‹ De la PéritoniteChapitre 32 sur 48 · OBSERVATION XIX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIX

(Josias.)

M..., 60 ans, entré, le 17 février 1880, à Tenon. Depuis 38 semaines, douleurs abdominales vives avec diarrhée, courbature, lassitude générale.

A l'entrée, faciès souffrant, langue saburrale, soif vive, pas de vomissements, ballonnement du ventre ; douleur à la pression, surtout dans Ja fosse iliaque droite. Diarrhée; fièvre modérée ; pas de taches rosées.

Le 18, douleurs diffuses dans l'abdomen, avec maximum dans la fosse iliaque droite.

Le 20, To 3702 et 3706.

. Le 21, diarrhée moins fréquente, vomissements verdâtres, porracès. To 3705 et 37°6.

Le 22, douleur, vomissement, hoquet, diarrhée. To 3708.

Le 23, faciès hippocratique ; pouls petit, filiforme; cyanose, douleurs abdominales intolérables. To 3706.

Le 24, mort.

Autopsie. — Muqueuse stomacale amincie, congestionnée ; présente des ulcérations inégales, irrégulières, très nombreuses, circulaires ou ovalaires: mêmes ulcérations dans l'intestin grêle; dans le voisinage de la valvule on voit 4 ou

,5 ulcérations, de 5 à 6 cm. de diamètre, lapissées d’escharres gangréneuses qui intéressent Loutes les tuniques de J'inlestin,

Re ps

Ace niveau, le péritoine est lapissé de fausses membranes épaisses ; c'est de ce point précis de l'intestin qu'a dû prendre son origine la péritonite par propagation à laquelle a succombé le malade; ganglions mésentériques hypertrophiés. Rien dans le gros intestin.

OBSERVATION XX (Baudoin.)

Homme, 30 ans, entré à l’Hôtel-Dieu dans un état de prostration extrême; il est souffrant depuis 8 jours; pas de selles depuis 5 jours. Douleur aiguë avec exacerbations paroxystiques arrachant des cris au malade. Abdomen tendu, douloureux à la pression, mat à la percussion. Pas de vomissements, pas de hoquet. Langue sèche, rôtie; faciès hipposratique, cyanosé ; pouls petit, filiforme; refroidissement général. Mort.

Autopsie. — Liquide verdâtre, ichoreux, dans la cavité péritonéale. Exsudat fibrineux, reliant les anses intestinales. Dilatation considérable du cœcum, qui est mou, rempli de gaz et de liquide, non perforé; pas d’inflammation péri-cœæcale. Près de la valvule, plaque hémorrhagique avec des follicules aplatis à sa surface ; le cæœcum, très distendu, est divisé en deux parties par une dépression circulaire de la paroi de cet intestin; larges plaques sphacélées sur la muqueuse au niveau de cette dépression ; dans les points correspondants de la séreuse, congestion intense. Follicules volumineux, jaunâtres, non ulcérés, sur le colon transverse. Sur la muqueuse de la partie inférieure de l'iléon, plaques de Peyer épaissies, non ulcérées, Gacglions mésenlériques volumineux.

OBSERVATION XXI (Inédite.) (Due à l'obligeance de M. le médecin major Klein.) B., cavalier au 22e régiment de dragons, 22 ans. Entré le 28

juillet 1892, à l'hôpital militaire de Sedan, avec le diagnostic de fièvre typhoïde.

Antécédents héréditaires. — Père et mère vivants et bien por-

Di — tants; une sœur plus âgée que le malade, morte, à 24 ans, de tuberculose.

Antécéden's personnels. — Le malade à eu la scarlatine et la rougeole dans son enfance ; pas d'autre antécédent pathologique. Ni syphilis, ni alcoolisme.

Histoire de la maladie. — Le malade est robuste et bien constiluë, a toujours eu une bonne santé depuis son entrée au régiment jusqu'au 23 juillet, date à laquelle il ressent une courbature généralisée assez prononcée, sans fièvre; il entre à l'infirmerie le 23 et y est soigné jusqu’au 98; il se plaint, pendant son séjour à l'infirmerie, de céphalalgie violente, surtout dans la région frontale, de diarrhée; il a deux épistaxis le 26; abattement, torpeur; la température varieentre 370 7 le matin et 380 8 le soir.

Le 28, To du matin 380 1, pouls 90; une nouvelle épistaxis. Le malade entre à l'hôpital

A l'entrée du malade à l'hôpital, on constate de la céphalalgie, de la diarrhée (3 selles dans la matinée); la langue est effilée, rouge sur les bords ; gargouillement dans la fosse iliaque droite et douleur à la palpation; pouls dicrote, 104; To 38e9.

Le 29, le malade est très abattu; stupeur marquée; diarrhée ocre (huit selles), râles sibilants et ronflants dans les deux poumons; douleur vive dans la fosse iliaque droite; To 390 7. pouls 116 ; quelques taches rosées abdominales. On prescrit des bains à 25° toutes les trois heures ; lavements naphtolés.

Le 30, To 390 8, pouls 120, dicrote; le malade supporte bien les bains, mais l'abaissement de la température après chaque bains est peu marqué. Diarrhée abondante. Insomnie.

Le 31, la céphalalgie diminue. Même traitement.

Le 4er aoûl, amélioration légère des symptômes; trois selles seulement dans la journée; douleur moins vive dans la fosse illaque ; la température reste toujours élevée.

Le 4 on supprime les bains pendant la nuit; l'état de stupeur qu'on constatait à l'entrée du malade diminue notablement.

Dans la nuit du 6 au 7 août, le malade est pris de douleurs abdominales vives, généralisées à toute la paroi du ventre; nausées non suivies de vomissements. Glace sur le ventre.

Le 7, les douleurs restent stationnaires. To. 380 8.

STRESS

Le 8, elles ont disparu. On restreint le nombre des bains, à trois dans la journée.

La maladie continuait sa marche normale, sans aucun incident, lorsque, dans la nuit du 15 au 16, brusquement et sans qu'aucun écart de régime puisse l'expliquer, le malade fut repris de violentes douleurs abdominales spontanées, augmentses par la pression, généralisées à tout l'abdomen, mais avec maximum dans l'hypochondre droit. Pouls: 100; To : 3801; diète, glace sur le ventre.

Le 16 au matin, l'état s’est aggravé. Facies Liré, yeux excavés, nez effilé; douleur abdominale très vive; ventre ballonné, constipation; pouls pelit, filiforme; vomissements verdâtres, porracés, à deux reprises. À midi, cyanose, refroidissement des extrémités; pouls incomptable; les vomissements continuent jusqu’à la mort qui survient le 17 au malin.

Autopsie. — Cadavre peu amaigri. Ventre ballonné. A l'ouverture de la cavité abdominale il s'écoule du pus en grande abondance. L'épiploon est épaissi et infiltré. Les anses intestinales sont agglutinées par de fausses membranes jaunâtres. L’iléon est rempli de matières fécales jaunätres demi-liquides. Près de la valvule iléo-cœæcale, on trouve des plaques de Peyer légèrement ulcérées sur une longueur de { m. 50 en deçà de la valvule. L'exploration aitentive de toute la longueur du tube intestinal n’a pas permis de constater la moindre trace de perforation de l'intestin, dont on s'était servi pour expliquer l'apparilion des symptômes graves auxquels le malade a succombé.

Ganglions mésentériques volumineux.

Appendice sain.

Rien au Cœur, ni aux poumons, sauf un peu de congestion hypostatique aux deux bases et quelques adhérences pleurales à droite. 4

Rate à peine hypertrophiée.

Foie et reins congestionnés.

RE T jee

OBSERVATION XXII (Inédite.)

(Due à l'obligeance de M. le professeur Lépine.)

Claude R..., 34 ans, voiturier, né à Mornant (Rhône), demeurant à Lyon. Entré à l'Hôtel-Dieu, dans le service de M. le professeur Lépine, le 22 octobre 1897.

Antécédents. — Père mort à 65 ans de maladie inconnue. Mère morte à 33 ans de pneumonie. Un frère et une sœur bien portants.

Pas de maladie antérieure.

L’affection actuelle remonte à 10 jours, elle a débuté par des maux de tête, des épistaxis, de l'insomnie. Actuellement, le malade présente un faciès fébrile; constipation; ventre ballonné ; pas de gargouillement dans la fosse iliaque droite, pas de douleur à la pression au même niveau. Taches rosées très nettes, pas d'hypertrophie bien sensible de la rate

Râles de bronchite disséminés.

Disque très net d’albumine dans l'urine.

Les bains froids sont mal supportés ; mais on nole une amélioration spontanée.

Le 30 octobre, l'abdomen est très Lympanisé; taches rosées nettes. Bruits du cœur sourds, pouls petit.On donne 20 gouttes de digitaline.

Le {1er novembre, le pouls est toujours petit, rapide, les bruits du cœur sourds, le deuxième surtout. Dyspnée; pouls 108; albumine. On continue la digitaline. L'état général n'est pas modifié.

Le novembre, le tympanisme persist?. Calomel 0 gr. 50.

Les 3 et 4 novembre, mêmes symptômes, pas de vomissements.

Glace sur le ventre ; calomel 0 gr. 50.

Le 5 novembre, le malade a des vomissements hilieux; le tympanisme augmente continuellement; constipation opiniâtre depuis trois jours. Te. 89.5. Mort dans la soirée.

Autopsie. — A l'ouverture de l'abdomen, on constate que le péritoine est le siège d’une inflammation intense. Les anses

MODE intestinales, très hyperémiées et distendues, sont agglutinées par des exsudats fibrineux assez résistants.

Le péritoine pariétal est rouge et dépoli; un litre de pus environ dans le petit bassin. Le)

sur l'intestin grêle, on note quelques plaques de Peyer, simplement congestionnées et présentant une coloration noirâtre ; une dizaine d’ulcérations, les unes assez creusées en profondeur et semblant encore en voie d'évolution, les autres présentant à leur périphérie un bourrelet de cicatrisation et dont le fond est déjà en voie de réparation.

Sur la première portion du gros intestin on trouve un grand nombre d’ulcérations, réunies par groupe de 8 à 140, sur quatre ou cinq points; ces ulcérations, plus ou moins profondes et étendues, donnent l'impression de points creusés par les insectes,

Plus has, environ à 0.08 de la valvule, on note une série d'ulcérations; il n'y a pas de perforation, mais,en unpoint,une plaque de Peyer était profondément ulcérée et le gros intestin n'avait plus, en cet endroit, comme paroi, que le péritoine.

Au niveau du colon ascendant, quelques points noirs saillants qui ne sont autres que des follicules clos congestionnés.

Du côté du péritoine, on note que les exsudats les plus volumineux, formant une couche épaisse presque lardacée, correspondent aux points où l’ulcération est le plus creusée.

Rien aux autres organes.

II. — Ulcérations intestinales. — Péritonite par propagation.

OBSERVATION XXII (Malvoz.) GASTRITE ET ENTÉRITE ULCÉREUSES AIGUES. — PÉRITONITE FIBRINO-PURULENTE GÉNÉRALISÉE. — MORT.

Re A2ANAnS:

Autopsie. — A l'ouverture de la cavité abdominale, il s'écoule un liquide gris jaunâtre, purulent, à odeur fécaloïde, abondant.

CEE ANT RC

Dépôts fibrino-purulents tapissant les anses intestinales ; les exsurlats se détachent facilement avec la pince, laissant à nu la séreuse dépolie, parsemée de grandes ecchymoses d’un rouge noirâtre. Sur la muqueuse stomacale, ulcérations irrégulières, arrondies, à fond grisâtre, non végétant. Muqueuse de l'intestin grêle tuméfiée, molle, nombreux petits ulcères, de quelques millimètres à 2 centim. de diamètre, à bords légèrement ecchymotiques, répartis irrégulièrement et non localisés aux plaques de Peyer.

Muqueuse du gros intestin el de l'appendice normale.

B. coli dans le pus du péritoine.

OBSERVATION XXIV (Welch.)

Cet auteur relate trois observations dans lesquelles il a vu-le Bac. coli être la cause de l'affection; ces cas sont relatifs à des péritonites survenues à l’occasion d’ulcérations intestinales, mais sans perforation.

Nous n'avons pu nous les procurer.

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