VI AVANT-PROPOS
paralysie dans un paragraphe séparé, en ayant soin de légitimer, par des raisonnements et par des faits, la distinction des espèces et le nom qui sert à les distinguer.
DE
ghe:z les aliénés.
DE LA PARALYSIE GÉNÉRALE DES ALIENES , OU LÉSION GÉNÉRALE DES MOUVEMENTS , PARAISSANT DÉ- PENDRE d'une ENCÉPHALITE CHRONIQUE, AVEC PRÉDOMINANCE DE LA PHLEG3IASIE AU POURTOUR DU CERVEAU.
L'espèce de paralysie que je vais décrire sous le titre de paralysie générale des aliénés est loiu d'être rare ; cependant , à ma connaissance , son histoire n'a pas encore été tracée en détail (i). On aurait tort de la confondre avec les paralysies qui arrivent quand il s'est formé dans le cerveau
(t) Dans une brochure où l'auteur se réfute à chaque instant, on voulant établir ce principe extraordinaire, que la plupart du temps l'aliénation mentale a pour cause prochaine une lésion physique des méninges , on a lait entrer plusieurs des signes de la paralysie générale au nombre des symptômes de !a phlcgmasie chronique des enveloppes du cerveau ; on explique ensuite la lésion générale des mouvements, par l'accumulation de sérosité qui se l'ait ordinairement dans la grande cavité de l'arachnoïde. ( M. Bayle, Nouvelle doctrine des maladies meîïiates, Paris, i8a5.)
une congestion sanguine , un épanchement sanguin , un ramollissement aigu , ou toute autre altération connue ; elle constitue bien une espèce à part , ayant ses causes , ses signes , sa marche et sa terminaison , etc. On se demande si elle peut , avec tous les caractères qui lui seront assignés, se présenter chez les personnes dont l'intelligence est saine? ou, en d'autres.termes , si elle peut avoir une existence isolée et indépendante de l'aliénation mentale? Je ne le pense pas, parceque je regarde comme une chose impossible que la raison reste long-temps intacte , quand le cerveau est aussi profondément affecté qu'il a coutume de l'être dans le cas de paralysie générale. Au contraire , cette maladie est très répandue parmi les aliénés, et elle est une des complications les plus funestes des vèsanies. Les médecins qui font une étude spéciale des affections mentales savent tous à quoi s'en tenir à cet égard , et chaque fois qu'ils sont consultés dans l'intérêt d'un aliéné, ils ont le soin d'examiner si la progression est facile et assurée , si la prononciation est exempte d'embarras^ ou accompagnée de bégaiement ; ils hésitent rarement à déclarer la maladie incurable s'ils parviennent à constater l'existence de la paralysie quelque légers que soient ses symptômes (i). Avant d'avoir ouvert un certain nombre d'indi-
(i) M. Esquirol a le premier fixé l'atlention sur ce point, et a (ignnlé la gravitô du pronostic.
CONSIDÉRÉE CHEl LES ALIENES. Q
vidus morts sous l'influence de la paralysie générale des aliénés, il était tout naturel qu'on s'attendît à trouver, à l'ouverture du crâne, quelques unes des altérations qu'on a coutume de rencontrer chez les personnes qui succombent après avoir éprouvé de leur vivant , soit des conpjestions sanguines vers la tête, soit des liémorrhagies cérébrales légères et souvent répétées ; mais l'expérience n'a pas justifié ce soupçon , et les résultats d'anatomie pathologique consignés dans cet écrit semblent établir avec une espèce de certitude que les symptômes se rattachent à la présence d'une phlegmasie chronique qui se développe dans la pulpe cérébrale et prédomine à son pourtour ; cependant je n'ai pas osé adopter sans restriction le nom d'encéphalite chronique , que la maladie me paraît mériter, et j'ai substitué à cette dénomination celle de paralysie générale des aliénés (i). Je n'ignore pas que ma locution est vicieuse ; qu'elle donne idée du désordre de la fonction , au lieu de rappeler à l'esprit l'altération matérielle qui provoque ce désordre. Mais elle est exempte d'un inconvénient grave ; elle n'érige pas en vérité démontrée une vérité qui peut'avoir besoin d'être étayée par de nouveaux faits.
(i) M. le docteur Délaye, dans sa Z)«5er/fla"on inaugurale, emploie la dénominutioD de Paralysie générale incomplète, (Paris, i" novembre i8a4.