‹ De la noblesse et des récompenses d'honneur chez les RomainsChapitre 48 sur 147 · Orell · texte numérisé non relu

Orell

de décurion, de duumvir juridique, ce titre de chevalier de la cité souveraine*. Enfin, il n'est guère énoncé que dans les monuments des hommes qui ne se sont point élevés au delà des miUces équestres, ou pour qui c'est l'unique honneur ^

L'ordre des chevaliers, même dans les six escadrons, n'avait rien de militaire que le costume de cérémonie et les souvenirs de. l'ancien temps. Il comptait seulement dans l'état civil, et si peu dans l'armée, qu'un vétéran qui obtenait un congé honorable sortait de la milice en entrant dans les rangs des chevaliers ^ On a même pris soin de noter, dans certaines inscriptions, que tel chevalier a fait un service militaire*.

Dans les six escadrons était l'élite de la jeunesse romaine; la génération qui s'élevait pour succéder aux magistrats, aux généraux, aux sénateurs; et les empereurs, à l'exemple d'Auguste, prenant pour eux-mêmes les titres de princes du sénat, donnèrent à leurs héritiers

1. Obell., 493, 3048; L. Renier, Mél. épigr., p. 2H, 215, 216.-

2. Orell., ii85, 1548. Voy. la table du 3« voL de M. Henzen, au mol Eques romanus, p. 88.

3. Ex militia in equestrem dignitatem translato, Orell., 3049. Victori centunoni îegionario ex équité rom., 3733.

4. Eques rom. a militiis. — EquUi rom. militiis équestribus exomato, L. Renier, MéL épig. Disserl. 10*, n°* des insc. citées 1, 12, 23,

présomptifs celui de princes de la jeunesse *, c'est-à-dire de l'ordre équestre, éminemment représenté par les six escadrons.

Il y eut donc, sous l'empire, une sorte de noblesse de chevalerie, aristocratique par les privilèges et l'hérédité ^ démocratique par l'immixtion incessante des plébéiens enrichis ; et la plèbe romaine envoyait aux classes supérieures plus d'affranchis que d'ingénus ^ L'esclave, par son affranchissement, faisait souche de citoyen à la seconde génération, de chevalier à la troisième. L'empereur pouvait, mais avec lé consentement du patron *, dans les cas ordinaires, autrement par acte de pouvoir absolu, conférer l'anneau d'or à l'affranchi. L'histoire cite deux

i. Tac, Awn., I, 3 ; Orell., 726, 743 ; Henz., 5538, 5546.

2. « Pour résoudre ces questions (philosophiques), dit Sénèque. De benef., IH, 7, on ne prend pas de juge parmi ceux que Thérédité équestre a fait inscrire sur le tableau. » La noblesse équestre était transmissible aux femmes comme la noblesse sénatoriale. « Les femmes peuvent obtenir les droits de l'anneau d*or; elles peuvent aussi obtenir le droit d'ingénuité et être rendues à leur condition natale. » Dia., fr. 4, dejur. anup aur. XL, iO. On voit dans les inscriptions, equestri, equestris memoriœ fœminœ. Renier, Mél, epig., p. 289.

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