‹ De la méthode d'observationChapitre 170 sur 195 · CHAPITRE XX VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX VIII

Tapplication de cette théorie! Les abstentions qui écarten t de l'enceinte électorale les citoyens calmes, désintéressés qu'il serait si important d'y ramener, n'est-ce pas là un grave inconvénient auquel il faudrait remédier? N'y a-t-il rien à régler relativement aux conditions de moralité, d'instruction, d'indépendance de l'électeur? N'y aurait-il pas lieu aune inégale répartition des voix pour établir un véritable équili-r bre social (LXI) ? Ces points et tant d'autres que nous pourrions indiquer, il appartient à une sage observation de les résoudre. Il faut s'enquérir avec soin des solutions obtenues dans le passé ou dans le présent et bien constater aussi l'état social partout où existe le suffrage plus ou moins universel. C'est le seul moyen de s'éclairer. Toute autre marche ne ferait qu'ajouter à la confusion qui ne se manifeste que trop dans \eS esprits à cet égard.

XXII. — Parmi les questions que soulève l'existence des gouvernements soumis au régime représentatif, il n'en est point dont se préoccupe plus l'opinion que celle de la liberté de la presse, et c'est sans doute avec raison. Examinons ceci brièvement, comme nous avons fait du reste. Disons d'abord qu'en principe, on écrit comme on parle; la presse, c'est la parole à distance et s'adressant à plusieurs à la fois. Il est naturel de

se servir librement, sauf répression en cas d'abus, de cet instrument comme de la voix, de la parole. Ne cherchons pas là un droit, voyons-y un fait essentiellement social et il n'y a plus sujet à contestation.

Mais l'observation montre qu'il n'est aucune liberté dont on ait plus abusé, et qui ait, en certaines circonstances, produit de plus fâcheux résultats. Ceci a frappé tous les bons esprits et a fait dire à Tocqueville, cet homme animé d'un si profond sentiment de libéralisme, que la presse est « une puissance si étrangement mêlée de biens et de maux, que sans elle la liberté ne saurait vivre et qu'avec elle F ordre peut à peine se maintenir ^ »

La presse devient toujours aux époques de perturbations politiques un organe des partis qui s'empreint de leurs passions aveugles, de leurs funestes égarements, de leurs élans irréfléchis. Jusqu'où vont alors ses excès, si la puissance publique n'est pas de force à la contenir, nul ne peut le dire ; elle ne connaît pas de limites. Rien ne l'arrêtera. Quand on songe que Washington, le grand, l'immortel patriote, au moment où expirait sa glorieuse magistrature se vit traité par divers journaux sous l'influence secrète de Jefferson en termes, c'est lui-même qui le dit * ,

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