CHAPITRE XXVII
Texistence de partis issus des précédentes révolutions. Comment les empêchera-t-on de se servir de la liberté même que comporte cette forme de gouvernement pour le renverser? Comment en amènera-t-on l'apaisement, quand l'espérance de susciter une révolution nouvelle les soutient et les anime dans leur violent essor contre l'ordre existant, lutte fatale qui doit aboutir à un déplorable suicide de la liberté ! Telle est la question, nous la posons en toute conscience et comme thème de la science politique. En fait, parmi les agitations nées de l'application de la théorie d'après laquelle une prépondérance à peu près exclusive se trouve dévolue à la Chambre élective, cinq gouvernements, trois monarchiques et deux républicains, ont péri en France dans un laps de soixante années. Que cette expérience ne suffise pas, soit. Mais assurément, des esprits superficiels pourront seuls résoudre d'un mot le problème et consultant exclusivement leurs propensions libérales, ne pas se demander si la situation spéciale que nous avons établie ne réclame pas de certaines garanties en remplacement de celles qu'elle ne comporte pas ; s'il n'est pas nécessaire de recourir à quelque mode de gouvernement représentatif autre que le parlementaire , qui sans empêcher un sage développement de la liberté, assurerait une plus forte position au pou-
voir exécutif, afin de ne pas voir sans cesse détruit Tédifice toujours recommencé avec l'espérance qu'il sera éternel ! Nous croyons qu'il est permis de concevoir des doutes à cet égard et que le point est tout au moins encore u étudier (LVI).