À DE LA PARALYSIE
tance : Lu à une époque où l'intelligence n'était pas encore dérangée (quatre mois avant le début de 1 ’aliénation ), il existait déjà vers la langue un commencement de paralysie sensible pour tout le monde; 2° trois mois après l'apparition de ce symptôme (yingt-neuf jours avant le début. de
W'aliénation ), la malade était restée plusieurs heu-
res sans pouvoir parler : le même accident s'était répété deux fois dans un court délai : la première fois , le bras droit était lourd et à peine mobile; Ja seconde , la connaissance semblait complètement perdue , et l’état du sujet approchait du coma. Des émissions sanguines , pratiquées sans retard, avaient, dans l’un et'autre cas, fait disparaître presque instantanément le danger; mais l'embarras de la langue, que nous ayons signalé. plus haut, avait persisté. | Lorsque la dame C** entra dans l’ établissement, les symptômes de l’aliénation étaient on ne peut ! plus orageux : cris, emportements furieux , besoin | de détruire , etc. ; le sommeil était court; le délire | n’avait pas un moment de reläche; l’aliénée ne | voulait rien écouter : déluge de mots incohérents ; . elle rugissait en se voyant maintenue par uné cad misole et attachée sur un fauteuil. Un tel état de violence contrastait singuliérement avec tout ce qui s'était passé jusque là. En effet, depuis treizes mois que la raison était dérangée, la malade avait , toujours été calme; elle prétendait posséder des”
trésors précieux , et, dans cette: persuasion »>prodiguait le peu qu’elle possédait : on ignorait du reste la‘ cause d’un changement si rapide. L'em-
barras dela langue-fut facile à constater; de même
il fut facile de voir (et les parents n avaient pas mentionné cette particularité) que les cuisses et
| les jambes pliaient sous le poids du corps: un grand nombre de fois par jour, cette aliénée se laissait tomber en marchant. (Oninsiste sur l'usage des bains, on réitère les applications de sangsues , on prescrit des tisanes rafraïchissantes, et on surveille
le régime alimentaire. ) |
- Quatre mois de traitement ne changent rien aux
conditions de madame C* : même agitation, même bégaiement, même faiblesse des extrémités pelviënnes ; du reste , point de paralysie apparente du côté des bras ; sensibilité conservée dans toutes les régions du corps. Cette femme voit, entend,
| perçoit l'odeur de l’ammoniaque, et cherche à l’é-
viter. La maïigreur fait des progrès ; cependant le
| pouls est réoulier , les digestions ne sont pas trou-
. blées : absence de symptômes partant du ventre ou de la poitrine.
En novembre (neuvième mois de traitement),
après une journée infiniment orageuse , nous trou-
| vâmes cette aliénée dans un état qui nous semblait
. ne promettre que quelques heures de vie. Les mou-
vements volontaires étaient abolis, la malade avait
k perdu connaissance ; la respiration s’accompagnait
jh
250 | DE LA PARALYSIE, tu)
de ronflement; le décubitus avait lieu sur le dos ;: nul . signe dé sensibilité : tous cés accidents étaient suryénus d’une manière subite, On fait une forte application de sangsucs , qui diminue prompte
ment l'espèce de tuméfaction de la face : les yeux. s'ouvrent; la malade essaie d’agiter les mem=
bres, qui manquent de force pour obéir. Le lendemain, les deux bras et les deux jambes sont secoués convulsivement , la volonté ne prend aucune part à ces mouvements; on observe de la fièvre, de la chaleur à la peau ; l'intelligence est affaiblie, et l’association des idées impossible ; cette aliénée pousse des cris et s'agite d’une manière automatique : même état pendant six jours.
Le huitième jour, les mouvements spasmodiques. des membres avaient entièrement disparu 3 l'alié-
née était réduite à garder le lit, et les jambes n'a
vaient pas la force de soutenirle poids du corps; elle port les quatre membres tantôt à droite, tantôt
à gauche; mais elle ne pouvait pas les aie) Elle sentait, elle voyait, elle entendait;mais clle ne paraissait pas comprendre les questions qu’on lui adressait. Elle n’articulait aucun mot, poussait des
cris aigus, et l'agitation était excessive, On avait « de Ja peine à lui faire avaler du bouillon : des escha-
res se formaient sur différents points du corps : On
combaau bout de vingt-huit; jours.
Avant Mogrerture du cadavre, nous nous s de- 4
LS
ne Savait plus sur quel côté la coucher. Elle suc= 1
mandâmes.s’il était possible d'arriver à un diagnostie probable des altérations qui avaient produit. des accidents si variés. En récapitulant l'ensemble des symptômes cérébraux qui avaicnt été observés depuis le commencement de la maladie, nous trouvions , d'une part, les signes d'une manie aiguë, qui S était terminée par un état de démence poussé jusqu’à l’abrutissement, et s'était accOMpagnée , même avant la mort, d’une vive agitation. Il eût été téméraire d'établir des conjectures sur la nature du désordre cérébral qui avait ainsi, modifié l'état moral. Quant à ce qui concerne 4 paralysie générale , les commémoratifs apprenaient ‘que l’embarras de la langue avait d’abord existé seul, d’une manière permanente : c'est ainsi que débute souvent la paralysie générale ; mais quand elle n’est pas plus avancée, on ne connaît pas assez Ja lésion qui existe dans le crâne. Un peu plus tard, on avait noté par deux fois différentes les signes d’une compression générale, avec perte de connaissance, stupeur momentanée, etc.; on ne peut expliquer ces accidents que par la présence d'une congestion sanguine , mais cette congestion, à cause de son ancienneté, ne peut avoir laissé de. traces dans l’encéphale ; seulement il s’est | peut- -être formé, dans un cas, un léger épanchement dans l’ hémisphère gauche, attendu que le bras droita paru d’une excessive pesanteur lorsque déjà l’autre avait repris toute sa mobilité ; mais il *
est bien plus probable que ce symptôme a été oc
casioné par la congestion elle - même, qui a été plus forte dans le lobe gauche que dans le lobe
droit. Après que ces accidents ont été dissipés, la paralysie générale a existé seule. (Embarras dans
la prononciation, marche mal assurée sans symptô-.
mes généraux.) Pour nous, c’est l'indice d’une phlezmasie chronique du cerveau , phlegmasie dont le résultat sensible consiste le plus souvent en des adhérences de la substance grise avec les méninges,
etc. Reste maintenant ce qui a trait aux phéno-
mènes subits.qui éclatèrent un mois avant la mort. (Résolution des quatre membres, perte de sensibilité, promptement suivies d’une mobilité volontaire imparfaite et de mouvements cloniques ; etc.) La manifestation brusque de ces phénomènes, leur intensité, auraient pu faire soupconner d’abord la présence d’un vaste épanchement de sang; mais, au bout de quelques heures, le carus , le stertor,
disparaissent ; la résolution des membres ést rem-
placée par des mouvements cloniques d'une moyenne
étendue; le délire reparaît; la fièvre se déclare:
la commotion d'un vaste épanchement dans la pulpe |
n’est pas aussi prompte à se dissiper, et l’hémor-
rhagie cérébrale ne produit pas de mouvements cloniques des membres, mouvements qui onttant d'analogie avec ceux des animaux qui ont pris de
la noix vomique. Il faut donc encore une fois attri-
buer à la congestion sanguine les symptômes coma- |
de:
teur qui ont signalé l'invasion de cette dernière | attaque, et supposer que les symptômes inflammatoires qui ont été observés plus tard se rattachent à la présence d’une inflammation aiguë du | cerveau.
Ouverture du corps.
Tête. Le crâne n’a rien offert de particulier. À l'extérieur, la dure-mère a présenté les conditions normales.
Je porte le tranchant du bistouri sur la portion de la dure-mère qui recouvre l'hémisphère droit, et je pénètre dans la grande cavité de l’arach- ! ñoïide de ce côté; on aperçoit les circonvolutions cérébrales; un peu de sérosité s'écoule, il n'existe rien autre chose de notable.
Nous passons à l'hémisphère gauche , et nous fendons longitudinalement la dure-mère, pour mettre le cerveau à découvert; l'instrument, au lieu de pénétrer dans l’écartement des feuillets de l’arachnoïde , se trouve arrêté par un corps résistant; . en regardant avec attention , on s'aperçoit que la cavité de l’arachnoïde est obstruée par une production accidentelle ; la face externe de cette production est intimement unie au feuillet arachnoïdien qui tapisse la dure-mère. Nous exercons des tractions sur la dure-mère, nous disséquons quel- .ques brides, et parvenons à renversenles lambeaux de cette membrane; alors, on voit à découvert,
28% WADE LA PARALYSIE, +00 sur’ l'hémisphère gauche, ün vaste! coûgulum, et . qui à près d’un pouce et demi d’ épaisseur, AS
‘Ce coagulum s'étend depuis los frontal jusqu'à l'occipital. Transversalement, à partir de la faux) du cerveau, il recouvre l'hémisphère dans uneéten®) due de trois pouces; il a contracté des adhérences avec la lame cérébrale de l’arachnoïde ; mais l’union n’est pas intime , et la séparation 8 s'effectue
assez facilement. à JA
Onplonge un bistouri dans l’é paie de ce corps qui paraît albumineux ; on voit qu’on à affaire à un véritable kysté , parfaitement Organisé, ayant vécu aux dépens des deux lames de l’arachnoïde , avec lesquelles il était uni , ét contenant du sangs en partie liquide et noir, en partie solide et fibriz neux; on abandonne cè kyste et l'attention se reporte vers le cerveau.
L'hémisphiére gauche, sur lequel repose le kyste, offre. une couleur de rouille (terre sarguemine ); ses circonvolutions se trouvent affaissées et sont de beaucoup au- -déssous du niveau de celles du côté opposé : examinons maintenant la qu mère et l'arachnoïde cérébrale. |
" À droite comme à gauche , ni toute | ‘étendue de da cir conférence del encéphale , on éprouve de . la résistance en cherchant à séparer ces membra- | nes ‘des circonvolutions; sur une infinité de points, | la substance corticale sé laisse aracher plutôt que
Lu
d abandonner Ja pie-mère , et s’enlève par plaques
É granulées et d’une couleur rougcâtre.
Nous coupons le cerveau par tranches, en commençant par la substance grise superficielle :en gé- | néral'cette substance CORRE sa couleur grise, seulement elle présente une ‘teinte violette légere, qui est bornée aux molécules les moins éloignées
de la pie- mère ; la consistance est naturelle.
La substance Blanche n'offre aucune altération
\«pparente ; elle est ferme, brillante, nullement pes
1 n'existe rien de notable dans les ventricules latéraux , dans les corps striés, les couches opti- ‘ques et dans les parties centrales du cerveau. On n'éprouve aucuné résistance en enlevant les membranes qui recouvrent le cervelet. Son paren-
chyme présente la couleur et la consistance normales,
D Le. pont de Varole, la moelle alongée , Ja » moelle vertébrale » Sont exempts d’ altérations.
\ Poitrine. Le cœur est sain. Les poumons sont perméables à leur base, leur sommet contient
quelques masses tuberculeuses solides.
Cm cs NE me
Abdomen. La membrane interne de l'estomac est décolorée : on la juge $aîne. Las cavité des in- ‘testins grêles est large, leurs parois sont flasques, “très amiincies; toutes les mémbranes : qui concourentà leur formation se: trouvent “piles et méme
EEE COS
236, DE LA PARALYSIE, ÿ
livides : ce défaut de couleur | n’est pas naturel et. semble maladif.
La couleur du cæcum forme un contraste frappant ayec celle des intestins grêles : sa membrane villeuse est rouge comme de la lie de vin; la rou-
geur est uniformément répandue, et s'arrête à J’origine du colon.
\ Ce dernier intestin, ainsi que le rectum, est
resserré sur lui-même ; son canaliest comme étran-
glé par intervalles. x -
On aperçoit un kyste, gros comme une noix ;!
sur le milieu de l'ovaire gauche; ce kyste contient
un liquide transparent. | Les autres organes abdominaux sont sains.
N° XLVITI. — PARALYSIE GÉNÉRALE AU DERNIER DEGRÉ, AVEC HÉMORRHAGIE ENKYSTÉE DANS L’ARACHNOÏDE.
Progression mal assurée, prononciation obscure; monomanie. Plus tard, symptômes de compression momentanée ; la paralysie’générale augmente , et prédomine à droite. Démence; insensibilité ; mort. Kyste organisé plein de sang sur l'hémisphère gauche ; coagulum, | non organisé , sur l’hémisphère droit ; pie-mère adhérente à la su: perficie du cerveau; arrachement de la substance grise ; coloration violacée de la pulpe (1).
Nous ignorons entièrement quel a été le genre: de vie de l’aliéné dont nous tracons l'histoire.
Ilétait militaire et en activité de service ; on |’ avait
traité au Val-de-Grâce comme ayant une gastrite qui influencçait le cerveau et produisait COEUR
(1) Service de M. Royer Collard,
Là
vement Paliénation. Les sangsues qu'on avait appliquées à l'épigastre n'ayant pas guéri la ma- Jadie cérébrale, on l'avait envoyé à Charenton.
* Cet homme était âge de quarante-deux ans à peu près ; sa constitution était d’une force ordimaire ; il ayait les cheveux bruns et tenait le milieu entre le tempérament sanguin et le bilieux. Il était taciturne et paraissait profondément triste; il parlait peu, avait des idées de suicide, et «voulait mou- »rir pour éviter des espions qui l’obsédaient, et » des ennemis secrets qui en voulaient à sa vie, etc.»
Il se promenait du matin au soir: mais on avait
soin de le placer sur un sol parfaitement uni; ses ‘jambes s’'embarrassaient lorsqu'il essayait de monter un escalier et il tombait à la renverse. Ce défaut de solidité dans la progression contrastait avec le développement des jambes et indiquait un com-
mencement de paralysie générale; la faiblesse était
pren à droite et à gauche; il n’était pas facile de s'assurer si les bras étaient soumis à l'influence de la paralysie; cependant le haut du corps se cour-
bait en avant et il régnait de la lenteur dans les
mouvements des doigts; le malade bégayait; la langue éprouvait un embarras sensible. La santé
physique ne paraissait pas mauvaise; on n'aper-
. cevait aucune trace de symptômes généraux. ( Ap- plications de sangsues au cou, lavements émollients, régime peu nourrissänt , bains , tisanes délayantes. ) RREUTE
be
{ \ 1 Cdi à
258 à DE LA PARALYSIE;. #40
. AU us cd quatre mois , qui 8 ‘écoulèrent sans qu’on remarquât pi augmentation ni diminution.
dans les symptômes, l'individu présenta tout-à-
“coup, en se levant, des signes de compression du
côté du cerveau; il ne parlait plus, et ne pouvait mouvoir les membres qui étaient insensibles. On
pratiquaune large saignée ; on eut recours aux ré
vulsifs qu’on appliqua aux pieds ; au soir, le malade. put marcher et se trouvait dans les conditions Or-
dinaires. La paralysie générale n'avait pas fait de progrès, il ne restait aucune trace des accidents
du matin: il avait eu probablement une légère
congestion cérébrale.
Dans le cours du dixieme mois , on plaça cemi-
litaire dans l’infirmerie des paralytiques : il rendait ses déjections au lit; n'écoutait pas ou plutôt ne. |
comprenait plus les questions qu'on lui adressait ;
toutes les facultés intellectuelles étaient nt Ja démence était poussée jusqu'à l’ abrutissement, |
Il se promenait encore; mais ses pas étaient lents
et mal assurés, la: tête était. inclinée sur, sa paie |
trine ; le.corps,, loin d’être droit, était dévié, et penchait à droite; tout le côté droit participait
plus que l'autre à l’état de paralysie. ( Un sétOn;: 41
n la nuque.)
« {Vers les-premiers jours dé l'année suivanté, cet
äliéné 1ombait à chaque pas ; ses pieds balayaïent le |
sol, et les membres abdominaux s’affaissaient sous
le poids du corps ; l'appétit diminuait, da ‘santé à
ge
CONSIDÉRÉE CHEZ LES. Krninés. | 239
8 ’altérait : sil fallut recourir au fauteuil : des escha-
Pres se. formèrent bientôt sur toute la partie posté-
rieure du tronc. On coucha * sujet sur le côté et
“on le tint À demeure au lit. | La constipation survint aussitôt , et dl moyens
qu ‘on employa pour la vaincre ne furent suivis
* d'aucun résultat: ‘avantageux. Les jambes se pliè-
rent sur les cuisses, et tomberent dans une cor-
plète immobilité. L'individu paraissait plongé dans
‘un état de demi-stupeur dont il ne sortait jamais ;
on le pinçait fortement, il ne donnait aucune
‘marque de douleur, quelle que fût du reste la
‘place où lan explorât la sensibilité; ses bras ve-
posaient à côté de Luis et ‘par intervalle; illleur ‘imprimait quelques mouvements autbmatiquess il ‘’fut impossible de s'assurer si la paralysie: existait
- à un égal degré d’un côté et de l’autre: enfin huit
* jours avant la mort, on nota des symptômes in- :flammatoires. La peau était brûlante, l'haleine infecte, la bouche desséchée, le pouls: petit et : d’une fréquence extrême. L’exploration lx plus | soignée n'apprenail pas si ces phénomènes se rat- | tachaient à l'influence du désordre du cerveau, à l'irritation causée par la largeur et. la profon- : deur des eschares, ou enfin à l’action d’une ma- : Jadie récente des organes thorachiqnes ou abdo- * minaux. (On diagnostique un désordre général
. dans le cerveau; on pense que ce désordre existe ‘sa périphérie.) tp
Ed *
4" ù A. fs Ne | Autopsie du corps.
Lécadavre est maigre 5 des eschares gangréneu-
ses existent au sacrum et aux tubérosités ischiati-
ques: la peau du dos’ est rouge et- comme érysi- |
pélateuse. ju
Crûne. Les os ont une consistance moyenne etse. brisent sans difficulté ; la dure-mère n’adhère aucunement à leur face interne.
On ouvre la grande cavité de l’arachnoïde, a s'écoule un peu de sérosité; l'attention est aussitôt fixée sur les productions accidentelles qu'on observe à la superficie du cerveau. s
Dans toute l'étendue de l’hémisphère gauche depuis l’apophyse crista-galli jusqu’à l’occipital, d'avant en arrière, et depuis Ja faux du cerveau jusqu’à sa base, en allant de la ligne médiane vers. les côtés, la surface libre de l’arachnoïde cérébrale est recouverte par un coagulum de-près d’ un. pouce d'épaisseur; ce coagulum comprime le cer-. veau, dont les circonvolutions sont affaissées ; en faisant quelques efforts de traction, on enlève cette production accidentelle, qui n’adhère qu'imparfaitement à la membrane qui est au-dessous. On plonge un bistouri dans cette masse, qui au. dehors a l'aspect gélatineux; on rencontre un. kyste parfaitement. organisé , représentant une. vaste poche, et qui est rempli d’un sang noir, li-. quide, mêlé à des espèces de lambeaux blan-
châtres, ressemblants à du blanc d'œuf coagulé.
" Sur la convexité de l'hémisphère droit, existe
une production membraniforme, gélatineuse et
non organisée, de « cinq lignes d'épaisseur, entière-
ment solide, mais qui n’a pas affaissé les circonvo-
Jutions sur lesquelles elle repose ; cette production
| s'enlève sans aucune difficulté. Il ne s’est opéré de ce côté aucune exhalation sanguine.
Nous examinons le feuillet arachnoïdien qui
| tapisse l'hémisphère gauche ; sa couleur est brune,
comme si la matière colorante du sang contenu
dans. le kyste qui a été mentionné plus haut
eût suinté à travers ses parois et se fût propagée
à la membrane séreuse. La pic-mére correspon-
dante, adhère à la superficie du cerveau, princi-
palement vers la partie moyenne et supérieure de
l'hémisphère ; la substance grise s’enlève par plaques, qui sont violacées, d'un aspect rugueux, chagriné ; cependant la pulpe adhérente ne pré- ‘sente pas de ramollisséement sensible.
À droite, l'arachnoïdé est transparente et épaissie; la pie-mère adhère aux circonvolutions. Lorsqu'on emporte l'enveloppe qui résulte de l’adossement de la méningine et de la méningette, sur plusieurs points la substance grise se détache du cerveau dont la surface dénudée offre une teinte lie- \de-vin : la consistance n’a rien offert de particulier.
‘On coupe le cerveau par tranches, en commen-
ant par la substance grise, dont on examine la