XI. LES RELIGIONS. — XII. LES RACES. — XIII. LES LANGUES
XL — Les croyances religieuses que nous avons envisagées précédemment dans leur rapport avec la morale vont ici nous apparaître sous un autre aspect.
Ces deux grandes données, Dieu et l'âme, étant admises comme bases indiscutables de l'existence humaine, nous rencontrons sur-le-champ l'immense question de la relation de l'une à l'autre que soulève à chaque pas l'histoire de l'humanité. Cette relation constitue les religions, les cultes qui existent ou ont existé à la surface du globe. Par cet ordre de considérations nous entrons dans le domaine delà foi, de In foi religieuse qui a, comme on voit, pour les hommes les mêmes fondements que la foi philosophique et A/ foi morale. Dieu et l'âme.
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Il ne s'agit point dans ce travail de faire de la théologie. Nous procédons relativement aux fails religieux comme nous avons procédé relativement à tous les autres. Nous les recherchons, nous les constatons ; nous en tirons, s'il y a lieu, des inductions. Ce qui frappe tout d'abord en cette matière, c'est la tradition constante, universelle, qu'il y a eu dans le passé des communications directes entre le créateur de toutes choses et sa créature privilégiée, celle qu'il a dotée d'intelligence et de raison ; que Dieu s'est primitivement révélé à l'homme. Les témoignages en sont consignés dans les annales de tous les peuples : « Le genre humain, dit l'abbé Bautain*, a cru partout et toujours que Dieu a révélé aux hommes, en divers temps et de diverses manières, par un langage extérieur, oral ou écrit, certaines vérités qui sont audessus de la raison humaine.» Dans le fait comment l'homme aurait-il pu se passer à son berceau d'une sorte d'enseignement primitif qui ne saurait avoir une origine terrestre? Sans doute nous voyons chaque jour l'esprit humain se distinguer par d'importantes découvertes ; mais elles ne sont après tout que le perfectionnement de découvertes précédentes. Le progrès dans le présent, dans l'avenir, repose toujours sur un progrès dans le passé; remontant ainsi
i. Les Lais, etc., p. i26.
11)6 t>B LA MÉTHODE D'OBSERVÀTION.
dans l'échelle des âges, vous arrivez à de certaines nolions premières pour lesquelles il semble qu'il a indispensablement fallu un révélateur, car elles présentaient, qu'on y songe, au début de la société, des difficultés incomparablement plus grandes que toutes les acquisitions postérieures , quelque importantes qu'elles soient. C'est au reste une croyanc(î traditionnelle chez les peuples que ces notions sont arrivées à l'humanité par un intermédiaire envoyé de Dieu. Toutes les anciennes annales font mention de ces personnages mystérieux qui ont commencé l'œuvre sociale. Ce sera un Hermès ou un Manco qui viendra d'une contrée étrangère et lointaine apporter des lumières nouvelles. La science naît-elle des ténèbres par elle-même ; la civilisation se fait-elle à l'origine par ses forces propres ? Il est permis d'en douter quand on voit de nos jours encore un si grand nombre de peuplades plongées depuis des siècles dans une barbarie héréditaire et qui attendent pour en sortii* l'action extérieure, religieuse ou scientifique, d'une race plus avancée (XXXVI).
« Il y a eu, dit heureusement à ce sujet, un contemporain*, un fait primitif, extérieur et supérieur à l'homme, qui a donné l'impulsion originelle à la société et à la pensée humaine. Quel que soit le nom
i. M. de Laprade, Questions (Tart et de morale , p. 97.