CHAPITRE XX. â
par (le puissantes déductions, révéler au genre humain le secret de son berceau.
XllI. — Bornons-nous en ceci à un point précis qui fera ressortir le vice de la méthode adoptée dans l'examen de ces questions. Nous voulons parler de l'origine du langage.
On sait les difficultés qui ressortent de ce sujet. Ainsi chez des peuples qui n'ont aucune culture intellectuelle, vous trouvez des langues dont la syntaxe compliquée décèle les plus ingénieuses combinaisons de l'intelligence. L'idiome que parle le Hottentot encore barbare, est infiniment plus savant que celui qui est propre au Chinois, dont la civilisation raffinée remonte à plusieurs siècles! Le langage est ainsi à l'origine plein de mystère. De là partage entre les philosophes et les savants, les uns ayant pensé qu'il était impossible que ce fût une invention humaine, les autres jugeant au contraire qu'il n'était nullement nécessaire qu'il eût été primitivement révélé à l'honune. La, première opinion a été adoptée par J.-J. Rousseau et par M. de Bonald, et c'est certainement le seul terrain sur lequel ces deux hommes pouvaient se rencontrer. Parmi ceux qui la repoussent, distinguons l'écrivain que nous venons de citer *.
i. M. Renan, de rOngine des langues, in-8, «858,
Suivant M. Renan, le langage est un produit de lu spontanéité humaine ; il s'est formé (Fun seul coup et est sorti instantanément du génie de chaque race^ p. 1 6. Voici, comme on le voit, une thèse bien absolue, mais une autre absolument contraire ressort de divers passages que l'auteur ne s'est guère mis en peine de concilier avec le précédent. Ainsi M. Renan dit (p. 25): « Il est certain qu'on ne comprend pas l'organisation du langage sans une action d hommes délite exerçant une autorité autour d'eux^ et capables d'imposer aux autres ce qu'ils croyaient le meilleur. » Le langage est à la fois de cette sorte un produit de la spontanéité humaine qui s'est manifesté simultanément en divers lieux, et l'œuvre de quelques hommes d'élite, qui sur un certain point du globe (le haut plateau asiatique, selon la vieille hypothèse du peuple primitif que les auteurs placent également en Asie), se sont concertés pour le créer ; mais apparemment, ces hommes délite avaient eux-mêmes déjà un langage, car autrement comment se seraientils entendus entre eux? On ne fait donc que reculer la difficulté. Elle n'est pas moindre si l'on se prononce pour la spontanéité^ car comment s'expliquer qu'une force intime et aveugle puisse créer des formes compliquées et combinées avec un si merveilleux concert? Il est vrai que Fauteur feit ail-