‹ De la maladie de Morton: ou métatarsalgieChapitre 40 sur 47 · LV : déte: ai · texte numérisé non relu

LV : déte: ai

ge + À LE nu ge e Sn nié Vous is

.La douleur est comparée à une « rage de dents » continue, avec des exacerbations spontanées insupportables. Mme X... explique très bien que le siège de la souffrance est au niveau de toutes les articulations métatarso-phalangiennes. Cette opinion est trop absolue, car on a pu trouver un orteil douloureux alors que le quatrième était tout à fait indolore ; nous reviendrons sur ce détail. Un caractère curieux de la souffrance, c’est que la distraction, la contention d'esprit la fait d'ordinaire disparaître. Mme X... est arrivée souvent à une conférence, à un concert, tourmentée par la névralgie — dont, au bout de quelques instants, elle constatait la disparition avec une satisfaction bien compréhensible. Marcheuse infabigable, aimant beaucoup les excursions dans les montagnes, on pouvait redouter pour elle quelque accident provoqué par l'apparition subite de la douleur plantaire. Or jamais la névralgie ne s’est montrée dans ces conditions. I1 ne m'a pas été donné d'examiner le pied au moment d’une crise — peut-être à ce moment, d'après Mme X.., la peau est-elle un peu tendue, un peu rosée, les veines un peu groses, mais c’est tout. Comme nous l'avons dit, la sensation, douloureuse n'est pas exactement localisée. Mais étudions ce pied ainsi au repos. — Il est très bien conformé ; la voute plantaire a sa courbure normale, il n’y a pas de laxité exagérée des ligaments. Comprimons de haut en bas chaque articulation métatarso-phalangienne ; une seule est un peu douloureuse, celle du quatrième orteil, et si, à son niveau nous cherchons une localisation encore plus exacte, nous trouvons que le point douloureux occupe toute la tête articulaire du quatrième métatarsien ; les deux espaces interosseux voisins sont indolores, et la tête articulaire paraît à la palpation avoir une conformation tout à fait normale.

L'extension forcée, la flexion forcée des orteils n'éveillent

Er PE

aucune sensation ; il en est de même de la flexion de la voûte plantaire autour de son axe antéro-postérieur ; le cinquième orteil tourne alors, en s’abaissant, autour du quatrième, suivant la remarque de G. Morton. Mais la 5ression latérale directe, sans flexion de la plante du pied, comme elle est produite dans la chaussure, éveille la douleur du quatrième orteil.

| Déchaussée, Mme X... peut, même pendantles crises douloureues, aller et venir librement dans son appartement, la souffrance n’en disparaît pas moins vite.

La sensibilité à la piqûre est conservée sur toute la surface du pied.

Je n’ai pu trouver aucun signe de neurasthénie ; aucune maladie grave, aucun état diathésique marqué. Je rappellerai seulement les névralgies faciales et la sciatique antérieures.

La sciatique gauche a parfaitement guéri par l’électrisation. Mais le même traitement employé avec persévérance pour le pied n’a donné aucun résultat.

La douleur est devenue un peu moins vive depuis que Mme X.. porte des souliers très larges, n’appuyant pas sur le cou-de-pied, contrairement aux idées de Bradford. Si la chaussure, en effet, appuie.sur ce point, la souffrance devient plus intense.

Page 1