‹ De la méthode d'observation: dans son application aux sciences morales et politiquesChapitre 39 sur 181 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

quemment M. Mignet^ sont bien souvent ceux par lesquels on tombe ; telle est la loi ordinaire des événements dans lesquels éclate la justice cachée de la Providence. » L'étude de Thistoire montre en effet par de fréquents exemples, qu'on ne viole pas tous les droits de l'humanité sans en ressentir même en ce monde la juste conséquence. On n'est pas, grâce à Dieu, impunément parmi les hommes dont on sera plus tard l'exécration, un Néron ou un Robespierre! Mais en dehors de ces grands exemples, auxquels ne s'attache pas Machiavel , il y a ceux que présente la politique usuelle de son siècle ; les princes qui l'ont pratiquée ont réussi, n'importe comment. Quiconque voudra réussir comme eux les imitera; mais sera-t-il véritablement grand ainsi? Obtiendra-t-il l'estime des contemporains? Arrivera-t-il à un juste renom dans la postérité? Machiavel est loin de le penser, comme le prouvent divers passages de son livre que confirment ses autres écrits, notamment les discours sur Tite-Live, « il n'y a point, dit-il (chap. vui), à propos d'un tyran syracusain, de vertu à massacrer ses concitoyens et à livrer ses amis, à être sans foi, sans piété, sans religion. Tout cela peut faire arriver à la souveraineté, mais non à la gloire. » Les mots qui précèdent montrent que Machiavel entend ici la gloire

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