DE L ARMÉE EN MARCHE
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es. « Namque altéra ex parte Bellovaci.... instabant; alteram Camulogenus parato atque instructo oxercitu tenebat; tum legiones a praesidio atque impedimentis interclusas maximum flumen distinebat. » Des deux côtés, la bataille est imminente : seulement, s'il reste sur la rive droite, il va être attaqué, tandis que s'il passe sur la rive gauche, il prend l'offensive et se rapproche de ses campements. Il saisit donc ce dernier parti, et, comprenant qu'il n'a pas de temps à perdre, il l'exécute immédiatement. Le soir du même jour, il assemble les officiers et leur recommande de donner tous leurs soins à l'accomplissement de ses ordres. Il confie aux chevaliers romains le commandement des cinquante bateaux qu'il a amenés de Melodunum pour en former une flottille, leur dit de se mettre en route à la fin de la première veille, et de descendre le fleuve en silence jusqu'à une distance de quatre mille pas. Il laisse à la garde du camp cinq cohortes composées des soldats les moins solides, commande aux cinq autres cohortes de la même légion de partir à minuit, avec tous les bagages, pour marcher en amont du fleuve avec le plus grand bruit possible,etles fait accompagner d'un certain nombre de barques qui doivent être également dirigées avec bruit. Puis, dans le plus grand silence, il sort luimême de son camp avec les trois autres légions, il va retrouver les cinquante bateaux qui l'attendent. Un violent orage, qui éclate tout à coup, favorise son dessein et empêche les éclaireurs gaulois de l'apercevoir : il les surprend avant qu'ils puissent donner l'alarme. Lès chevaliers se mettent à l'œuvre et font passer les légions. Au point du jour, les
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Gaulois apprennent que Tarmée romaine est en mouvement sur trois points : ils supposent aussitôt que leurs ennemis, démoralisés par la défection des Ëduens, tentent le passage de la Seine par trois endroits différents pour fuir plus promptement, et ils divisent eux-mêmes toutes leurs troupes en trois corps. Ce n'est que plus tard qu'ils sont mieux informés, et alors ils se rangent en bataille pour s'avancer à la rencontre de Labiénus. Mais celui-ci a atteint son but, il n'a plus à craindre les Bellovaques qu'il a laissés de l'autre côté du fleuve, il n'a plus devant lui qu'un seul ennemi qu'il saura vaincre.
Nous nous arrêtons à ce dernier exemple, qui nous a paru d'autant plus intéressant qu'il se rapporte à cette première bataille de Paris, qui a été si étudiée et tant commentée de nos jours (1).
Nous avons essayé de montrer Içs précautions, les moyens et les ruses qu'employaient les généraux romains dans les marcbes de leurs armées, en plaine, au milieu des montagnes, à travers les fleuves. Nous avons montré par différents exemples que ces marcbes, bien ou mal conduites, avaient pu produire le même résultat que de grandes batailles gagnées ou perdues. Nous passerons maintenant aux véritables combats, et, après avoir dit quelques mots sur les macliines de jet dont on s'y servait quelquefois, nous indiquerons, d'après le. récit des auteurs, l'ordre de bataille ordinairement suivi par les armées romaines.
,1) Voy. les Commentaires de M. .1. Quicherat et de M. de Saulcy .
DES MACHINES DE JET