‹ De la menstruation en pathologie oculaireChapitre 10 sur 32 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Trido-choroïidile ayant débuté à la puberté avec exacerbations calaméniales

Mme Elise S..., couturière, est âgée de 24 ans. Ses antécédents héréditaires et personnels sont excellents :

Oh.

aucune trace de syphilis, ni de rhumatisme. Elle a toujours joui d’une santé parfaite. Les premières règles apparaissent à l’âge de 15 ans. Elles sont accompagnées de douleurs très vives autour des orbites. Les yeux rougissent, la vuese brouille ; cependant, la malade dit n'avoir jamais été dans l'impossibilité de se conduire pendant un temps quelconque. Depuis lors, la rougeur a disparu, mais les douleurs et les troubles de la vue persistent et s'exagèrent au moment des règles. Les yeux rougissent alors, la douleur s’accentue. La menstruation est d’ailleurs irrégulière et douloureuse.

L'état s'aggrave de plus en plus ; la vision diminue. La malade se décide, au mois d'août 1891, à se faire opérer (Hôtel-Dieu). Cependant la vue s’affaiblit toujours et le travail devient impossible ; les douleurs augmentent. Aussi la malade se présente-t-elle à la consultation des Quinze-Vingts le 7 mars 1892.

Eïtat actuel. — Etat général bon, aspect robuste.

OG Iridectomie en bas et én dedans. L'iris est OD pâle, décoloré.

Pas de taies. Pas de douleurs spontanées ; douleurs à la pression.

Les yeux sont mous.

De l'œil gauche, la malade ne peut compter les doigts.

L’œil droit a une acuité visuelle de 1/r0°.

Les deux yeux, surtout le gauche, sont difficilement éclairables.

. Nombreux flocons dans le corps vitré.

Ce cas nous paraît concluant et doublement intéressant, car il s’agit d’une irido-choroïdite, dont l’origine remonte à la puberté et qui exagère ses symptômes à chaque époque menstruelle, et cela depuis près de neuf

ans. L'organe de la vision était ici excellent, la santé générale ne laissait rien à désirer ; vient la puberté et la scène change : règles douloureuses, yeux malades. — On pourrait dire aujourd’hui : yeux perdus.

Dans notre deuxième observation — que nous devons à l’obligeance de notre excellent ami Bastide, qui a eu la bonté de nous adresser la malade — le tableau clinique est différent. L'état général est cette fois très défectueux : notre malade est en effet anémique.

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