‹ De la noblesse et des récompenses d'honneur chez les RomainsChapitre 67 sur 147 · Honestiores · texte numérisé non relu

Honestiores

3. Humiles personœ, Dic, /V. 28, § H de pœnis, XLVIII, 19 ; Liberi humiliom conditionis; fr, 45 de injur., XL VI F, 10. Tenuiores. Tac, Ann. XVI, 5. — Un pauvre plébéien, ancien ami d'un magistrat, Tayant rencontré sur son chemin, courut pour l'embrasser. Le magistrat le fit dépouiller et fustiger par ses licteurs^ sous un écriteau qui portait ces paroles : « Plébéien, garde-toi d*embrasser un magistrat du peuple romain. » Ce magistrat terrible était le futur empereur Septime Sévère. Spart., Sever*, 2.

iU DE LA NOBLESSE

Le silence du corps du droit romain, tel que les commissaires de Justinien Font fait, peut facilement s'expliquer. Depuis la translation de l'empire à Constantinople et le triomphe du christianisme dans l'empire, Rome cessa d'être la capitale du monde, le centre et le foyer de la patrie commune, même de l'Occident; le siège du gouvernement fut tantôt à Milan , tantôt à Ravenne. De plus , les dieux lares étaient des idoles proscrites. Les aitgustales durent tomber et disparaître avec elles. Les rédacteurs du Digeste et des codes, arrangeant les textes pour les besoins du temps , en effacèrent ces souvenirs, éliminés désormais du domaine du droit, comme de la reUgion de l'Etat, et renfermés dans les monuments de l'histoire.

DISTmCTIONS DES CLASSES SUPÉRIEURES DANS LES PROVINCES

Il y eut, dans la condition de tous ces nobles des provinces , de singuliers contrastes ; comme sujets, on ne peut pas dire citoyens de l'empire , une liberté précaire et trop souvent rançonnée ; comme membres de répubUques lo-

cales, des privilèges injurieux el insolents. Leur prééminence se manifestait par Thumiliation de ce qm restait au-dessous d'eux; la hiérarchie de la servitude.

Dans une assemblée de créanciers, s'il y avait partage de voix, le juge donnait un vote prépondérant à celui qui était supérieur en dignité \ La valeur et la foi des témoignages, en matière civile et criminelle , se mesurait avant tout à l'état des personnes, décurions ou plébéiens, riches ou pauvres*. Pour l'instruction criminelle, le juge interrogeait le décurion, il mettait à la torture l'homme qui ne possédait rien ^ L'homme qui n'avait pas cinquante aurei de bien n'était pas habile à intenter une accusation ^ Le magistrat ne devait pas permettre à un plébéien d'accuser un homme en dignité de dol et de fraude ; mais il fallait adoucir les termes dans l'information et convertir la procédure en question de bonne foi *.

La différence était bien autrement frappante

i. DiG., fr, 8 depactiSy II, 14.

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