DANEMARK
Le Danemark (1) possède toute une législation sur le paupérisme. Le système de la (axe paroissiale existe dans ce pays , comme en Angleterre , à la différence que les propriétaires et personnes établies ne contribuent pas seuls à l'impôt de la misère; mais que tous les individus en état de supporter le plus faible tribut, comme les journaliers et les domestiques, payent une redevance sur leurs gages et salaires.
La sévérité de la loi danoise prouve que, dans ce pays, on regarde aussi la misère comme un fardeau écrasant et comme un danger. La charité n'est considérée par la loi que comme une avance faite par la paroisse , et qui constitue une dette en sa faveur. Si le pauvre acquiert , par la suite , quelque propriété, s'il est reconnu en état de s'acquitter de sa dette, il est obligé de rembourser à la paroisse la valeur de tous les secours qui lui ont été fournis. Tout individu qui ne justifie pas de ses moyens d'existence est forcé de se mettre au service d'autrui, sous peine d'être puni comme vagabond. La charité danoise est d'une économie que vante très-haut M. Mac-Gregor, le délégué anglais. « Dans ce royaume , dit-il , le pauvre vit dans une condition dégradée et indépendante; il ne reçoit que ce qui est absolument nécessaire pour sa subsistance, et il doit avoir souvent recours à la fraude et à l'importunité pour arracher les secours qu'on lui accorde avec peine (2). »
Cet excellent système a de fort bons effets, selon l'autorité que nous citons; car, grâce à lui, la misère est restée à peu près, en Danemark, ce qu'elle était en 1805, environ 1 individu sur 52 habitants. Elle se recrute presque exclusivement parmi les journaliers de l'agriculture et des métiers.