INTRODUCTION
Le psoriasis, dit NIELSEN, peut être ordinairement regardé comme une maladie pandémique. Herra avait déjà fait remarquer qu’on le trouve dans toutes les parties du monde et peut-être dans toutes les races humaines. S'il semble douteux que les affections décrites par Hirscx en Polynésie, chez les Indiens du Brésil soient du psoriasis véritable, si chez les nègres la maladie semble rare {(Morison}; par contre, on la rencontre fréquemment chez les Juifs (B.-SoumrEr), dans les pays du Nord (8,1 pour 100 des maladies cutanées en Islande), dans l'Amérique du Nord (3,28 pour 100 des maladies cutanées d’après J. Wire); enfin, NIELSEN, se servant des statistiques existantes sur les rapports de fréquence du psoriasis avec les autres maladies cutanées dans plusieurs grands États de l'Europe a trouvé, sur 15.376 cas d’affections de la peau, 993 cas de psoriasis, soit 6,5 pour 100.
Pour expliquer cette vaste expansion du psoriasis, doit-on, comme l’a prétendu Bazmanno SQuiRRE, dire que le psoriasis est une endémie asiatique, dont le peuple juif a été l'agent de dissémination? Ce peuple, que déjà les Pharaons chassèrent de leur empire par
Et
crainte de la lèpre, comme nous le rapportent Pzu- TARQUE, Jusrin et TacirE, s’en serait-il allé, errant et misérable, dénué des choses les plus nécessaires à la vie, répandre le psoriasis, le long de grandes voies maritimes et fluviales dans tout le monde connu des anciens ?
Tout ce qu'on peut dire, c’est que dans les temps antiques, le psoriasis a fait partie du chaos où étaient entassées :
i° Une foule d’affections squameuses réunies sous le nom de Aenpar de Aeris-10os, écaille, mot rendu dans les traductions latines par leprae et dans les traductions françaises par dartres.
2° Des éruptions souvent accompagnées de prurit, dopa, de Lw, je gratte, qui comprenaient entre autres, le lichen, le prurigo, l’impétigo ;
3° Des efflorescences cutanées survenant surtout sous l'influence des saisons et affectant parfois un caractère épidémique, etappeléeslaymes, de umvyw, je lèche (impéligo, dartres).
Car, HippocraTE, CELSE, ARCHIGÈNE et ARTIUS, PAUL d'Egine, distinguent plutôt des groupes, des catégories d’éruptions, que des formes éruptives bien déterminées.
Les auteurs arabes et de la Renaissance ne font que répéter avec plus ou moins de clarté ce qui avait été dit dans l'antiquité.
I faut arriver à la fin du xvimi siècle, à Wizcan, pour trouver un essai de différenciation des genres dans les maladies cutanées. Celui-ci établit dans son
one genre des squames deux espèces distinctes : le psoriasis et la lepra vulgaris.
Après lui, sans sé préoccuper beaucoup de la nature du psoriasis où sans faire sur elle que des hypothèses d'ordre purement philosophique, les auteurs s’applhquent surtout à savoir si le psoriasis et la lepra vulgartis sont des affections différentes.
Thomas BarEman, élève de WicLan, CAZENAVE et SCHEDEL, RAYER, DEVERGIE insistent sur la nécessité de distinguer le psoriasis de la lepra vulgaris.
ALIBERT, GIBERT, MARTIN, S. PLUMBE et Durri, Freury, ScHoNLeIN confondent avec raison les deux affections. La lepra vulqartis n’est autre que le psoriasis cireiné.
Mais si la lèpre vulgaire n’est qu'une forme du psoriasis, qui n a rien de commun avec la véritable lèpre qui nest autre que l'éléphantiäsis des Grecs des anciens dermatologistes, l’éléphantiasis des Arabes élant une affection tout à fait différente des précédentes auquel on réserve exclusivement aujourd’hui le nom d’éléphantiasis, 1l n’en est pas moins intéressant de noter que le mot lèpre éveille à l'esprit l’idée d’une maladie terrible, hideuse, mutlante et contagieuse ; que le malheureux psoriasique, il y a cinquante ans à peine, pouvait être appelé lépreux et fut certainement dans les temps anciens l’objet des mesures sévères et souvent barbares édictées contre les lépreux.
Le psoriasis bien défini, il fut possible aux auteurs de chercher sa cause* pathogénique ; alors, parallèle-
! Pour éviter un malentendu qui se produit d'une manière
En pee
ment évoluèrent, touchant la nature du psoriasis, diverses théories que nous nous proposons d'examiner dans cette étude ainsi divisée :