DE LA GONCURRKNCE ET DU MONOPOLE
Ce o*e8t doDC qu'en faveur de produite ou de producteurs inférieurs que la loi peut stipuler un monopole. Tout monopole est donc une charge , un ilnpdt qui pèse sur la totalité des consommateurs ; il en est donc du monopole comme de toute autre contribution ; il ne crée rien , il enlève aux uus ce qu'il donne aui autres : comparons ses inconvéniens et son utilité.
La source de toute augmentation de richesse étant le produit net, et le produit net ne se composant que de TexcédaDi des recettes sur les dépenses , il est clair que tout ce qui augmente les dépenses diminue d'autant le produit net. Le monopole ayant pour résultat d'amener une augmentation de dépenses sans aucune augmentation de produits, il diminue la masse des richesses publiques comme le fait tout prélèvement, quels qu'en soient la forme et le prétexte.
II y a plusieurs sortes de monopoles : tantôt le gouvernement se réserve le commerce d'une certaine marchandise; par exemple , Méhémet-Ali s'est arrogé , dans toute l'étendue de son royaume , le commerce exclusif du blé et du coton ; en France, le gouvernement s'est attribué celui du sel et du tabac : il est aisé de voir qu*il ne s'agit ici que d'un impôt qui ne vaut ni mieux ni pire que les contributions indirectes ou la cote personnelle et mobilière. (1)
Tantôt le monopole a pour but d'exclure le travail des étrangers du marché national ; ici les difficultés se multiplient : il faut une extrême attention pour estimer à leur
(i) Od doit observer toutefois que le tabac étaut un objet de fantaisie, dont la privation ou la diminution n*eipose les peuples à aucun inconvénient grave, on ne pourrait trouver pour le Trésor aucune source de revenus plus inoffensive; cet impôt ne saurait donc être trop soigneusement maintenu , malgré les vives réclamations auxquelles il a donné lieu et qui ne paraissent guère fondées que sur des intérêts privés. Si on le supprimait, les besoins du Trésor demeurant les mêmes, il faudrait trouver, pour le remplacer^ un nouvel impôt qui frapperait inévitablement sur d'autres produits plus nécessaires.