CHAPITRE VII
Rcsnltats fourni* par l'analyse chimique.
Ces points étant bien établis, nous passons maintenant à l'exposé dés résultats auxquels nous ont conduit nos expériences de néphrotomie. Dans nos divers essais, nous avons eu recours à de l'acide sulfurique, qui renfermait 97 grammes 14 d'acide monohydraté par litre : en effet. 10 c. c. de cet acide précipités par le chlorure de baryum ont fourni 2 grammes 51 de sulfate de baryte.
21e Expérience. — Le 24 avril 1867, à 10 h. du matin, nous avons pratiqué à un chien adulte pesant 7 kilogr. une saignée de 90 c. c. de sang à la veine jugulaire externe. L'analyse du sang, commencée à 10 h. 20', fut terminée à H h. 5S'. L'appareil fut chauffé presque tout le temps à une température de 40° à 45° C. sous une pression ramenée à 1 1/2 cenlim. de l'éprouvette; à 11 h. 20' on laissa traverser plusieurs fois le sang par un courant d'air.
Après l'opération le liquide de l'éprouvette a été évaporé dans une capsule de platine et l'on a ajouté au résidu, après addition d'un peu d'acide chlorhydriquc, du bichlorure de platine et un excès d'alcool. Après quelques heures de repos, il ne s'est pas produit de précipité apparent, de sorte que nous avons conclu que le sang examiné ne renfermait pas de carbonate d'ammoniaque en quantité appréciable par ce procédé.
Le même jour, immédiatement après la saignée, on pratiqua au chien l'extirpation des deux reins. L'animal vivait encore à 11 h. du soir; mais on le trouva mort le 25 avril, à :î 1/2 h. du matin ; il était déjà roide.
22" Expérience. — A 10 h. du matin, on fit l'autopsie du chien et on recueillit 37 c. c. de sang. Nous avons introduit le sang dans le ballon de l'appareil. L'opération commencée à 10 h. y>'.'> fut terminée à midi. La température de l'appareil ne dépassa pas \o° C; mais à H h. 35' clic était descendue à 30° C. A H h. 50', on laissa rentrer l'air, puis on refit le vide; à H h. 55', on laissa de nouveau rentrer l'air jusqu'il la fin de l'opé ration.
En opérant dans les même conditions que la veille, nous avons obtenu par l'addition du bichlorure de plalinc et de l'alcool un précipité jaune, qui a laissé à la calcinalion
0 gr. 053 dp platine. Ci qui représente 0 gr. 00014 d'ammoniaque, soit environ 0 gr. 025 pour 100 c. c. de sang.
Ce qui enlève à celte analyse une bonne partie de sa valeur, c'est que le sang que l'on examinait provenait d'un animal mort depuis plusieurs heures; or les recherches de Vogel ont établi qu'il suffît de quelques heures pour amener le développement du carbonate d'ammoniaque dans le sang d'animaux morts (1).
23e Expérience. — Le 5 mai 18C7, à 9 h. du matin, nous avons pratiqué à un chien de berger adulte, pesant 19 kil. 800 gr., une saignée à la veine jugulaire externe de 120 c. c. de sang. Le sang fut placé dans l'appareil d'analyse, qui commença à fonctionner à 9 h. 20' par une température de 43° C, sous une pression de 1 centimètre à 1'éprouvctte. A 10 h. 4', chauffé l'appareil à 45° C. et laissé l'entrer l'air. A 10 h. 10', refait le vide; à 10 h. 15' rentrée de l'air, jusqu'à 10 h. 20'; à 10 h. 50' rentrée de l'air jusqu'à 10 h. 45'; on désarticule alors l'appareil. La température avait été maintenue presque constamment à 45° C.
Le volume du liquide contenu dans l'éprouvette représentait après l'opération 50 c. c. 5 c. c. ont été essayés par le réactif de Nesslcr, qui y a formé un précipité rouge d'iodhydrargyrate d'ammonium (Ani If g* \, 2 Ho).
Le liquide restant a été soumis à un essai acidimétrique ; il a exigé pour sa saturation 112 c. c. d'une solution de potasse dont 125,4 c. c. ont neutralisé d'autre part 10 ce. d'acide titré ou 0 gr. 9714 d'acide sulfuriquc monohydraté. Il aurait donc fallu employer pour la totalité du liquide de l'éprouvette 124 gr. 44 de la solution alcaline, soit 0.9G c. c. en moins du volume exigé pour 10 c. c. d'acide titré, ce qui correspond à 0 gr. 00257 d'ammoniaque, soit 0 gr. 00214 pour 100 c. c. de sang.
24e Expérience. — Le chien qui fournit le sang de l'expérience précédente fut privé de ses reins immédiatement après la saignée. Il vivait encore à 11 1/2 h. du soir; mais le lendemain 6 mai 18C7, à 5 1/2 h. du matin, il était mort eUléjà roide, ce qui nous fait présumer que la mort remontait au moins à une heure déjà.
A 9 h. 52', on recueillit 125 c. c. de son sang, pour le soumettre à l'analyse. La température fut maintenue de 58° C. à 50° C.
L'expérience commencée à 9 h. 52' fut finie à M h. 24'. A 10 h. 2C, on laissa rentrer l'air jusqu'à 10 h. 52'. A 10 h. 49', on laissa encore rentrer l'air jusqu'à 11 h. 5'. A M h. 15', on balaya le sang par un abondant courant d'air jusqu'à la fin de l'opération.
Le liquide contenu dans l'éprouvette mesurait 38.5 c. c. On en a enlevé 2 c. c. pour les soumettre au réactif de Ncsslcr, qui dénota la présence de l'ammoniaque.
Le liquide restant a été soumis à un essai acidimétrique ; il a exigé pour sa saturation I IG.84C.C. d'une solution de potasse dont 125.4 c. c. ont neutralisé d'autre part 10 c.c. d'acide titré ou 0.9714 d'acide sulfuriquc monohydraté. Il aurait donc fallu employer pour la totalité du liquide de l'éprouvette 125.25 c. c. de la solution alcaline, soit 2c. 15 en moins du volume exigé pour 10 c. c. d'acide titré; ce qui correspond à 0 gr. 00579 d'ammoniaque, soitO gr. 00i(>5 pour 100 c. c. de sang.
(1) Virchow, Palh.und Th., M. 1, p. 449.
fcB« Expérience. — Le 8 mai 1867, à 2 1/2 h. de relevée, nous avons pratique à un chien adulte pesant 10 kilogr 50 grammes, une saignée de 115 c. c. de sang à la veine jugulaire superficielle. L'analyse du sang, commencée à 2 h. 58' fut terminée à 4 h. 46'. La température oscilla entre 35" C. et 45- C.
A 3 h. 51', on laissa rentrer l'air pendant 10 minutes. On répéta cette manœuvre à 4 h. 40' et l'appareil fut démonté à 4 h. 46'.
Le volume du liquide contenu dans I'éprouvetle correspondait à 32.5 c. c. On en prit 2 c. c. pour les essayer au réactif de Nessler, qui dénota la présence de l'ammoniaque.
Le liquide restant a été soumis à l'essai acidimétrique, il 'a exigé pour sa saturation 117.5 c. c. d'une solution de potasse dont 125.4 c. c. ont neutralisé d'autre part 10 c. c. d'acide titré ou 0.9714 d'acide sulfurique monohydraté. Il aurait donc fallu employer pour la totalité du liquide de l'éprouvette 125.20 c. c. de la solution alcaline, soit 0.2 c. c. en moins du volume exigé pour 10 c. c. d'acide titre ; ce qui correspond à 0 gr. 00053 d'ammoniaque, soit 0 gr. 00046 pour 100 c. c. de sang.
26° Expérience. — Le 8 mai 1867, immédiatement après avoir fait la saignée au chien de l'expérience précédente, M. Thiernesse procéda à l'extirpation des deux reins chez cet animal. L'opération marcha très-bien, sans la moindre encombre. Le lendemain 9 mai 1867, le chien était encore assez fort pour pouvoir se promener; mais il était dans un état d'assoupissement constant.
Pratiqué une saignée de 57 c. c. de sang, que nous soumettons à l'analyse. L'opération, commencée à 9. h. 12', est terminée à 10 h. 55'. L'ébullition fut très-régulière. La température fut presque constamment maintenue de 40" à 45° C.
A 10 h. 5' rentrée de l'air jusqu'à 10 h. 11'. A 10 h. 28', nouvelle rentrée de l'air jusqu'à la fin de l'opération.
HcSBré dans un tube gradué, le liquide de l'éprouvette marquait 57 c. c. On en a pr is 1 c. c. pour le soumettre au réactif de Nessler, qui dénota la présence de l'ammoniaque.
Le liquide restant a été soumis à l'essai acidimétrique ; il a exigé pour sa saturation 255.6 c. c. d'une solution de potasse dont 242.7 c. c. ont neutralisé d'autre part 10 c. c. d'acide titré ou 0.9714 d'acide sulfurique monohydraté. Il aurait donc fallu employer pour la totalité du liquide de l'éprouvette 242.14 c. c. de la solution alcaline, soit 0.56 c. c. en moins du volume exigé pour 10 c. c. d'acide titré ; ce qui correspond à 0 gr. 00077 d'ammoniaque, soit 0 gr. 00158 pour 100 c. c. de sang.
Tels sont les résultais que nous a fournis l'expérimentation physiologique insiiiuée dans le luit d'élucider la palhogénic de l'urémie. — Comme nous le (lisions plus liant, la clinique humaine ne nous fournit pas, quand on le désire, les cas dont l'observation actuelle serait du plus grand secours dans des rocher-
ches de ce genre; le hnsard ou les opportunités d'un service hospitalier important fournissent seuls les éléments cliniques qu'il faudrait analyser.
Grâce à l'obligeance de M. le professeur Crocq, il nous a été donné d'observer ces jours derniers un cas d'éclampsie puerpérale, chez une femme âgée de 23 ans, et chez laquelle la sécrétion urinaire était complètement supprimée. Nous transcrivons ici l'histoire de ce cas, comme nous avons pu la recueillir à la clinique interne de l'hôpital Saint-Pierre :
La nommée Marie B..., âgée de 25 ans , dentellière , célibataire, n'ayant pas encore eu d'enfant, est apportée dans le service de M. Crocq, le 14 mai 1867, à midi.
Voici les seuls renseignements que nous avons pu recueillir sur les antécédents de la malade : elle est au commencement du neuvième mois de la grossesse, pendant tout le cours de laquelle elle s'est plainte de violentes douleurs lancinantes à la région hypogastrique; elles n'ont jamais été assez vives pour empêcher la marche. Par moments la malade ressentait aussi une douleur assez \ive à la région lombaire. Elle a eu des pertes blanches, mais pas d'hémorrhagie pendant sa grossesse; a eu des nausées, mais sans jamais vomir. Dans les dernières semaines de sa grossesse, elle s'est plainte de violents maux de téte, surtout à la région occipitale; elle s'est même plusieurs fois appliqué dessinapismes à cette région.
Il y a à peu près un mois que ses pieds ont commencé à gonfler; les mains et le visage n'ont pas participé à cet œdème.
La sécrétion urinaire avait diminué.
Le 13 mai 1807, vers le soir, elle se plaignit de frissons, qui durèrent environ 2 heures, et qui furent immédiatement suivis, à 8 h. du soir, de convulsions générales éclamptiques, auxquelles succéda un coma très-profond, avec respiration stertoreuse. Le coma ne cessa plus que pour faire place à de nouveaux accès convulsifs. Du 13 mai, à 8 h. soir, au 14 mai à midi, elle a eu sept ou huit accès éclamptiques.
A son entrée à l'hôpital, la face est bouffie et fortement injectée. Au niveau del'anglede la mâchoire droite, il ya un gonflement inflammatoire, très-douloureux au loucher; car dès qu'on y porte la main, la malade retire la tète. Le pouls est dur, à 142. Retard des selles. Le col de la matrice est entr'ouvert, légèrement dilatable, mais ne permet pas encore l'introduction d'un doigt.
L'urine, retirée par la sonde, est peu abondante, trouble, d'un brun sale, à réaction fortement acide, et renferme une quantité si considérable d'albumine, qu'elle se prend en une masse grumeleuse, par l'action de l'acide nitrique.
De midi à 4 h. du soir, la malade a encore huit accès convulsifs. A 4 1/2 h. du soir, on lui pratique une saignée générale de 550 à 400 grammes.
A 10 h. du soir, on applique dix sangsues aux apophyses masloïdes et on administre un gramme de calomel en quatre paquets.
Pendant la nuit du la au 16, il y eut encore sept accès.
Le 15 mai, à 7 h. du matin, M. Crocq la trouva à sa visite avec la face fortemen' injectée, la peau chaude, les symptômes de parotide très-marqués, et dans le coma le plus profond. Quand on lui parlait à voix très-haute, elle entrouvrait les yeux, mais sans parler; en approchant le doigt de ses yeux, elle ne fermait pas les paupières, ce qui nous fait présumer qu'elle ne voyait pas. Le pouls à 96 est modérément fort, tendu et résistant.
Le col de la matrice ouvert permet de sentir la tète du fœtus.
M. Crocq prescrivit une nouvelle saignée générale de 550 grammes, l'application de deux vésicatoires (0.10 x 0.10) aux mollets et l'administration de 4 grammes de seigle ergoté, pour activer la marche du travail.
Depuis 7 h. du malin à 8 1/2, elle eut encore deux accès convulsifs.
La saignée fut pratiquée à 9 h. 1/2; la malade eut encore un accès à 10 h. du matin.
L'accouchement fut terminé dans la journée par l'application du forceps. L'enfant était mort, comme on avait pu le reconnaître déjà dès la veille. — A l'autopsie du placenta, on constata dans cet organe l'existence de nombreux foyers apoplectiques, formés par des noyaux fibrineux jaunes grisâtres, du volume d'un pois à celui d'une noisette. Quelques-uns de ces noyaux contenaient un fluide purulent; l'un, d'entre eux offrait encore la couleur rouge du sang.
Dans la journée, il y eut une selle verdâtre. Il n'y eut plus d'accès convulsif.
Le 1 G mai, à 7 h. du malin, la malade est toujours dans le coma. Peau fortement injectée; les mains chaudes ; pouls peu développé, tendu, résistant, à 1 12. La région parolidienne est moins engorgée. Il y a eu trois selles vertes.
Il n'y a plus eu de convulsions.
La malade lient les yeux ouverts, mais elle n'y voit pas; à l'examen ophthalmoscopique, on peut s'assurer que le fond des deux yeux présente les taches blanches, caractéristiques de Pamaurose albuminurique. La sensibilité est revenue à la peau. Lochies sanguinolentes peu abondantes.
Le sang de h dernière saignée a fourni un caillot plus volumineux, plus solide et plus couenneux que le sang de la première.
Prescription. — Dix sangsues aux apophyses mastoïdes, et deux vésicatoires (0.10 X 0.10), à la face interne des cuisses.
Le 17 mai, à sa visite, M. Crocq la trouve en état de répondre aux questions qu'il lui adresse. Elle a dormi pendant la nuit. Le ventre est douloureux à la pression. Céphalalgie et pesanteur de téte. — 2 selles liquides.— Urines involontaires.
Prescription. — Cataplasme sur le ventre.
Le 18 mai, l'œdème des pieds a diminué. Le ventre n'est douloureux qu'à la
pression. La malade a déliré pendant la nuit. Le pouls est fréquent, à 120, résistant. — Elle ne se rappelle rien de ce qui a précédé son retour à la connaissance. Les urines sont toujours acides, alhumineuses ; mais elles renferment moins d'albumine que les jours précédents.
Prescription. — Dix sangsues à l'hypogastre. — Cataplasme émollient sur le ventre. Injection d'eau de graine de lin toutes les deux heures dans le vagin.
Le 19 mai, la malade a déliré jusqu'à minuit. A partir de ce moment, elle a dormi d'un sommeil tranquille. La céphalalgie et la pesanteur de tète ont diminué. La vue est bonne. Il n'y a plus de douleurs abdominales. Peau chaude et moite. Pouls peu développé, assez résistant, à 108. Ventre douloureux à la pression. Urines d'un jaune foncé, muqueuses, plus alhumineuses qu'hier.
Prescription. — Cataplasme sur le ventre. — 2 grammes de teinture de digitale.
Le 20 mai, la céphalalgie et la douleur de léle ont cessé. La vue est bonne. Le ventre n'est plus douloureux. La malade a déliré jusque vers minuit, après quoi elle a dormi d'un bon sommeil. Urines troubles, à réaction acide et toujours alhumineuses. — Pouls à 112.
Le 21 mai, plus de délire. — Une selle solide, — face pâle, - langue chargée, — pouls à 120. — Albumine en quantité moindre dans les urines.
Le 22 mai, plus de délire. Pouls à 108. Appétit.
Le 23 mai, les douleurs de ventre ont reparu. — Céphalalgie. — Trois selles liquides. — Peau chaude, pouls à 120. — Lingue rouge, chargée. Urines plus alhumineuses qu'hier.
Prescription. — Sous-nitrale de bismuth, 2 grammes. 8 sangsues sur le ventre. Cataplasme émollient sur le ventre.
Le 25, les douleurs abdominales ont cessé. Pouls à 88. Il y a moins d'albumine dans les urines.
Le 28, la malade circule dans les salles. Les urines ne renferment presque plus d'albumine. A partir de ce moment la malade n'a plus offert de symptômes à noter.
Le 50, elle demande sa sortie; ses urines sont normales et ne contiennent plus de trace d'albumine.
27e Expérience. — Le sang, rccueitli le IG mai I8G7 à !) 1/2 h. du matin, fut conservé dans un vase à large ouverture et soumis à l'analyse à 5 heures de relevée. Il se trouvait donc dans des conditions favorables à la formation d'ammoniaque; car comme nous l'avons vu dans nos premières expériences, il suffit que la mort date de !) à 6 heures, pour que la quantité d'ammoniaque trouvée dans le sang soit très-notable. Nous devons cependant faire remarquer ici que le sang, ayant été exposé à l'action de l'air depuis 9 1/2 beuresdu matin jusqu'à 5 heures de relevée, a peut être laissé échapper une partie de l'ammoniaque qu'il renfermait. Bien que cette supposition ne repose sur aucun fait bien établi, nous tenons cependant à en faire mention ici, pour que la signification de» résultats que nous avons obtenus ressorte clairement de l'exposé des faits.
L'opération dura environ 2 heures. Le liquide acide contenu dans Peprouvclte mesurait 88.2:25 c. e. Nous en avons soumis i c. e. à l'action du réactif de Nessler; on répéta ileux fois l'expérience et chaque fois le réactif amena à peine une légère coloration jaunâtre. La quantité d'ammoniaque contenu dans les 233 grammes 75 centigr. de sang sur lesquels on a opéré était donc à peine appréciable et dans ces conditions nous n'avons pas voulu recourir à un dosage par la méthode des volumes, qui n'aurait amené que des résultats presque négatifs.
Nous n'avons pas besoin d'insister longuement sur l'importance que présente l'histoire de ce cas au point de vue qui nous occupe. La malade élait atteinte des convulsions éclamptiques les mieux caractérisées; la sécrétion urinairc était suspendue, le coma le plus profond était le phénomène dominant dans l'intervalle des accès convulsifs. L'urine renfermait une énorme quantité d'albumine et l'examen microscopique permetlait d'y retrouver les cylindres fibrineux et les cellules épithéliales que l'on trouve constamment dans les cas de maladie de Bright.
Le sang de celte malade a élé recueilli au milieu des accès éclamptiques, et soumis à l'analyse chimique, c'est a peine s'il a présenté des traces inappréciables d'ammoniaque. D'autre part l'urine de la malade, retirée de la vessie parle cathétérisme, offrait une réaction acide très-marquée.
Dans ces circonstances, est-il admissible que la cause des accès éclamptiques puisse être cherchée dans In présence du carbonate d'ammoniaque dans le sang? — A coup sûr ce cas échappe à l'application de la théorie de Frerichs ; sans même contester les résultats que le clinicien de Berlin a observés, nous croyons ce seul fait de nature à devoir infirmer la bonté de sa théorie.
M. le docteur Hyernaux a fait analyser par M. Laneau le sang de deux sujets éclamptiques, qu'il avait reçus dans son service à la Maternité. L'analyse chimique prouva qu'il n'y avait pas la moindre quantité d'ammoniaque dans le sang de ces deux sujets. Quant à l'urée, la proportion dans laquelle elle existe dans le torrent circulatoire se trouvait notablement augmentée pendant la durée des accès éclamptiques, comme le prouvent les chifl'res suivants que le médecin de la Malernité de Bruxelles a bien voulu nous communiquer :
Avant l'accouchement. Après l'accouchement.
Acide hippurique. 2.lfi2î)°/0„ 2.57!} "/„„
Lrée .... 0.1825 «jq0 0.047 °/op
Les deux cas de M. Hyernaux ne nous permettent pas plus que le cas que nous avons eu l'occasion d'observer dans le service de M. Crocq, de nous rallier à la manière de voir de Frerichs.
Le tableau suivant permettra au lecteur d'embrassscr d'un coup d'oeil l'ensemble des résultats que nous a fournis l'analyse chimique du sang dans cfs divers cas :
ut
N« Unie de d'uni, l'opération.
Quantité de
sang analysé.
Poiils <hi cliicn.
Ammoniaque trouvée avant lu uépbrolomie.
Ammoniaque trouvée après la ocpbrotomle.
1 2*avriH867. 90c.c.
2 28 — 57 ce.
5 B niai 1807. t20c.c.
■i G — lï>;>c.C.
ï> 8 — HKc.c.
7 1C — 283 Kr.
QnvntiU absolus,
7 kilogr. néant.
îd.f chien mort). —
19k.800gr, 0.002:i7
id. (chien mort). —
10 k. >iOgr. O.OOOîiô
id. —
Pour loue. e.
de sonii.
néant.