‹ De la méthode a posteriori expérimentale, et de la généralité de sesChapitre 95 sur 117 · FRANÇAISE · texte numérisé non relu

FRANÇAISE

1. Loin de moi la pensée de faire une grammaire française; mais après avoir considéré, comme je l'ai fait{75. 76.77.78), \e substantif, V adjectif et VadjecU fsubstantif, il me semble qu'étendre aux autres parties du discours la manière générale dont j'envisage la science au point de vue du concret et de V abstrait^ c'est donner le complément nécessaire de ce que j'ai dit.

Je ne m'explique pas comment la grammaire,

après tous les traités et les dissertations particulières dont elle a été Tobjet, après les enseignements nombreux auxquels elle a donné lieu et donne lieu tous les jours, laisse tant à désirer au point de vue de la clarté et de la précision des idées. C'est en lisant, en relisant les traités grammaticaux, qu'il m'a semblé que les sciences qu'on a longtemps qualifiées de descriptives et d'expérimentales pourraient suggérer des réflexions qui ne seraient point inutiles pour éclairer l'enseignement de la grammaire, et c'est fort de cette pensée que j'ai écrit ce document.

Si l'on m'a compris, on ne me traitera pas, j'espère, de novateur, en ce sens que je ne dis point aux grammairiens : Changez ce que vous enseignez; je cherche, au contraire, en développant ma pensée, à m'appuyer sur plusieurs de leurs écrits, non comme compilateur ou éclectique, mais simplement avec l'intention d'établir une coordination entre les dix parties du discours admises par les grammairiens français.

Si mes 'idées sont justes, je ne doute pas de leur application aux grammaires particulières, parce qu'en définitive toutes les langues qui comptent des monuments écrits ont exprimé des idées qui, dans leur conception, présentent les mêmes rapports es-

sentiels en partant d'une source commune, la pensée de rhomme.

2. Je répartis les dix parties du discours en trois groupes :

Le substantif.

A. Les noms comprenant. . l L'adjectif.

B. Les verbes comprenant. . | G. L'article

et les particules comprenant.

Le pronom.

Le verbe.

Le participe.

L'interjection.

La préposition.

L'adverbe.

La conjonction.

3. En appliquant aux dix parties du discours la manière dont j'ai considéré les êtres bruts et les êtres vivants au point de vue du concret, et le principe que j'ai posé comme fait, que nous ne connaissons ces êtres que par leurs propriétés^ leurs qualités, leurs rapports , /e«rsaf^rt6w^5, l'essence d'aucun d'eux ne nous étant connue, il en résulte que le substantif et le pronom (sauf le pronom-adjectif) sont les seules parties du discours qui représentent le concret :

Les huit autres porties rentrent donc dans /'abstrait.

4. Si je reconnais avec la plupart des grammairiens, et en particulier avec de Sacy, que toute proposition nettement formulée se compose d'un sujet, d'un attribut et d*un veràe, il me serait impossible d'en donner en ce moment une démonstration conforme à la manière dont j'envisage le concret et l'abstrait; ce n'est donc qu'après l'examen auquel je vais soumettre les dix parties du discours que je reviendrai sur ce sujet (34).

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