‹ De la méthode dans les sciences (volume 2)Chapitre 37 sur 61 · MOU A LE · texte numérisé non relu

MOU A LE

estla « théorie», dans lesmoralesthéoriques?Quel genre de questions se proposent-elles de résoudre? Qu'elles soient intuitives et procèdent a priori, ou qu'elles soient inductives et emploient une méthode empirique, elles ne traitent que des problèmes ayant directement rapport à l'action : déterminer par exemple, quelles fins l'homme doit poursuivre ; trouver Tordre dans lequel ces fins se subordonnent les unes aux autres, et s'il en est une suprême ; établir une échelle des biens ; fixer les principes directeurs des relations des hommes entre eux. Il s'agit toujours d'obtenir un ordre de préférence, et de fonder, selon l'expression favorite de Lotze, des jugements de valeur.

Est-ce bien là l'office de la science, de la recherche proprement théorique? La science, par définition, n'a d'autre fonction que de connaître ce qui est. Elle n'est et ne peut être que le résultat de l'application méthodique de l'esprit humain à une portion ou à un aspect delà réalité donnée. Elle tend, et elle aboutit, à la découverte des lois qui régissent les phénomènes. Telles sont les mathématiques, l'astronomie, la physique, la biologie, la philologie, etc. La morale théorique se propose un objet essentiellement différent. Elle est, par essence, législatrice. Elle n'a pas pour fonction de connaître, mais de prescrire. Du moins, connaître et prescrire pour elle ne font qu'un. Son but est de ramener à un principe unique, s'il est possible, les règles directrices de l'action. Sans doute, une systématisation de ce genre peut encore s'appeler, si l'on veut, une « théorie >>. Mais c'est à la condition de prendre ce mot dans le sens étroit et spécial où il désigne la formulation abstraite des règles d'un art : — théorie de

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