SUBSTANCES ANIMALES
Bouillon.
Albumine.
Huile de poisson.
Chyle.
SUBSTANCES INORGAISIQUES.
Oxygène.
Bi-carbonate de soude.
(J) Uougit à peine dès le premier abord , nè se prononce que plus lard.
(2) Est d'abord noir ; puis , quelques heures après que le mélange a été opéré, il se fait un départ de la fibrine, et le liquide se colore en rouge.
Çi) Est noire immédiatement après le mélange, mais rougit ensuite.
Au contraire les substances dont riiKl'u'alion suit ne modifient pas la teinte du sang veineux ou le noircissent : Infusion de tilleul.
Eau d'orge.
Eau de riz.
Eau et gomme.
Eau et dextrine.
Acides tartrique.
— malique.
— citrique.
— oxalique.
— carbonique.
En examinant attentivement les effets produits sur le sang veineux par les substances désignées dans les deux listes ci-dessus , on arrive aux conclusions que voici :
1° Le sang veineux est un véritable réactif qui décèle la présence d'un alcaloide dans un végétal quelconque, par son mélange avec l'extrait tir^^ de ce végétal ;
2** L'alcaloïde végétal est donc la cause de la coloration en rouge du sang veineux ; et cependant l'alcaloïde ?«e/e pur au sang veineux produit généralement une coloration moins prononcée que la substance végétale elle-même d'où il a été tiré. Ce résultat extrêmement important s'accorde avec la pratique. Mon illustre maître, M. le docteur Bretonneau , a constaté, il y a plus de 25 ans que le quinquina brut est un agent thérapeutique beaucoup plus actif, beaucoup plus sûr que la quinine et le sulfate de quinine préparés avec le plus de soin.
Examinés quelques jours après le commencement de l'expérience,
la plupart des mélanges ont changé de couleur. Les uns sont Irèspromplement redevenus noirs (1); les autres ont , successivement , pris une teinte groseille, une couleur lie de vin, et se sont rapprochés chaque jour de la teinte noire du sang veineux conservé pur séparément.
51 jours après son mélange avec le sang veineux l'extrait de quinquina kalisaya seul reste rougeâtre. Le suc, l'extrait de belladone et l'extrait de datura stramonium conservent seuls une teinte rouge , très-foncée , qui cependant l'est moins qu'au début. Tous les autres extraits végétaux, sans exception, ont perdu, je le répète , la coloration qu'ils présentaient au moment où le mélange avait été opéré.
La coloration du sang veineux par l'oxigène et par le bi-carbonate de soude ne se maintient pas plus que les précédentes. Elle disparaît complètement, au bout de quelques jours , pour revenir à la teinte noire dans le flacon qui renferme l'oxigène ; et quant à celui qui contient le bi-carbonate de soude , il se fait bientôt un précipité violacé, qui est suivi d'une altération très-prononcée.
Les substances animales qui avaient immédiatement produit une coloration rougeâtre par leur mélange avec le sang veineux ont subi une altération bien plus rapide encore que les substances végétales ; et 12 à 15 heures après le commencement de l'expérience le sang est redevenu noir. Ce fait de la coloration en rouge du sang veineux par les substances animales mérite une attention particulière. Il prouve que le phénomène de Vhématose ne s'opère pas seulement
(1) Par oxomplp le noyer , — le magnolier , — le tulipier , etc.
par l'aelion de l'air sur le sang renferiné dans les cellules pulmonaires, mais que les substances alimentaires opèrent aussi un commencement d'hématose dans les veines elles-mêmes. Je me propose de présenter bientôt à rAcadémie des sciences les résultats de quelques rechercbes expérimentales dont le détail ne peut trouver sa place ici.
Le sang veineux mêlé à la belladone conserve sa fluidité dans la très-grande majorité des cas. A la longue, il s'opère un précipité rouge, mais non pas un coagulum. La nature chimique de ce précipité ne m'est pas encore bien connue ; mais il est manifeste que la fibrine du sang veineux s'y trouve profondément modifiée.
Le sang veineux mêlé avec la belladone reste beaucoup pins fluide que lorsqu'on le mélange avec l'extrait de datura.
Le sang veineux se coagule dans la plupart des mélanges autres que les deux précédents.
La belladone no possède pas seulement la propriété de rougir le sang veineux et de lui conserver sa fluidité : elle produit encore sur ce liquide une action qui m'a causé le plus grand élonnement, et dont je vais indiquer les résultats principaux :
1' Le sang veineux perd sa disposition à h fermentation putride par son mélange avec le suc ou avec l'extrait de belladone. Un flacon ouvert après avoir renfermé ce mélange pendant 115 jours consécutifs, n'a pas exhalé la moindre odeur fétide (1); il n'a laissé percevoir qu'une odeur vireuse, particulière aux solanées;
2" Dans le même mélange au bout de 40 jours , on retrouve les globules du sang parfaitement intacts ;
3" L'atropine , chose bien remarquable , ne possède pas la propriété d'arrêter la fermentation putride du sang veineux ;
4" Le datura stramonium arrête la fermentation putride, — les globules du sang ne s'allèrent pas ;
6» La noix vomique, la strychnine, la brucine, etc., arrêtent la fermentation putride, mais n'empêchent pas l'altération des globules ;
6" La plupart des autres substances employées dans mes expériences n'arrêtent pas la fermentation putride cl n'empêchent pas non plus l'altération des globules ;
7" Le sang veineux pur et placé à l'abri du contact de l'air pendant le môme espace de temps que les divers mélanges dont je viens de parler se décompose complètement ; la fermentation putride s'y établit et les globules disparaissent.
Frédéric LEGLERG.
Tours ^ le 15 avril 1856.
(1) 11 est nécessaire que le flacon qui renferme le mélange de sang veineux et tie Ijelladonc soit complètement rempli , autrement il y aurait production d'hydrogène sulfuré.
Tours. — Iinp. Ladevèze.