Partie centra
Muscles de la
dicale. Paris 1834, t.V,
lume d’un œuf
le de l’hémis-
face.
de poule.
phère g.
Bravais. Recherches
Côté d. de la
sur les symptômes et
bouche, rota-
le traitement de l’épi-
tion de la tête.
lepsie hémiplégique.
braset jambed.
- Thèse de doctorat.
Paris, 1827, p. 17.
suite)
PERTE
DE CONNAISSANCE
CONVULSIONS
GÉNÉRALISÉES
PARALYSIE OU PARÉSIE POST- ÉPILEPTIQUE
Connaissance conservée pendant les convulsions localisées. Perte de connaissance au début des convulsions toniques généralisées .
Attaques complètes précédées des convulsions localisées.
Bras d.
D'abord attaques de petit mal, perte de connaissance sans convulsions.
Plus tard convulsions généralisées avec perte de connaissance.
Malade âgé de 4^ ans.
Petit mal après coup violent sur la tête.
Attaques complètes la veille de la mort.
Dans une attaque épileptique
Attaque épileptique bien caractérisée.
Peu de temps après une saignée de seize onces de sang, perte de connaissance et attaque épileptique bien caractérisée. Mort dans le coma.
Unefoisaprès une saignée.
Les convulsions n’étaient généralisées qu’une fois, après une saignée de trois palettes.
I06 . TABLE/,
« SOURCES
OU SONT PUISÉES LES OBSERVATIONS
NATURE DE LA LÉSION
SIÈGE
DE LA LÉSION
CONVULSIONS
Tüngel. Cit. dans LancerawA-; Traité historique et pratique de la syphilis. 2'éd. Paris 1873, P- 3^2.
Induration et ramollissement delà substance cérébrale. Adhérence entre la dure-mère, la pie-mère et la surface du cerveau.
Hémisphère
Langue. Mâ-^ choire infér.j oeil g. Plus tard!
rotation de lai tête à g. — jam-be g.
Bellat. Contribution à l’étude de l’épilepsie symptomatique.— Annales médico-psychol.
1892, 7" série, t. XV, p. 235.
Sarcome de la dure-mère.
Tumeur à chevalsurla scissure interhémisphérique, au point de jonction delà I circonv.
front, et de la front, ascend. , portant un peu plus sur le côté g. que sur le d.
Côté d. de laa face et bras d. .
Obs. personnelle.
Pie-mère épaissie adhérente aux circonvol. atrophiées.
Circonv. front, ascend., surtout sa partie moyenne,partie postérieure de la 2' circonv. front., du côté d.
übs. personnelle.
Kyste hémorrhagique du volume d’une noix.
Lobe pariétal immédiatement derrière l’extrémité supérieure de la circonv. pariét. ascend. d.
Courhiey. Case of Traumatic Epilepsy.
— The Medical Record.
1891. Vol. 39, p. 370.
Lésion traumatique. Perte desubstancedu crâne, diamètre antéro-postérieur 514 pouces, diamètre transversal 2 % pouces.
Entre la scissurede Rolando et la scissure pariéto-occipitale d.
;uite)
PERTE
>E CONNAISSANCE
CONVULSIONS
généralisées
PARALYSIE ou PARÉSIE POST- ÉPILEPÏIQUE
Dans les attaques omplètes.
Attaques complètes un an environ après le commencement des convulsions.
Attaques classiques quelquesmoisaprès le commencement des convulsions.
Première attaque de convulsions peu de joursaprèsunefrayeur.
Perte de connaissance.
Attaques
complètes.
A.M 11. Aliénée depuis 8 ans. Première attaque à l'âge de 63 ans. ,
Pertedc connaissance.
Attaques
complètes.
E. M. P. Aliénée depuis 20 ans. Première attaque à l’âge de 61 ans.
Excitation post-épileptique.
Perte de connaissance.
Attaques
complètes.
Lésion à l'âge deq mois.
A l’âge de 4 ans premières attaques apres coup sur la tète. Jusqu’à la puberté attaques seulement quand elle s’était heurtée au point lésé.
Depuis cette époque, sans occasion appréciable, des attaques de petit mal et des attaques complètes.
Épilepsie réflexe
Sous le nom d’épilepsie réflexe on comprend les cas d’épilepsie où la lésion provocatrice des attaques a son siège au dehors du système nerveux central et exerce son effet par l’intermédiaire des nerfs sensitifs. L irritation périphérique est donc transmise à des cellules centrales par les fibres conductrices centripètes et 1 effet de ce procès est une attaque épileptique. Mais par quel mécanisme l’épilepsie réflexe est-elle produite ? Quels sont les centres sur lesquels l’irritation périphérique exerce' son influence provocatrice ? Quel procès physiolo-pathologique est la cause immédiate de l'attaque dans ces cas Les convulsions générales sont-elles dues à une simple propagation des mouvements réflexes Comment expliquer la perte de connaissance ?
Voilà bien des questions à répondre. Mais comme, d’après ce qui précède, on peut s’attendre à trouver l’explication de l’épilepsie réflexe dans la théorie de l’anémie, nous n’avons, préalablement du moins, à discuter que cette question : les attaques d’épilepsie réflexe sont-elles dues à une anémie cérébrale ?
La littérature de l’épilepsie réflexe est assez vaste, mais les auteurs se bornent généralement à la communication d’observations. Pourtant M. François-Franck, dans son livre, déjà souvent cité, a consacré un chapitre court, mais important, à une comparaison entre l’épilepsie réflexe et l’épilepsie corticale.
IIO
DE LA. NATURE DE l’ÉPILEPSIE
Les recherches expérimentales ont puissamment contribué à l’étude de l’épilepsie corticale. Il s’en faut de beaucoup qu il en soit de môme de l’épilepsie réflexe. Il faut donc, ici encore plus que là, avoir recours à l'expérience pathologique.
J ai déjà mentionné les célèbres expériences de Brown- Séquard sur des cochons d’Inde. Chez les animaux rendus épileptiques, dans ces expériences, par des lésions de la moelle ou du nerf sciatique, des attaques furent provoquées par irritation d’une partie de la peau de la tête. Ils avaient aussi des attaques non provoquées par aucune irritation externe appréciable. Mais l’irritation nécessaire à la production d’une attaque était tellement insignifiante qu’il est possible que les attaques fussent en vérité toujours produites par des irritations non observées. Qu’il en soit ainsi, c’est ce que rend même vraisemblable l’observation suivante de Brown-Séquard. La section des nerfs dont est animée la zone épileptogène, fait cesser non seulement les attaques produites par l’irritation de cette zone, mais aussi les attaques en apparence spontanées.
Les cobayes que rendit épileptiques Westphal par des coups sur la tête, offraient les mêmes symptômes que les animaux rendus épileptiques par Brown-Séquard. Seulement les animaux soumis aux expériences de Westphal avaient la zone épileptogène double. Dans les deux cas, l’irritation de la zone épileptogène provoquait des mouvements réflexes localisés, avant que des attaques complètes pussent être provoquées par cette irritation, et les attaques complètes — tonico-cloniques, d'après Westphal — étaient souvent précédées de ces convulsions localisées. Ces convulsions localisée.s se produisaient dans les expériences de Westphal, comme dans celles de Brown-Séquard, du même côté où était appliquée l’irritation.
Quant à l’explication de ces attaques provoquées chez des cobayes, Brown-Séquard n’en donne pas. 11 appelle
ÉPILEPSIE RÉFLEXE
lui-môme mystérieuse la relation qui existe entre la partie lésée de la moelle épinière et la zone épileptogène de la peau de la face et du cou. Westphal (i) trouvait constamment à l’autopsie de ses cobayes de très petites hémorrhagies disséminées dans la substance blanche et grise de la moelle allongée et de la moelle épinière. En outre il trouvait ordinairement un épanchement sanguin dans le sac de la dure-mère. Aussi Westphal pense-t-il que c’est à la lésion de la moelle que sont dues les attaques.
On a contesté la nature épileptique des attaques provoquées par Brown- Séquard et par Westphal, parce que les animaux n’étaient pas toujours complètement privés de connaissance pendant les attaques.
Je n’ai trouvé mentionné, ni chez Brown-Séquard ni chez Westphal, dans quelles attaques les animaux conservaient la connaissance. Mais nous savons que les premières attaques n’étaient pas générales. Les premières attaques, chez les animaux de Brown-Séquard, se bornaient à des convulsions des muscles de la face et du globe oculaire du côté de la lésion, et conséquemment du côté de la zone épileptogène. Dans les attaques suivantes, les convulsions s’étendirent sur plusieurs groupes de muscles, et au bout de quelques jours elles étaient générales. Or, si c est pendant les attaques de convulsions localisées que la connaissance était conservée, la conservation de la connaissance n’est pas un argument contre la nature épileptique des attaques générales. Dans l’épilepsie réflexe de l’homme on trouve aussi des convulsions localisées, sans perte de connaissance, comme début d’une attaque complète ou comme manifestation isolée de l’irritation.
J’ai mentionné les expériences de Nothnagel sur les nerfs vaso-moteurs du cerveau. Nothnagel produisait, chez des lapins, un resserrement des artères de la pie-
(i) Berliner klin. Wochenschrift, 1871, p. 461.
DE NATURE DE l’ÉPILEPSIE
mère par des irritations périphériques. Mais ce n’était qu’après une perte de sang assez considérable que l’irritation provoqua, chez un de ces lapins, une attaque épileptique.
Cette expérience pourrait paraître contraire à la théorie de l’anémie. Mais en y regardant de plus près, on verra qu'elle est parfaitement d’accord avec les observations pathologiques. Les irritations pathologiques qui provoquent chez l’homme des attaques épileptiques, ne sont pas d’une nature spéciale. Ce sont des lésions dont on trouve tous les jours un grand nombre chez des individus non épileptiques. Pour chaque individu rendu épileptique par une dent cariée, par exemple, on en trouve des milliers qui souffrent des dents sans devenir épileptiques. Et nous verrons que, si l’irritation provoque des attaques dès son début, c’est exceptionnellement. Ordinairement il faut qu’elle agisse quelque temps — des jours ou des mois — sur le système nerveux, avant que les attaques commencent à se produire.
Quand une irritation périphérique provoque tout de suite une attaque, c’est que l’individu est prédisposé à en avoir. Dans la plupart des cas, il faut que l’irritation produise d’abord la disposition, de sorte qu’elle puisse produire ensuite les attaques.
M. François-Franck , (i) provoqua des attaques réflexes, chez des chiens, une fois par l’irritation de la dure-mère et deux fois par excitation électrique du bout central du nerf pneumo-gastrique. François-Franck fait remarquer que, dans ses expériences, tant la dure-mère que le nerf pneumo-gastrique ont été nombre de fois irrités de la même manière, sans qu’une attaque en fût la conséquence.
Aussi les trois chiens chez lesquels ces irritations
(i) Leçons sur les fonctions motrices du cerveau, Paris, 1887, p. 119 et suivantes.
ÉPILEPSIE RÉFLEXE
furent suivies d’attaques, étaient-ils prédisposés. L’un d’eux avait déjà subi plusieurs excitations corticales suivies d’attaques épileptiques. Les deux autres, dit François- Franck (i), « étaient d’une grande sensibilité, très irritables; et pouvaient être considérés comme comparables à ceux qui ont déjà été mis en état de surexcitation bulbomédullaire par irritation du cerveau. »
Dans le cas d’excitation de la dure-mère, l’attaque débuta par les muscles de la face et du cou du même côté, et François-Franck insiste sur ce caractère, que les convulsions localisées de l’épilepsie réflexe se produisent du même côté que l’irritation, et il en fait un point important pour le diagnostic entre l’épilepsie corticale et l’épilepsie réflexe.
Du reste, M. François-Franck ne veut pas établir une différence fondamentale entre l’épilepsie corticale et l’épilepsie provoquée par des excitations périphériques. Voici ses propres termes sur ce qu’il en pense :
« 11 n’y a vraisemblablement qu’une différence de
degré entre l’activité épileptogène du cerveau et celle des surfaces sensibles périphériques : on provoque à coup sur une attaque par une excitation corticale suffisante ; tandis que c’est par exception que l’attaque survient sous l’influence de l’irritation périphérique; mais, au fond, ce sont les mômes appareils nerveux centraux qui sont sollicités dans les deux cas, très activement dans le premier, moins vivement dans le second : en cela nous paraît consister toute la différence. »... (2).
11 y a des auteurs qui n’admettent pas la nature épileptique des attaques convulsives par irritation périphérique. Dans la littérature on trouve sans doute sous le nom d'épilepsie réflexe beaucoup de cas qui n’ont rien
(1) Loc. cit., p. 122.
(2) Loc. cit., p. 122,
lliilliigei’. — 8.
II4 DE LA NATURE DE l’ÉPILEPSIE
de qommuç avec l’épilepsie vraie. Mais d’autre part il y a beaucoup de cas d’épilepsie réflexe qui ne se distinguent en rien de l’épilepsie dite idiopathique.
Il en est de l’épilepsie réflexe comme de’ l’épilepsie de n’importe quelle origine : les ■ attaques ne sont pas toujours typiques. Mais les attaques provoquées par irritation périphérique s’éloignent moins souvent du type que les attaques d’origine corticale, et il y en a qui correspondent parfaitement à la description de l’attaque classique.
Quant aux conséquences immédiates et éloignées des attaques, il est intéressant dé noter qu’on ne trouve guère de paralysie post-épileptique après les attaques d’épilepsie réflexe. Au contraire, l’influence des attaques sur les fonctions psychiques, dont on a voulu faire un argument pour l’origine corticale de l’épilepsie, est la même dans l’épilepsie réflexe que dans l’épilepsie corticale et dans l’épilepsie dite idiopathique.
Dans le cas de Koeppe et Schwartze, par exemple, ^(tableau II, n° 7) les attaques étaient kccompagnées de troubles psychiques transitoires, et l’pn trouve souvent notée une altération du caractère et des fonctions intellectuelles pendant la durée d’une épilepsie réflexe. Si l’on ne trouve que rarement les plus hauts degrés d hébétude intellectuelle dans l’épilepsie réflexe, c'est que les cas dont l’origine réflexe est prouvée par la guérison après l’enlèvement de la lésion irritante, n ont généralement qu’une durée relativement courte.
J’ai cité dans le tableau II (n- 2 et 30) deux cas qui me sont personnels, et dans lesquels les malades étaient réduits à l’imbécillité ou à l’idiotie apparente. -Quoiqu une guérison définitive ne fût obtenue dans aucun de ces cas, l’origine réflexe pe me semble pourtant douteuse. Il s en faut de beaucoup que les épilepsies réflexes soient toujours guéries par la suppression de 1 irritation périphérique.
ÉPILEPSIE RÉFLEXE'. U5
surtout quand la maladie est de vieille date. Et, dans les cas cités, l’effet du traitement de la lésion me paraît incontestable.
Les cas où la suppression de l’irritation périphérique a amené la guérison, sont trop nombreux pour qu on puisse révoquer en doute que l’irritation soit la cause des attaques.
Cependant, on pourrait dire que l’irritation périphérique ne provoque pas directement les attaques, mais qu’elle produit et entretient dans les centres nerveux un état d’excitabilité exagérée, dont les attaques sont des symptômes. Sans doute l’irritation produit, dans beaucoup de cas, l’excitabilité nécessaire pour la provocation des attaques. Mais il y a assez de cas où, l’individu étant prédisposé, l’irritation périphérique provoque des attaques dès son début. Et il y en a en outre beaucoup de cas où les attaques peuvent être produites à volonté par irritation d’un point, ou d’une zone, de la surface cutanée ou muqueuse : zone épileptogène.
Hessler (tableau 11, n° .8) provoqua une attaque par l’introduction d’une sonde dans la trompe d’Eustache, Schurig (n° lo) par instillation d’une solution alcaline dans l’oreille malade et par l’extraction du corps étranger, et Katz (i) dit avoir vu se produire des attaques à la suite d’injections d’eau tiède dans le conduit auditif, llamilton (2) a observé un cas où des attaques épileptiques bien caractérisées furent provoquées par injection d’eau ou par insufllation d’air dans l’oreille, llack (3) nous rapporte le cas d’un homme souffrant d’une pharyngite
(1) Ein Eall von Relle.xepilepsie ausgehend von eincm Fremdkôrper im iiusseren Gehôrgang. Berliner klin. Wochenschrift, 1S80, p. 167.
(2) A Contribution to the Study of Auditory Epilepsy. New-York Medical Record, 1878, N. 6.
(3) Reflcxncurosen und Nasenleidcn. — Berliner klin. Wochensohrift- 1882, p. 379.
ii6
et d’attaques épileptiques. Les attaques ne survenaient que toutes les deux ou trois semaines, mais après une cautérisation elles se produisaient journellement pendant huit jours pour devenir ensuite de plus en plus rares. Dans le cas de Schneider (tableau 11, n“ i6) une attaque fut provoquée en touchant avec la sonde une petite tumeur du cornet inférieur, et Cochrane (n° 17) provoqua une attaque isolée par le tamponnement de la narine, le tampon étant mouillé d’une forte solution de perchlorure de fer.
Draper (i) produisit une attaque par introduction d’une sonde dans le conduit naso-lacrymal.
Schuchardt (2) a vu une attaque se produire à la suite du lavage de l’estomac, et Proust (3) a rapporté deux cas où « un repas mal digéré et non mastiqué » fut suivi d’une attaque isolée.
Marshall Hall (4) rapporte une observation de Denmann qui essaya, dans un cas d’éclampsie, de dilater 1 orifice de la matrice en y introduisant un doigt. Denmann observa qu’il provoquait des attaques par ces tentatives de dilatation. Wernick (5) a provoqué chez une femme non épileptique une attaque épileptique bien caractérisée par une injection intra-utérine. Wernick cite d après Hecker le cas d’une éclamptique chez laquelle une attaque fut produite par scarification des lèvres majeures, et dans le cas
(1) Epilepsy from Probing.British Medical Journal 1882. Jan. 24. Erlenmeyers Centralblatt. 1882, p. 290.
(2) Epileptiforme Anfâlle bei Magenerkrankungen. Jahresversammlung des Vereins deutscher Irrenarzte zu Frankfurt a. M. 9 Avg. 1881. Allg. Zeitschrift f. Psychiatrie Bd. 38. p. 708.
(3) Troisième congrès de médecine mentale tenu à Blois du i au 6 août 1892. Semaine médicale 1892, p. 326.
(4) Ueber die Krankheiten und Stôrungen der Nervensystems. Aus dem Englischen von Dr. F. J. Behrend. Lpz. 1842, p. 372.
(5) Zur Aetiologie eclamptiformer Anfâlle. Berliner klin. Wochenschrift, 187g, p. 5o5 .
ÉPILEPSIE RÉFLEXE
d’Usher Somers (tableau II, n“ 33) l’exploration digitale en produisit une.
Dans le cas de Bokai (tableau II, n° 36) la première attaque fut provoquée par l'incision d’un abcès de la paume, et après cicatrisation de la plaie de 1 incision, des attaques furent provoquées par pression sur la cicatrice. Dans le cas de Seeligmüller (tableau II, n“ 3g), c’était encore la pression sur une cicatrice qui provoquait des attaques ; dans celui de Dirmoser (tableau II, n° 38) c’était ia pression exercée sur l’extrémité acromiale de la clavicule fracturée et non consolidée.
Dans un cas de Hadden (tableau II, n° 43) où l’épilepsie se produisit à la suite d’une lésion du nerf sciatique, une attàque fut provoquée par tension de ce nerf, due à flexion forcée de l’articulation coxo-fémorale. "Vetter (i) cite du professeur 'Weber un cas très intéressant, dans lequel la cicatrice, suite d’une lésion du doigt, était le point épileptogène. Quand on frottait lentement la cicatrice, il se produisait d’abord des convulsions localisées, sans perte de connaissance, commençant par le doigt lésé et atteignant successivement la main, le bras et la tête. Ce lut alors que le malade tomba et que l’attaque épileptique se déclara, une demi-minute environ après l’application de l’irritation. Un coup violent sur la cicatrice, au contraire, était suivi immédiatement de la chute, en sorte qu’il n’y avait pas d’intervalle appréciable entre l’excitation et l’attaque épileptique.
Tous ces cas prouvent que les attaques sont provoquées par l'irritation périphérique. Et en parcourant le tableau II, on trouve sans difficulté la réponse à la question de savoir de quelle partie du corps les attaques peuvent être produites. On voit des attaques produites
(i) Ucber die Reflexc als diagnostisches Hilfsmittel bci schweren Erkrankungen des centralen Nervensystems. Volkmanns Sammlung klin. Vortrâge, n* 261, p. g.
ii8
DE' LA NATURE DE l’ÉPILEPSIE
par des lésions irritatives de tant de points différents de la' surface cutanée et des membranes muqueuses, qu’on a le droit de conclure que, le cas échéant, 'n’importe quel point de ces surfaces peut devenir un point épileptogène.
Les altérations pathologiques provocatrices d’attaques sont de différente nature, mais elles ont cela de commun qu’elles sont des lésions irritatives.
Nous apprenons en outre par le tableau que les lésions doivent, dans la plupart des cas, exercer leur influence irritative pendant un temps plus ou moins long avant que les attaques se produisent. Dans les quelques cas où, dès le début, l’irritation se montre capable de provoquer des attaques, les individus sont prédisposés.
Dans le cas de Marowsky (tableau II, n° 3) le malade était nerveux et irritable, le malade de Seeligmüller (n“ 3g) était héréditairement disposé, et dans les cas de Finger et de Cochrane (n°" 32 et 17), la disposition était produite par une perte de sang.
Dans les cas de Kelp (n° 5) et de Küppe (n° g), l’oreille dont l’irritation par un corps étranger produisit les attaques, était depuis quelque temps le siège d’une lésion irritative, en forme d’, otite. Chez le malade de Schwartzkopff {n° 12), le plombage suivi, au bout de dix jours, d’attaques épileptiques, fut pratiqué sur une dent depuis quelque temps cariée et douloureuse. Chez le malade de Bokai (n“ 36), .l’incision provocatrice d’une attaque fut faite dans un abcès. Dans ces derniers cas, ' l'irritation dont l’attaque fut la conséquence immédiate ou survenant au bout de peu de temps, avait été précédée d’une autre lésion irritative, exerçant son influence à partir du même point, conséquemment par les mêmes nerfs centripètes.
Quant à l’explication des effets de l’irritation, il faut ici, comme en parlant de l’épilepsie corticale, faire une dis-
ÉPILEPSIE RÉFLEXE
titiction entre les convulsions localisées et les attaques épileptiques.
Quand il y a des convulsions localisées elles se produisent du côté de la lésion, comme dans les cas d épilepsie réflexe expérimentale de Brown-Séquard et de François-Franck. Et elles se produisent — d’accord avec la loi des actions réflexes motrices , formulée par Pflüger (i) — d’abord dans les muscles dont les nerfs ont leur origine au niveau de l’origine des nerfs sensitifs irrités. L’irritation étant plus forte ou plus prolongée, les effets moteurs peuvent se produire, par irradiation, dans d’autres muscles du même côté et de l’autre côté du corps.
On pourrait donc à la rigueur comprendre que les convulsions réflexes pussent se généraliser par conséquence immédiate de l’irritation périphérique. Mais pour que les convulsions générales de l’épilepsie réflexe pussent être expliquées de cette manière, il faudrait que les convulsions cloniques s’étendissent successivement d’un groupe de muscles à l’autre. Ür, on ne trouve jamais mentionné, dans les observations d’épilepsie réflexe, que les convulsions se soient généralisées de cette manière. Dans la plupart des cas les attaques sont appelées épileptiques ou épileptiformes, et dans les quelques cas où il y a une description des attaques, il s’est produit, après les convulsions localisées, une attaque épileptique complète : perte de connaissance et convulsions générales, d’abord toniques et puis cloniques (2).
Ici, comme dans l’épilepsie corticale, l’interposition d’une phase tonique entre les convulsions cloniques loca-
(1) Die sensorischen Functionen des Rückenmarks der Wirbelthicrc nebst eincr neuen Lehre über die LeituOgsgesetze der Rellexionen. Berlin, 185-5, p. 77.
(2) Voir par exemple les observations de Schwartzkopfï cl de Liebcrt (tableau 11, n»' 12 et 13).
120 DE LA NATURE DE l’ÉPILEPSIE
Usées et génépàlisées vient s’opposer à l’explication par une simple propagation des convulsions.
Et comfnént, sans avoir recours à la théorie de l’anémie, expliquer la perte de connaissance Nous n’avons pas ici une décharge des centres cérébraux , et les convulsions d’origine médullaire et bulbaire ne sauraient expliquer directement la perte de connaissance. En outre, l’épilepsie réflexe peut se manifester aussi par des attaques de petit mal, par des pertes de connaissance sans convulsions ou accompagnées de quelques légers mouvements convulsifs.
Il faut encore remarquer que les cas où les attaques épileptiques sont précédées de convulsions localisées, sont des exceptions. La plupart des attaques d'épilepsie réflexe ne se distinguent en rien des attaques d’épilepsie dite idiopathique .
En considérant les cas où l’attaque est la conséquence immédiate de la première application de l’irritation, nous trouverons ordinairement des cas d’épilepsie vulgaire. Dans le cas de Marowsky, par exemple, où l’incision d’un abcès de la joue, chez un jeune homme prédisposé, provoqua une attaque isolée, cette attaque était caractérisée par pâleur de la face, dilatation des pupilles, perte de connaissance, chute, convulsions d'abord toniques et puis cloniques.
Non seulement il n’y a pas d’autre théorie que celle de l’anémie qui puisse donner l’explication de la provocation des attaques par irritation périphérique, mais je ne connais pas d’autre tentative d’une explication.
Par la théorie de l’anémie tout s’explique, perte de connaissance et attaques complètes.
Si dans l’èpilepsie réflexe la théorie de l’anémie est le moins fondée sur des expériences, d autre part c est là qu’on peut le moins se passer d elle.
Étant donnée l’analogie entre l’épilepsie corticale et
ÉPILEPSIE RÉFLEXE 12 I
l’épilepsie réflexe, il est du moins vraisemblable que l’irritation des différentes surfaces sensibles, la surface cérébrale et la surface cutanée, provoque des' attaques par le môme mécanisme.
Enfin, l’explication par une anémie cérébrale est d’accord avec la loi, déjà citée, de Pflüger, d’après laquelle les actions réflexes motrices se produisant loin du niveau du nerf sensitif irrité, sont toujours d’origine bulbaire (i). Il est facile de comprendre que, le centre vaso-moteur étant dans un état d’excitabilité exagérée, l’irritation de n’importe quel nerf sensitif peut produire, comme action réflexe, une constriction des vaisseaux.
J’ai déjà accentué les expériences de Nothnagel, qui prouvent qu’une irritation périphérique peut produire une anémie cérébrale et, chez des individus prédisposés, une attaque épileptique.
S’il n’est pas prouvé que les irritations périphériques, dans l’épilepsie réflexe, provoquent les attaques par 1 intermédiaire d’une anémie cérébrale, il faut donc avouer que tout parle en faveur de cette théorie et que rien ne parle contre elle.
(i) Loc. cit. p. 78.
« Tritt aber dcr Rellex in Motoren auf, welche entfernt und selbst sehr entfernt von dem Niveau der gereizten Emplindungsnerven liegen, so sind die reflectorisch erregten Motoren stets solche, welche aus der .Medulla oblongata entspringcn. »
NUMÉROS
TABLEAU
SOURCES OU SONT PUISEES LES OBSERVATIONS
De Yong. Épilepsie réflexe ou symptomatique.
— Bulletin de la Société de médecine mentale de Belgique. N* 29, 1883 .
Obs. personnelle.
Marowsky. Zur Frage über das Wesen der Epilepsie. — Deutsches Archiv für klin. Medicin.
1867. Bd. 3, p. 615.