CHAPITRE III
manité n'a aucune incertitude à cet égard. Le fatalisme qui est parfois dans les termes ne passe point dans les actes; nous parlons sans cesse de sort et de destinée; mais au fond ces mots sont vides de sens, au moins dans l'acception où ils sont d'ordinaire employés, c'es1>à-dire comme puissance, connue force génératrice des faits. Il y a, pour faire sortir les faits du temps et de l'espace, des causes déterminées; ces causes étant suscitées, les faits naissent instantanément; lorsqu'elles ne sont pas aperçues par l'intelligence, on invoque le sort ou la destinée, on attribue les faits à un hasard capricieux et bizarre; mais le hasard est le père du néant; il ne produit rien, et si on scrute bien son sentiment intime, on reconnaît qu'il n'est au fond pour aucune intelligence une cause d'où puisse sortir un effet. L'existence de cette cause inconnue est toujours intuitivisment supposée. Aussi, tout en soumettant par la pensée les faits à l'action du hasard, agit-on en réalité comme s'ils étaient le produit non d'une aveugle nécessité, mais d'une règle providentielle. Voilà ce qui se révèle à l'examen le moins attentif dans les pays mêmes où le fatalisme est un dogme.
Nous disions, dans un autre écrit, qui remonte déjà à un quart de siècle^ : «Il en est, ici-bas, des faits
1 . Traité de stciHstique ou Théorie de Vétude des lois diaprés les^
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de Tordre social comme de ceux de Tordre physique ; tous sont également soumis à un enchaînement constant et régulier, tous sont également le produit d'un invariable rapport de cause à effet. La raison fait pressentir qu'il doit en être ainsi, et Texpérience le démontre ; le hasard n'est qu'un mot auquel une ingénieuse application du calcul faite de nos jours par des géomètres célèbres a ôté toute sa valeur*. La théorie des probabilités a renversé cette puissance aveugle qui, dans les idées de Tantiquité, gouvernait les choses humaines, et que les modernes se sont trop souvent bornés à faire chrétienne, en Tappelant du nom de providence. Elle ne saurait exister pour TinteUigence infinie qui embrasse tous les temps et tous les êtres, qui renferme en elle le secret de toutes les lois d'après lesquelles se succèdent les divers phénomènes du monde matériel et du monde moral; elle n'existe pas davantage pour Tintelligence cultivée de Thomme à laquelle il est donné de reconnsutre ces lois une à une par une lente et pénible investigation, de les voir dans leur action sans les comprendre dans leur principe. » ( Ghap. II. ) Un ordre spécial de travaux, qui n'a pas une date
^MlUès m drfvefoppeiU /<$ faits sociaux, couronné par l'Académie des sciences; 1 vol. in-8% 1840.