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tif et par quelques légers toniques. L'observation suivante prouve le danger qu'il y a de troubler la marche de la nature. Une femme, âgée d'environ 36 ans, était entrée à la Salpêtrière le i8 janvier 1818. Elle était maniaque et furieuse, très maigre et très irritable; le délire persista avec la même violence jusqu'au commencement d'août; alors il se manifesta une gale qui fit des pro<^rès rapides; le délire diminua, et, à la fin du même mois, il avait presque cessé entièrement. Voulant délivrer cette femme de la gale qui la tourmentait, je lui fii prendre des bains sulfureux et une tisane amère; la gale diminua après quatre bains, le délire et l'agitation reparurent; les bains furent suspendus, mais peu de jours après , la malade qui était très affaiblie succomba le i3 septembre. L'ouverture du corps n'a présenté aucune lésion notable dans le crâne, les poumons étaient malades. Il est vraisemblable que si je m'étais contenté de soutenir les forces de cette femme, la gale n'eut pas disparu, la crise se serait complétée, la convalescence aurait eu une marche régulière et la malade eût guéri. On me pardonnera cet aveu : j'ai voulu faire sentir combien il importe de respecter les efforts critiques.
Enfin, lorsque le calme est rétabli, lorsque les maniaques commencent à reconnaître leur état, quoiqu'il reste encore du délire , quoique les affections ne soient point encore réveillées, il faut les déplacer, les retirer des lieux où ils se sont livrés à leurs extravagances, te entourer d objets nouveaux propres à les distraire; <m les excue au travail, à l'exercice, on leur prescrit un régime fortifiant.
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La même conduite doit être tenue dans chaque accès d'une manie intermittente; c'est dans Tintermission qu'on administre les l'emèdes propres à combattre la périodicité. Le quinquina, si utile dans les fièvres intermittentes quand il est judicieusement administré, réussit quelquefois contre la manie intermittente ; mais ce moyen manque souvent son effet, peut-être parce qu'on ne le donne pas en assez forte dose, parce qu'on uc l'ordonne que lorsque la maladie est invétérée, et lorsque tous les autres médicamens ont échoué. Je l'ai vu réussir dans quelques manies récentes intermittentes, et dont les accès revenaient toutes les trois semaines ou tous les mois.
Mais le traitement de la manie cesserait d'être ration* nel , si toutes les périodes de la maladie, si tous les maniaques étaient traités de la même manière ; lorsque la manie a passé à l'état chronique, les moyens thérapeutiques varient suivant les circonstances.
Si la manie a éclaté après la suppression des menstrues, des hémorrhoïdes ou d'une hémorrhagie habituelle, on pratique des saignées générales, des saignées locales renouvelées de temps en temps et en petite quantité , et par les autres moyens propres à ré ablir ces évacuations.
Si la manie s'est montré à la suite des couches, après la suppression brusque du lait : les laxatifs , les lavemens purgatifs, les vésicatoires, les sétons suffisent ordinairement pour la terminer.
M. R. J. B., âgée de a8 ans, est née d'une mère qui a éprouvé une atUque d'apoplexie légère a Tâge de 48
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ans. Une de ses sœurs est devenue plus tard aliénée. B... a eu la petite-vërole à 9 ans; de 17 à 18 ans, ce'. phalalgies violentes; à 18 ans, les menstrues s'établis. sent, la céphalalgie disparaît. A 28 ans, i4 mars i8ig, accouchée heureusement. B... éprouve beaucoup de contrariétés; au sixième jour, le délire éclate. Le a3, elle est conduite à la Salpêtrière ; à son arrivée, elle croit entendre un grand nombre de voix qui rengagent à faire du mal aux personnes qui l'entourent. Elle se croit ensorcelée ; elle éprouve de fortes douleurs dans les membres ; elle refuse tout médicament interne; alors, je fais appliquer sur le dos un large vésicatoire, en même temps on administre des bains ticdes, des affusions d'eau froide sur la tête, des boissons délayantes et ensuite purgatives, le délire diminue, les règles reparaissent; la malade se trouve si bien du vésicatoire, qu'elle demande qu'oa l'entretienne. Bientôt sa raison étant tout-à-fait rétablie, elle sort de l'hôpital. Depuis B... s'est mariée, et quinze ans après, elle tombe dans un état de lypémanie hypocondriaque, vient me consulter, me demandant si elle ptut appliquer un vésicatoire auquel elle a la plus grande confiance par le souvenir des bons effets de celui que j'avais ordonné autrefois. Dans les mêmes circonstances , je me suis bien trouvé du petitlait de Weisse , continué plusieurs jours de suite, avec une boisson délayante. Ce petit-lait purge ordinairen^ent à la dose de douze onces, et ne provoque pas de l^ohques. J'ai prescrit , dans les manies qui éclatent après 1 accouchement, trois lavemens laxatifs; chaque jour,
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pendant une ou deux semaines, la malade est mise à une diète sévère. Je pourrais rapporter plusieurs exemples des bons résultats de cette dernière indication : les lavemens sont composés de lait et de quatre onces de sucre.
Si la manie est produite par la rétrocession de la goutîe, par la disparition d'une dartre, par la cessation })rus(jue de la gale , par la suppression d'un ulcère , on emploie les moyens qui peuvent rappeler ces maladies, et quelquefois, par un exutoire, on supplée aux affections qui ont disparu. C'est ainsi que, l'an dernier, nous avons guéri , comme par enchantement , en établissant un séton à la nuque, une jeune personne qui était devenue maniaque immédiatement après la cicatrisation d'an ulcère qu'elle portait depuis long-temps à la pommette de la joue gauche.
Si la manie est l'effet de la présence des vers dans le conduit alimentaire , on se trouve bien du mercure doux , combiné avec le jalap , les aloétiques , la omme-gutte, etc.
Si la mauie est survenue à la suite d'une maladie grave, d'une fièvre intermittente, de l'onanisme, de la faiblesse dépendante d'une croissance trop rapide, on combine le régime analeptique, le lait d'ânesse, le quinquina, les amers avec les bains ticdes qui calment l'irritation nerveuse des hommes affaiblis, puis on passe aux bains de rivière, aux bains de mer.
Les affusions d'eau froide ont calmé d'abord et puis guéri des maniaques furieux d'un tempérament nerveux, dont la manie idiopathique reconnaissait pour causo le désordre de la sensibilité nerveuse. Les faits
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suîvans prouveront que Taction de ce moyen n'est pas toujours physique.
Marie-Mai'guerite L..., âgée de aS, ans d'un tempe» rament sanguin , d'une taille élevée y d'un embonpoint médiocre, d'une physionomie très mobile , d'une susceptibilité très exaltée, eut à l'uge de sept ans une maladie grave, à 8 ans la petite-vérole; à i5 ans la menstruation , établie spontanément , fut régulière depuis. L...est sujette à la céphalalgie, à des épistaxis fréquens. A. a4 ans, son amant partit pour l'armée; elle devint triste et sombre; sa sœur cadette se maria, L... en fut d'autant plus affectée que ses compagnes la plaisantaient. Un nouvel amant se présenta, elle s'attacha à lui, mais bientôt après, il épousa une autre femme. Celte circonstance fut pour elle l'occasion de nouvelles vexations: on afficha sur sa porte des horreurs. A ^5 ans, le aS juillet i8i i , étant à danser, L... est placée visà-vis son amant parjure : elle a une syncope et tombe à la renverse. La syncope passée elle est prise de délire; pendant trois jours elle fait mille extravagances, sautant, dansant, mais ne disant mot. Le 28, calme, retour à la niison : huit jours après , une de ses compagnes lui dit des injures; le délire reparaît avec des tentatives de suicide. Les règles s'étant supprimées, on pratiqua une saignée, on appliqua des sangsues à la vulve sans effrt marqué. Uu mois après, admission à la Salpêlrière. A son arrivée L... était dans un état de manie hystériquc , ne ndant trois mois les règles ne reparurent point, et lorsqu'elles se rétablirent, il n'y eut point d amelioration du délire. Au mois de décembre, L... eut des
convulsions, des sunbcalioiis hystériques qui furent calmées par des bains tièdes. Au mois de janvier i8ia fureur utérine; on administra les antispasmodiques, Tassafœtida, etc. En juin et juillet , même délire , mais plus calme, les menstrues coulent. Au mois d'août, alternatives de raison, de délire; Tautomne se passe dans le même état, malgré les bains prolongés et fréquens; janvier i8i3, même agitation , même incohérence dans les idées, même loquacité. L... marche beaucoup, parle sans cesse , fait mille extravagances : elle brode sur la toile grossière de ses vêtemens des dessins bizarres et informes, les coupe en morceaux et en fait des présens. Elle se persuade que des hommes viennent la trouver dans son lit, et elle traite avec affection, tantôt Tun, tantôt lautre, à en juger par ses propos. Elle parle à Tun comme si elle était jalouse; à Tautre, comme si elle était contente de lui. La vue de ses parens ne modifie pas la maladie. Mai, maigreur, agitation extrême. Au mois de juin, j'ordonne des affusions d'eau froide. La première est donnée avec de l'eau à i4 degrés. Cette affusion etl suivie d'un frisson qui dure toute la journée. Le lendemain, calme, même délire. Trois jours après, nouvelles affusions suivies d'un calme plus prononcé. Les jours suivans, les afïiisions continuées, la malade est chaque jour plus raisonnable et reste plus volontiers en place. Août, L... raisonne juste, travaille, mais reste hystérique. Enfin elle sort au mois de septembre, parfaitement guérie : après vingt-deux mois de maladie.
M"* Florence-Angélique M..., âgée de i8 ans, d'une
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constitution délicate, d'un tempérament nerveux, su. jette à la céphalalgie, est d'un caractère entier et vio. lent. Elle a eu la petite -vérole à i an ; à 8 ans elle est entrée dans la maison royale de la rue Barbette, où elle est restée jusqu'à 1 7 ans. Pendant son séjour dans cette maison , M"' M... se distingua par son aptitude et son ardeur pour le travail. Elle fit une chute sur la tête à 17 ans et demi ; elle avait habituellement les pieds froids et les mains bleuâtres. I es menstrues s'établirent à l'âge de 18 ans sans accidens; elles furent régulières, mais peu abondantes. Aux mois de janvier et février. M"* M.., se livra nuit et jour au travail , se préparant à subir les épreuves nécessaires pour obtenir un brevet d'institutrice.
Le i4 mars, ayant fait gras, pendant le carême, M.., alla deux fois à confesse. Après la première confession, elle se reprocha d'avoir offensé Dieu. Après la seconde, malgré les consolations que lui avait données le confesseur, on la surprenait pleurant, sanglotant, prétendant qu'on lui ^vait fait des menaces affreuses. On pratiqua une saignée, on donna un bain, ces moyens furent sans effets remarquables. 1 avril , elle est conduite àlaSalpêtrière; à son arrivée, M"* pleure, demandant sa mère, voulant sortir, s'agitant et parlant beaucoup, sans liaison dans les idées, etc. Le troisième jour, M... fut fort agitée, tint des propos incohérens et obscènes; le 10 avril, admission à la Salpêtrière, agitation extrême, fureur; la malade se met presque nue : une douche la calme. Le i5 et jours suivans, même agitation; bains tièdes.
Mais j'ordonne des affusions d'eau froide à la température de i/|\ La piemièie affusion n'eut aucun effet appréciable. Deux jours après, on conduit la jeune malade dans la salle de bains pour lui administrer de nouvelles affusions. Elle employa toutes ses forces de résistance pour s y soustraire. Ses efforts furent inutiles. Après 1 5 minutes IM"' M. fut prise de frisson, ses mâchoires claquaient avec force, ses jambes ne pouvaient supporter le poids de son corps, le pouls était petit, lent, concentré; elle fut portée dans son lit, et dormit presque aussitôt. Le sommeil dura quatre heures, pendant lesquelles il s'établit une sueur abondante. A son réveil la raison était parfaite; depuis il n'y a pas eu un moment de délire. Placée dès le lendemain dans la division des convalescentes, ]\P AL y tint la conduite la plus raisonnable et la plus décente : elle témoigna un vif désir de revoir sa famille. Après quelques jours d'épreuve, une entrevue avec ses parens eut lieu et n'eut aucune suite fâcheuse, malgré lexaltation de la mère de notre convalescente. Enfin, après deux mois d'une guérison parfaite, M"' M... fut rendue à sa famille.
M. F.-L...,âgéede 24 ans, blanchisseuse, d'un tempérament sanguin, d'un caractère vif, emporté, très colère, est entrée à la Salpêtrière le 19 février 181 a. A l'âge de 5 ans, L... eut la petite- vérole; à 6 ans la gale; à 7 ans elle fut violée et contracta la sypbilis; à 14 ans les menstrues s'établirent spontanément, et furent depuis très régulières. Accoucbéele 9 février 1812, six jours après raccouchement, L... alla blanchira leau froide. A son retour, elle fut prise (le frisson, ce
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qui ne l'empêcha pas d aller voir deux femmes exposées au carcan : elle revint de ce hideux spectacle dans im état de délire. Le 19, dix jours après raccouchement, L... est admiseà l'hospice. A la visite du lendemain, je trouvai cette femme très agité, très délirante, criant et parlant sans cesse, etc.; les seins étaient durs et engorgés. On applique sur les seins des linimens camphrés. Le 24, les seins sont dégorgés. Il survient des convulsions qui se renouvellent tous les jours, à des heures différentes , et qui sont précédées de cris. Les yeux alors se portent convulsivement en haut, la face est fortement injectée; il s'écoule par la bouche de la salive blanche et écumeusç. Après cet écoulement la malade parle beaucoup. 2 mars , délire général , loqua*cité, agitation extrême, L... ne connaît plus les personnes qui l'entourent, et prononce souvent le nom d'un même individu. Mai; même délire. Juia; un peu plus de calme dans les mouvemens l'incohérence des idées, la loquacité n'ont pas diminué. Juillet; même état. Les bains tièdes, une boisson laxative, ne produisent point d'amélioration. Août; vésicatoire entre les épaules sans effets appréciables. Décembre; apparition des menstrues sans diminution du délire et de l'agitation. L'hiver n'apporte aucun changement à cet état. Au mois de juin i8i3, je soumets la malade aux affusions d'eau froide qui sont répétées les jours suivans. Il y a réaction fébrile après chaque affusion, le délire est plus modéré ; chaque jour on observe des progrès sensibles vers la guérison qui est complète à la fin de juillet. Les menstrues s'établissent et sont régulières. Enfin, L... est
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rendue à sa famille. Depuis sa sortie de Thospice elle a eu trois couches très heureuses , sans que sa santé ait été dérangée.
j..., âgé de i5 ans, est entré à Charenton le 18 août i836. Il était alors dans la démence voisine de la stupidité, par suite de lonanisme. La peau de ce jeune malade était décolorée, ses yeux grands et bleus étaient ternes, bouffis, sa démarche était chancelante, encore marchait-il peu. Il ne parlait point; à peine répondaitil par monosyllabes, ne paraissant point comprendre les questions qu'on lui adressait. Je le soumis aux affusions à i4**« Le frisson fut très prononcé; le jeune malade resta plusieurs heures avant de pouvoir se réchauffer. J'ordonnai qu'après la seconde affusion , on pratiquât des frictions avec une étoffe de laine le long du dos et sur les membres inférieurs. Après la sixième affusion le teint du malade s'anima; lui-même parut se réveiller. Peuà-peu les forces se rétablirent; il marcha avec plus d'assurance, il répondit plus volontiers et plus juste aux questions qu'on lui faisait, il demanda une plus grande quantité d'alimcns. Quinze affus!:)ns suffirent pour assurer la guéiison.
En i8i3, pendant l'été , je soumis quatre maniaques aux affusions d'eau froide : l'une des quatre femmes ne put Ctrc réchauffée qu'après douze heures, alors elle s'endormit et fut guérie au réveil; la réaction fut faible chez les trois autres, mais le délire perdit de sa vivacité et elles furent guéries peu de jours après, sans nouvelles affusions. Les affusions deau froide ont souvent réussi, soit en réveillant les forces et
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les excitant, soit en rappelant à Textcrieur Tinuervation trop concentrée; mais très certainement ce puissant a<^ent ihérapculique n'agit pas de la même manière sur tous les sujets. Le jeune J... épuisé par l'onanisme, était pâle, bouffi, dans la démence, les affusions ont eu une action tonique, tandis que les autres aliénées étaient maniaques. Chez elles, il est évident que les affusions ont provoqué une réaction fébrile salutaire. Chez la quatrième, la guérison s'est opérée moins par l'action physique de l'eau froide, que par l'influence morale exercée par cette médication. Les douches d'eau froide sur la tête ont, jusqu'à nos jours, passé pour un spécifique contre la manie. Elles ont une action physique sédative à cause du froid , une action morale , comme moyen de répression. La plupart, des convalescens disent généralement qu'ils en ont éprouvé du bien. Quelques maniaques la demandent, il ne faut pas en abuser.
Si la manie se complique avec l'excitation des organes reproducteurs, on calme ces organes par des bains tièdes, par des demi-bains, par des lavemens froids ou préparés avec les opiacés, la jusquiame, l'asa-fœtida, Teau de laurier cerise , etc. On a même , dans ce cas , conseillé l'acétate de plomb pris à l'inlérieur, le camphre combiné avec le vinaigre.
Mais il est des manies qui résistent au traitement dirigé d'après les meilleures vues thérapeutiques; alors il ( st permis de recourir à la méthode perturbatrice, à Tcmpirisme même, lorsqu'un médecin sage et expérimenté en dirige l'application.
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Lorsqu'un maniaque est jeune , fort, robuste, bien nourri , pléthori(jue , on peut réitérer la saignée. Je me suis bien trouvé de l'application de li-ois ou quatre sangsues à lanus, renouvelées tous les huit ou quinze jours, suivant Tétat des forces. Je seconde la fluxion vers les > aisseaux hémorroïdaux par des bains de siège, ou par laloès. Pour diminuer l'impulsion du sang vers le cerveau, on applique la glace sur la tête; on maintient, à laide d'une éponge ou d'un linge, de l'eau froide ou de l'oxicrat sur la tête du maniaque , pendant qu'il est dans un bain tiède, ou qu'il a les pieds dans l'eau chaude.
On a fait usage des drastiques , et il n'est point de substance purgative qu'on n'ait employée : ces médicamens réussissent en portant sur le conduit intestinal une forte irritation , qui débarrasse ainsi le cerveau : les drastiques provoquent l'évacuation des matières muqueuses brunes, poisseuses, dont la présence entretient le délire. Lorsque les maniaques repoussent tout médicament, et que l'on veut agir sur le conduit alimentaire, on mêle un purgatif avec les alimens, on prescrit une boisson émélisée ; on fait sur l'abdomen des frictions avec Thuile de croton^ on a recours aux lavemens et même à la douche ascendante. Il ne faut pas oublier que, dans la manie, la constipation est un symptôme aussi fâcheux que les déjections liquides et abondantes. En ordonnant les purgatifs, on doit craindre que les maniaques très défians ne se persuadent qu'on leur a donné des substances propres à les empoisonner. Quand on fait usage des drastiques et
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jnême des purgatifs, on se trouve bien de les alterner avec les bains tièdes. Les bains modèrent l'irritation générale causée par les évacuans.
Arétée faisait un grand cas du vinaigre distillé; Locher vante aussi son usage, et Chiaruggi l'a combiné avec le camphre dans la formule suivante :
Camphre, un à deux gros;
Vinaigre distillé, deux à quatre onces.
On prend ce médicament par cuillerée , étendu dans un véhicule.
Une jeune personne aliénée ayant été guérie, après avoir avalé un onguent qui ne contenait pas moins de vingt-quatre grains d'opium , l'attention des praticiens se dirigea particulièrement sur les effets des narcotiques. Ces médicamens ne conviennent pas lorsqu'il y a pléthore. Valsalva et Morgagni proscrivent l'opium; et le premier dit avoir guéri plusieurs maniaques en les mettant à l'usage de l'infusion de pavot. Les docteurs Sutton et Péry ont guéri, avec l'opium, des maniaques Jourmentés de soif et d'insomnie. M. Péry assure l'avoir employé à la dose de soixante-quatre grains en un jour.
Plusieurs médecins anglais et particulièrement le docteur Locher, qui a été long-temps à la tête de l'hôpital des insensés à Vienne, préconisent la digitale pourprée; ce dernier la donnait en substance à la dose de un à vingt, trente grains, deux fois par jour. Les Anglais en prescrivent la teinture à la dose de vingt à cinquante goutte* , deux à trois fois par jour.
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J'ai dit ailleurs ce qu'on devait penser du bain de surprise, moyen perturbateur et empirique. Van Helmont soumit les maniaques à la submersion, moyen barbare à l'aide duquel, on croyait autrefois pouvoir combattre efficacement Tépilepsie. Cet auteur voulait que la submersion fût prolongée jusqu'à l'état voisin de la mort, afin, disait-il, de détruire jusqu'aux traces des idées extravagantes des maniaques. Aussi los mair sons oii Ton traitait les aliénés étaient-elles voisines des rivières, dans lesquelles on jetait ces malades pieds et poings liés. Boerliaavc et Yan Swieten donnaient le même conseil. Cullen propose l'immersion dans l'eau froide, afin de provoquer le frisson et par conséquent la réaction.
Plusieurs faits observés en Angleterre par les docteurs Masson-Cox, llaslain et Fox, les expériences faites à Berlin , par les docteurs llufeland et Horn , semblaient prouver en faveur de la macbine rolaloire. Comment des hommes, aussi habiles, ont ils tenté d'introduire, dans la pratique, un agent aussi dangereux. La machine rotatoire est aujourd'hui partout abandonnée.
On a proposé le moxa sur le sommet de la tête. J'avoue n'en avoir jamais fait usage dans la manie; je l'ai essayé souvent sans succès dans la démence compliquée de paralysie. N'est-il point à craindre que l'application du feu, en détruisant le cuir chevelu, ne détermina consécutivement des inflammations intra-craniennes. C'était l'opinion du professeur Chaussier. Le docleur Yalenlin , de Nancy, a proclamé les bons effets du cautère actuel appliqué a la nuque. Je peux af-
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firmer que ce moyen m'a quelquefois réussi dans la manie la plus furieuse et même chez des sujets très maigrès et très irritables; cependant il peut avoir une influence morale fâcheuse, et j'ai vu des femmes à la Salpêlrière, qui, ne pouvant apprécier ce qui se faisait autour d'elles, se récriaient en voyant le fer rouge et se défendaient d'avoir commis des crimes qui méritassent la marque (flétrissure à laquelle sont condamnés quelques criminels). Ce moyen , comme tous les agens perturbateurs, outre son action physique, a une influence morale, ainsi que le prouvent les faits suivans. Dans un cas de manie avec fureur, je voulais appliquer le fer rouge à une jeune fille, pendant qu'elle était dans le bain ; le fer ne fît qu'effleurer la peau , aussitôt la malade revint à elle et recouvra immédiatement la raison. Cette jeune fîUe, que la crainte a guérie, est restée depuis dans la maison, en qualité de fille de service.
V. V. P..., âgée de 26 ans, d'un tempérament lymphatique, devient maniaque au mois d'avril 1823. Elle est saignée et baignée chez elle, sans succès; elle entre à la Salpêtrière le 26 mai suivant, dans un état de manie avec fureur et agitation que rien ne peut calmer. Au mois d'octobre, j'applique le cautère actuel à la nuque. Les préparatifs de cette opération l'agitent beaucoup. A peine le fer rouge est-il appliqué à la nuque , qu'à ses cris et à son agitation succède un instant de silence; puis elle verse un torrent de larmes , et depuis lors elle fait chaque jour des progrès vers la guérison qui est complète au bout de deux semaines. V. V. P... resta quelque temps encore dans la division des convalescen-
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les, et retourna dans sa famille, le 19 novembre de la même année.
Une fille de 20 ans, d'une taille élevée, d'une constitution robuste, est amenée à la Salpetrière, dans un état très violent de manie. Les moyens ordinairement employés ne changent pas son état; je me décide à appliquer le cautère actuel à la nuque. Tous les préparatifs étant faits, on emploie la force pour tenir la malade. Elle est si effrayée , à la vue du fer rouge , qu'elle redouble d'efforts pour s'y soustraire. On la contient par la force, mais aussitôt qu'elle sent le fer approcher, elle fait de nouveaux efforts, se débarrasse des mains des aides et reste pendant cinq minutes dans un état complet de raison. £Ile demande avec calme ce qu'on veut faire d'elle, et prie avec instance qu'on l'épargne. Je consens à différer l'application du fer, à condition que la malade sera désormais raisonnable et tranquille. Elle promet et tient parole. Au bout de deux jours, elle est transférée dans la division des convalescentes et ne tarde pas à être parfaitement guérie. Elle déclara que la frayeur qu'elle avait eue du fer rouge avait contribué à sa guérison. Au fer chauffé au feu, on peut substituer le fer chauffé dans l'eau bouillante.
11 est un agent moins effrayant pour les malades, moins énergique, mais qui calme les maniaques, surtout lorsque les tégumens de la tête paraissent gorgés de sang; je veux parler des ventouses scarifiées, appliquées sur la nuque. Pour cela, on rase les cheveux de la région postérieure de la tête, on applique plusieurs ventouses sur la nuque, le cou, les épaules, on pratique
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des scarifications plus ou moins profondes, et puis on fait des lotions froides sur la tête.
Telssontles niédicamens qui ont été signales comme propres à combattre la manie. On ne peut se dissimuler que les succès attribués aux remèdes héroïques sont bien moins nombreux que les guérisons obtenues par une bonne direction imprimée aux maniaques et à ceux qui les servent, par un régime convenable et par une sage expectation , et qu'il est préférable de s'en rapporter au temps et aux efforts de la nature, plutôt qu'à Temploi de médicamens souvent hasardés, rarement utiles et quelquefois dangereux. Au reste, en énumérant les principaux médicamens proposés pour vaincre une des plus redoutables des maladies, je ne pense pas qu'on puisse supposer que je conseille de les employer tous, même successivement, sur chaque maniaque : je dois croire que le médecin instruit n'attend ici que des indications générales sur l'emploi des agens thérapeutiques déjà éprouvés ; chacun doit en faire l'application dans les cas particuliers suivant son savoir , son expérience et son discernement.
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