CONCLUSION
I. Une fois noire opinion sur l'origine et la nature du choléra reconnue exacte (§§ 30 et 31), le mystère de cette maladie disparaîtra de luimême. On trouvera alors parfaitement naturel et compréhensible :
a) Son existence endémique dans quelques localités et son absence dans d'autres (§ 29).
h) Sa manière de se propager , de s'étendre par l'intermédiaire des localités basses et dans la direction opposée aux vents , tout en épargnant les lieux élevés.
c) La rapidité avec laquelle , le plus souvent, l'épidémie se développe et disparaît.
d) L'action reconnue salutaire ou nuisible dans le choléra, des agents énumérés dans les §§ 12el 13.
e) La prédominance du caractère asphyclique ou typhoïde , déterminée par les conditions que nous avons exposées dans le § 28, not 52.
f) La nécessité de traitements différents, selon les caractères distinctifs expliqués dans les §§ 24, 25, 26, 27 et 28.
g) La différence souvent diamétralement opposée des effets que produit le même traitement appliqué à des cas différents.
h) La disposition prononcée au choléra que présentent quelques individus, et, au contraire, l'exemption presque absolue dont jouissent d'autres personnes à cet égard (§ 6).
IL Nous avons dit que le choléra épidémique a pour cause première un excès de pression atmosphérique, et pour cause immédiate un excès de carbonisation du sang qui résulte d'une circulation imparfaite. Il s'ensuit qu'on se prémunira du choléra en recourant aux agents qui soutiennent l'énergie de la circulation et de la respiration
(§ 12), dès qu'on observera un ralentissement du pouls semblable à celui décrit dans les §§ 24, 28 et 29. Ces agents doivent , sous ce rapport, être considérés comme préservatifs.
III. Quant à la promptitude dont il faut user dans l'administration des agents qui préviennent ou combattent le choléra , nous ne pouvons que répéter ici le quam citissime utitor déjà recommandé dans la même maladie par Hippocrate , en ajoutant toutefois qu'il faut se servir de ces agents sans hésiter , quand même les symptômes ne seraient qu'équivoques. Car un traitement préventif ou formel, appliqué même sans nécessité, ne sera, dans aucun cas, aussi funeste que le choléra consommé , qui équivaut à l'anéantissement de la circulation.