‹ De la misère des classes laborieuses en Angleterre et en France (volume 2)Chapitre 188 sur 314 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

salut dans laquelle il est temps d'engager les nations , et , si Ton veut seulement, l'insuffisance de ce moyen étant démontrée , rechercher avec bonne foi des remèdes plus efficaces , on découvrira assurément ce qu'attend le monde avec tant d'impatience : les lois de l'organisation du travail, la reconstitution légitime de la famille industrielle.

Il n'est pas nécessaire de faire voir qu'il ne suffit pas de fournir aux classes pauvres un moyen de placement à leurs économies, mais qu'il faudrait avant tout leur donner la faculté de faire des épargnes. Nous avons prouvé suffisamment , je pense, que ceux qui ont le plus besoin d'épargnes, n'ont pas la possibilité d'en faire : M. Viliermé nous a dit , en plus d'un endroit de son livre , que les ouvriers célibataires étaient en état de réaliser quelques économies , mais que les ouvriers en famille, loin de pouvoir en faire , avaient grande peine à élever leurs ressources au niveau des besoins indispensables. La grande majorité des ouvriers qui vivent des travaux de l'industrie est exclue du bienfait de l'épargne par l'insuffisance des salaires; et, quand même ils dépasseraient de quelques deniers la somme des besoins nécessaires à l'entretien des fa milles, un autre obstacle, l'incerliUide des salaires, les chômages forcés , les caprices imprévus de l'industrie , s'opposent plus fortement encore à l'épargne; cet obstacle en tarit immédiatement la source , car il fait de la prévoyance une vertu inaccessible au salarié.

Mais l'institution établie pour favoriser l'épargne chez les classes pauvres répond -elle comme elle le devrait au but proposé? Cette question , bien que très-facile à résoudre , vaut la peine d'être examinée.

Les caisses d'épargne ont pour patron l'un des philanthropes les plus éminenls de la fin du dernier siècle , l'homme qui a le plus contribué par ses prédications et par ses efforts à l'affranchissement des noirs esclaves : c'est à Wiîlberforce qu'appartient la première idée des caisses d'épargne. La réalisation, comme toujours, ne vint qu'assez longtemps après, en 1810. Vingt ans après environ, le 20 novembre 1829, on comptait en Angleterre 571 caisses d'épargne (saving's banks) , 52 dans le pays de Galles, 65 en Irlande. Le nombre des déposants s'élevait pour l'Angleterre a 556,287, plus 5.556 livrets ap-

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