morton vit la malade, elle était tout à faitneurasthénique et avait beaucoup maigri. La jambe était bleuâtre froide, quelque peu atrophiée, il n'y avait rien d’apparent, sinon une hypersensibilité exquise de la quatrième articuation métatarso-phalangienne éveillée par le mouvement et par la pression. De ce point, la douleur remontait tout le long du sciatique.

Pendant quatre semaines, la malade fut mise au repos complet, au lit. Tous les moyens locaux possibles furent appliqués sans résultat. S. K. Morton se décida alors à enlever l'articulation douloureuse et fut émerveillé des brillants

résultats qu'il obtint. Au bout de trois semaines, la malade

pouvait marcher sans aucune douleur.

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