‹ De la méthode d'observation: dans son application aux sciences morales et politiquesChapitre 47 sur 181 · Essai sur VEistoire de la Philosophie, t · texte numérisé non relu

Essai sur VEistoire de la Philosophie, t

thétique, on se préoccupe vivement du système qui en découle^ on est mal disposé à bien voir la vérité. Persuadé qu'on la possède et qu'on n'a plus pour la développer qu'à raisonner et à conclure, on nobsei^epas ou on observe mal. On ne se soucie pas d'expérience, on ne se soucie que de logique. Cependant, les faits sont là qui restent malgré tout. S*ils ne rentrent pas naturellement dans le prétendu principe, le raisonnement a beau faire, il ne peut les y ramener. Il le sent et s'en irrite, les mutile ou les rejette, les maltraite de toute façon. » Telle est en effet la lutte qui s'établit ainsi entre les faits et l'explorateur ; les meilleurs esprits auront bien de la peine à se soustraire à cette disposition qui mène droit aux conclusions fausses et outrées, qui met enfin les systèmes à la place de la vérité.

Turgot dit quelque part : « Le premier point est de trouver un système, le second de s'en dégoûter. » A la bonne heure, mais c'est là le difficile; l'expérience montre que pour celui qui a un système, ce n'est pas chose aisée que de l'abandonner ; le mieux est de ne pas, répélons-le, ériger en système telle ou telle conception tombée dans l'esprit; il faut Favérer patiemment d'abord par une étude attentive, et ne l'adopter qu'autant qu'elle sort intacte de cet examen; ne relevons au rang d'une véritable théorie, qu'après

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