J'ai dit à cette occasion
(( Après avoir entendu le rapport qui vient d'être «lu sur le système métrique français, j'éprouve la a plus vive satisfaction, et je m'empresse d'autant « plus d'y donner ma pleine adhésion que prochai- « nement je ferai hommage à l'Académie d'un ouc vrage sur la Méthode a posteriori expérimentale et
a sur ses applications. On verra que c'est sur la base a même de cet ouvrage que repose l'adhésion que je a je suis si heureux de donner à la conclusion du « rapport et à l'esprit qui Ta dicté, »
14. Depuis la séance où ces paroles furent pronon* cées, des observations sur le rapport du 23 d'août ont été adressées à l'Académie, et deux de ses membres, juges compétents dans la question, y ont ré-» pondu. Je dis juges compétents, parce qu'en venant après eux, je reconnais mon incompétence sur le fond de la discussion. Ce n'est donc pas comme géo-» mètre, ni même commephysicien, queje veux parler, mais simplement avec l'intention d'appliquer à l'Aestoire du système métrique, un examen critique con^ forme à la méthode dont V ouvrage que f offre à l'Aca^ demie est le sujet , examen d'après lequel je motive Vadhésion que j'ai donnée aux conclusions du rapport et à V esprit qui Va dicté.
15. Le premier savant français qui proposa à l'Académie des sciences de prendre une unité de mesures dans la nature, est Brisson. Le 14 d'avril 1790, il lut un mémoire intitulé : Essai sur Vuniformité des mesures, tant linéaires que de capacité et de poids, et sur
une nouvelle manière de construire les toises destinées à servir d* étalon (1),
Brisson donne son mémoire comme le résultat des réflexions qu'il a faites après que M. Tévêque d'Autuna eu proposé à l'Assemblée nationale de rendre uniforme dans tout le royaume les poids et les mesures.
Brisson ne reconnaît dans la nature de longueur constante que celle du pendule pour un lieu déterminé, et de poids invariable, pour un volume déterminé à une température donnée, que celui de Ter à 24 karats, ou de l'argent à 12 deniers, ou encore de l'eau distillée à laquelle, en définitive, il donna la préférence.
Brisson ajoute que la longueur du pendule varie suivant les différentes latitudes et qu'il est nécessaire de faire usage de celle d'une latitude déterminée, qu'il lui paraît indifférent de choisir l'une ou l'autre, pourvu qu'elle soit bien connue, a On a pro « posé, dit-il encore, de choisir pour mesure élé- « mentaire la longueur du pendule qui bat les se- « condesà 45 degrés de latitude , mais cette longueur « n*a été que calculée; il faudrait la connaître par Vex-
(1) Ce mémoire est imprimé dans le Recueil de l'Académie^ portant en titre : Année 1788. La date de l'impression est t79l.
« périenccy ce qui exigerait un travail long et péni-
«ble... Enfin, pourquoi ne prendrait-on pas pour
a mesure la longueur du pendule qui bat les secon-
a des à Paris? Celle-ci est bien connue; elle a été
« déterminée par des expériences rigoureuses faites
« par M. de Mairan. Elle ne diffère que très-peu de
oc celle du pendule à 45 degrés (de latitude). Ce choix a épargnerait beaucoup de temps, de travail et de
a dépenses. »