‹ De la noblesse et des récompenses d'honneur chez les RomainsChapitre 55 sur 147 · J. Capit., Pertin · texte numérisé non relu

J. Capit., Pertin

4. Pag. 71. La signification particulière du mot clarissimus comme qualification de noblesse avait dû se déduire naturellement de son sens propre et vulgaire, et prendre cours dans l'usage du monde impérial par le désir de flatter les hommes puissants. ClarUaSy c'est la lumière, l'éclat; par une très-simple métaphore^ tous les hommes placés en lumière par leur mérite furent appelés clan; puis, les hommes

tantôt vinrent s'ajouter au nom du dignitaire, avant le nom de son office, tantôt servirent à qualifier de simples particuliers et à les classer parmi les personnes considérables et privilégiées, au-dessous des chevaliers romains, une sorte de noblesse pour la province; c'étaient les titres de vir perfectissimus et de vir egregius^ le premier supérieur au second *.

Une loi du Code cite un règlement de Marc Àurèle concernant les perfectissimes^ y et Ton voit, dans une inscription qui date d'Antonin, un vir perfectissimus commandant de la flotte de VU* sène ^ Plus tard, un gouverneur de la province

élevés au-dessus des autres par la fortune et par le rang. De là : Claritas nascendi, Quintil., V, 11, 5; Claritas generis, VIII, 6, 7; Claritas natalium, Tac, Hist., I, 49. Plus Tinégalité des conditions se fait sentir, plus les petits s'évertuent à flatter les gÂnds par Temphase des expressions respectueuses ; les sénateurs étaient les clari par excellence; mais l'adulation ne se contenta pas du terme simple : elle arriva bientôt au clarissimm. Voulez-vous savoir à quel point la liberté dépérit dans un Etat ? voyez comment les hommes de classes différentes s'abordent et se saluent.

1. Deux inscriptions attestent la différence des rangs entre le perfectissime et Tégrége; Tune mentionne le rétablissement d'un aqueduc par les ordres d'uïi gouverneur de Numidie, vir Ferf., sous la direction d'un vir EgregiuSj pontife et tuteur d'une cité municipale. Renier, Insc. Alg.^ 10^. Même différence pour un autre gouverneur et un préfet de légion. Ibid., 117.

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