‹ De la méthode a posteriori expérimentale, et de la généralité de sesChapitre 49 sur 117 · S6 DIFFICULTÉS DES DÉFINITIONS · texte numérisé non relu

S6 DIFFICULTÉS DES DÉFINITIONS

science ! Mais, en résumé, la certitude manque, dans l'ignorance où nous sommes, et de l'importance réelle d'attributs abstraits que nous choisissons comme caractères, et de l'existence même d'attributs qu'il importerait de connaître pour bien classer les individus auxquels ils appartiennent.

128. La certitude exigerait, pour que la méthode 'naturelle fût parfaite dans l'association des êtres vivants, que Vexpression caractéristique d'un groupe (l'abstrait) comprît des êtres possédant tous ce caractèrCy et que parmi eux il n'existât aucun être qui serait doué d'un attribut susceptible d'établir quelque jour avec d'autres êtres plus de similitude qu'il n'en a avec les êtres auxquels, dès l'origine, la méthode l'a associé.

Mais ne connaissant pas tous les attributs d'aucun être vivant, cette certitude manque et, dès lors, nous sommes exposés à l'erreur (42). Rappelons les deux circonstances dans lesquelles la . méthode naturelle peut être en défaut.

1" circonstance.

Lorsque le naturaliste, disposant de toutes les espèces qu'il veut classer, néglige de prendre en considération un attribut important, ou que, n'en pré-

voyant pas l'absence, la pensée ne lui vient pas de le rechercher avec les moyens dont il dispose, moyens qui lui permettraient d'arriver à ce but.

Cette circonstance est absolument la faute du savant et non de la science.

a« circonstance,

La connaissance d'un attribut important manque au naturaliste, soit que cet attribut appartienne, à des espèces encore ignorées, soit, ce qui reviendrait au même, qu'appartenant à des espèces connues, l'état de la science ne lui permît pas d'en soupçonner l'importance, ou bien que, la soupçonnant, les moyens d'observer et d'expérimenter dont il dispose ne lui permissent pas de le reconnaître.

En tous ces cas, le naturaliste n'est passible d'aucun reproche aux yeux de la science.

Difficulté que présente V application de la loi dans les procès civils,

129. Ce défaut de correspondance parfaite entre l'expression de V abstrait avec le concret^ représentant l'individu, n'existe-t-il pas dans des faits sociaux?

t58 DIFFICCWl^S DES ntFWWONS

N'est-il pas un grand nombre de cas oî> un défaut de correspondance se fait sentir entre de$ expremon* ahitraites relatives ^ des êfm concrets, de sorte qn'il arrive, comme dans Tapplication de la méthode naturelle, des circonstances où des discussions s'élèvent par suite du désaccord ? En répondant affirmativement, je cite comme exemple une difficulté analogue dans l'application faite aux individus d'une société des articles d'une loi et même d'un simple règlement.

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