AUDE
Nous commencerons, tout d’abord, par étudier les lésions de la névrite optique, pour terminer par celles, plus complexes, de la myélite.
1e Lésions du nerf optique. — Beaucoup des auteurs qui ont eu la bonne fortune d’autopsier des sujets ayant, pendant leur vie, présenté les phénomênes de la névrite optique double, se contentent, à propos des lésions du nerf optique du terme vague d'inflammation. Peu ont essayé de pousser des recherches plus précises. Gault constate que Fuchs, un des premiers, parle de névrite dégénérative, c'est-à-dire d’atrophie. Dans l'observation qu'il publie, Drechsfeld insiste sur un point de sclérose à l'extrémité périphérique du nerf optique. « L’extrémité périphérique des nerfs optiques, dit-il, présentait une masse d’un tissu presque entièrement fibreux et comprenant, en outre,de nombreuses cellules embryonnaires entre les fibres nerveases qui n'étaient pas, cependant, autrement altérées. Pas d'hémorrhagie appréciable ou de congestion des vaisseaux sanguins. Ces troubles ne s’étendaient pas, dans la rétine, au delà de la papille ». On voit donc, qu'en somme, les troubles nerveux, chez lui, n'étaient nullementaltérés. Achard etGuinon, Devic, chacun dans leur observation personnelle, constatent, pour la première fois, une disparition presque complète des tubes à myéline. Seulement pour Achard et Guinon, les tubes à myéline auraient disparu partout, sauf à la périphérie, où l’on constatait quelques faisceaux offrant l'aspect norma!.
LCA VE
Dans le cas de Device, au contraire, c'est à la périphérie que les lésions semblent le plus marquées et dans presque tous les tubes qui possèdent un peu de leur gaine de myéline, celle-ci est-elle encore discontinue et nettement fragmentée.
Tous deux signalent encore, dans les cloisons péri-fascicülaires, la présence de nombreuses cellules qui, entourant les vaisseaux, même les plus fins, distendent les espaces péri-vasculaires.Ces cellules, sous l'influence des réactifs colorants de la graisse et de la myéline, prennent une teinte qui rappelle celle des corps granuleux. Quant à l'étendue des lésions, il n’en est fait nullement mention.
Seuls Achard et Guinon constatent que leslésions se continuent jusqu'au niveau des bandelettes optiques.
Dans notre cas personnel, on trouve également les mêmes lésions : sur de trés fines coupes longitudinales, il ne reste plus trace de fibres nerveuses à
myéline, et l’on voit nettement des cellules granu-
leuses, colorées en noir par l’osmium, infiltrées dans un stroma névroglique assez dense.
Bielschowsky a fait une étude minutieuse de ces lésions dans quatre cas qu'il eut à examiner.Il insiste sur leur distribution topographique au niveau des voies optiques qui, sur toute leur longueur, sont plus ou moins altérées. Il trouve, toutefois, que le maximum des lésions prédomine en avant du chiasma. Enfin, il insiste tout particulièrement sur leur aspect micrographique.
Katz trouve, à l’autopsie, un nerf fortement ré-
RTE duit dans son épaisseur et son volume, mais aucune trace de périnévrite. Microscopiquement le centre du nerfoptique était plus altéré que la surface, et cette altération consistait également avant tout, en une destruction des fibres nerveuses. Aussi Katz voit-il, là, une inflammation parenchymateuse du nerf optique analogue à celle qui complique souvent l’ataxie locomotrice, et il suppose, ainsi que nous le verrons dans la pathogénie, qu'une cause nuisible, inconnue encore, va porter son action et sur le nerf optique et sur la moelle épinière.
D'après ce que nous venons de dire, on voit donc que les renseignements sont assez vagues et ne permettent pas d’être très affirmatif sur le siège exact etle mode de propagation des lésions. Nous verrons, toutefois, dans un instant, et nous insisterons, sur Ce point intéressant, que, dans notre observation, il y avait une véritable encéphalite diffuse formant, en quelque sorte, comme un trait d'union entre les lésions médullaires diffuses et les lésions des nerfs optiques.
Voyons maintenaut quelles sont les lésions constatées au niveau de la moelle.
20 Moelle. — Dans toutes les observations publiées on voitque au niveau de la moelle, il n’y a nulment des altérations cellulaires fines, des lésions systématiques de la colonne grise (telles qu’on les voit dans les poliomyélites), mais des altérations grossières, analogues, à celles rencontrées dans les
LD EMAER myélites diffuses les plusaiguës, c'est-à-dire des zones de ramollissement, des foyers de nécrose avec ou sans aspect cavitaire.
Dans l’observation de Dreschfeld on lit que la portion périphérique de la moelle formait une sorte d'enveloppe centrale, qui était convertie en une masse molle rougeâtre, pouvant être séparée de la périphérie sous forme d'un cylindre ;un peu plus haut on trouvait encore une masse ramollie occupant la moitié droite de la moelle. Il en était de même dans l'observation de Sharkey,dans la nôtre, où la moelle, au niveau de la région dorsale inférieure, était réduite à un étui pie-mérien renfermant quelques débris ramollis et diffluents. La coupe montrait, en effet, un intérieur entièrement ramolli etcomme tunnellisé sur une hauteur de troisà quatre centimètres. Aux limites supérieure et inférieure des altérations on distinguait encore la zone d’extension des foyers myélitiques, pénétrant le renflement lombaire sous forme d'ilots jaunâtres en voie d'effritement et de ramollissement.
Donc altérations médullaires grossières, nettement visibles macroscopiquement, telles qu’on les voit d'ordinaire dans la myélite diffuse aiguë, voilà ce que l’on constate. Il est à remarquer seulement : que les lésions prédominent généralement au niveau du renflement cervical ou du renflement dorso-lombaire
Quant aux lésions microscopiques elles sont varia- L'es. Toujours, cependant, les lésions médullaires sont extrêmement diffuses.