OBSERVATION XVI
Décollement de la rétine. Suppression brusque des règles.
Mme Marie B...,35 ans, se présente à la consultation en mai 1886. Ellea toujours joui d’une santé excellente ;
pas d'enfant.
Il y a huit ans, subitement, à la suite d’une émotion très vive, ses règles cessent, et la vue de l’œil gauche baisse en même temps d'une façon considérable. Maux de tête fréquents.
A l’ophthalmoscope, on trouve un décollement de la rétine à la partie inférieure.
Vision : Œïül droit avec + 0.75 = 1.
Œil gauche = 1/10.
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MÉNORRHAGIES.
Nous avons étudié les troubles oculaires dans la menstruation normale, dans la menstruation pathologique, dans la suppression brusque de la menstruation, nous allons maintenant direun mot des affections de l'œil causées par une menstruation profuse, c'est-à-dire par les ménorrhagies et les métrorrhagies. l
De Graefe, étudiant la cause de la cécité survenant subitement à la suite d’hémorrhagies abondantes d’origine quelconque, l’attribue à la formation d'une névrite rétro-
bulbaire.
Samelsohn, de Cologne, établit une distinction clinique entre les pertes sanguines considérables et les hémorrhagies moyennes ou faibles. Dans le premier cas, suivant cet auteur, jl se produit rapidement une anémie cérébrale, les vaisseaux se vident pour ainsi dire. Il y a alors appel de liquide céphalo-rachidien dans la cavité crânienne et ce liquide pénètre entre les deux gaines du nerf optique, s’y accumule et détermine la cécité par compression du tronc nerveux. S'agit-il, au contraire, d'une hémorrhagie peu considérable, la cécité ne se produit que quelques jours après, et 1l faut admettre alors l'existence de lésions cérébrales qui sont plus tard la cause de l’hémorrhagie et de la perte de la vision.
A badie repousse l'opinion de de Graefe et admet l’explication donnée par Samelsohn.
Landesberg rapporte l'observation d’une femme qui, à une époque menstruelle, eut une ménorrhagie extrêmement abondante. Quelques jours après, elle s'aperçoit qu’elle voit à peine de l'œil droit,qui resta complètement perdu, malgré tout traitement. Les artères de la papille
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étaienttrès minces, et il y avait un reflet bleuâtre au centre de la papille.
Horismann a vu une névro-rétinite avec de nombreuses hémorrhagies rétiniennes chez une jeune femme qui avait eu une forte métrorrhagie après un avortement.
D’après Ziegler, les lésions de l'œil dans les amauroses consécutives aux hémorrhagies seraient celles des dégénérescences ischémiques sans altération inflammatoire. Ce processus dégénératif serait dû à une diminution locale de la circulation sanguine, par suite de la contraction vasculaire due à l’anémie.
Cohn divise en trois catégories les troubles oculaires qui peuvent se rencontrer après les ménorrhagies et les métrorrhagies. C’est d'abord de l’anémie rétinienne : le fond de l'œil est pâle, artères et veines peu apparentes et se distinguant difficilement. La fluidité du liquide sanguin appauvri, l'hydrémie peut donner lieu à une névrorétinite et même à une névro-rétinite hémorrhagique avec hémorrhagies rétiniennes. Enfin, on peut aussi observer des amblyopies et des amauroses d'origine nerveuse. Cohn mentionne aussi la compression hydropique du nerf optique, suivant l'hypothèse de Samelsohn, compression qui peut amener une atrophie plus ou moins complète.
M. Chevallereau a publié deux cas d’hémianopsie consécutive à des hémorrhagies utérines : nous en avons parlé à propos de notre observation XI.
Ilne nous a pas été donné d'observer de troubles oculaires causés par des ménorrhagies ou des métror- . . 1 5 A rhagies :ces troubies semblent d’ailleurs être plus rares que ceux dont nous avons parlé précédemment.
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