‹ De la méthode d'observation: dans son application aux sciences morales et politiquesChapitre 89 sur 181 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

doctrine que nous comh2Lttons,\e connaissable et Vinconnaissoble^ celui-là soumis, celui-ci soustrait à nos moyens d'investigation. Mais, dirons-nous, V inconnaissable^ c'est ce dont l'esprit humain n'a aucune idée. On confond ici V inconnaissable avec Yinexplicable. Or, Y inexplicable se présente dans la nature matérielle aussi bien que dans la nature immatérielle ; iî n'est pas plus facile d'expliquer la cohésion moléculaire que la relation de l'âme avec le corps. Si du moins on se bornait à passer simplement sous silence cet inconnaissable ; si on laissait libre à cet égard la conscience individuelle ! mais point. On nie positivement ces notions, dont on prétend ne pouvoir con- • naître. L'âme se décompose en un certain nombre de facultés inhérentes à des lobes du cerveau, d'après la méthode phrénologique , pourtant frappée aujourd'hui d'un assez grand discrédit par la science, et Dieu, Xêtre suprême^ c^est rhumanité, la sainte humanité qui devient l'objet d'une religion, d'un culte ; triste cpnception qui n'en rappelle que trop une autre des temps les plus malheureux de la révolution française ! Mais, dirons-nous encore, le fondateur véritable de la religion, du culte de l'humanité, c'est celui qui est venu, il y a deux mille ans, nous annoncer que tous les hommes sont frères ici-bas et égaux dans le

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