‹ De la Philosophie Scolastique, etcChapitre 7 sur 21 · RARE · texte numérisé non relu

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ut per semetipsa subsistentia, ac non in aliis esse suum ha-

bentia. Suivant Platon, les genres et les espèces ne sont pas

seulement, en tant qu’universels, des conceptions ; ils sont

« encore des choses, des choses qui existent hors des corps.

« L'opinion d’Arislote est qu’ils sont conçus comme incorpo- 1 7

— 9% — « rels, comme universels, mais qu’ils ne possèdent pas l'être « hors du sensible ?. »

Boëce commente une Introduction aux Catégories, un opuseule péripatéticien ; il doit par conséquent exposer avec plus d’étendue la doctrine d’Aristote que celle de Platon; mais entre luns et l’autre pour laquelle va-t-il se prononcer ? 1} appartient, avons-nous dit, à l’école éclectique; il fait grand état de l'opinion d’Aristote, il n’a, d’autre part, aucun préjugé contre celle de Platon. Quel parti va-t-il donc prendre? Aucun. Il évitera de conclure ; il dira qu'entre Aristote et Platon il lui semble dangereux, messéant, non aptum, de prendre un parti.

Tels sont les guides avec lesquels nos docteurs du moyenâge vont s'engager dans une voie pleine de périls, dont leurs regards ne peuvent mesurer l'étendue. Porphyre, Martianus -’apella, Cassiodore, Isidore de Séville, ont posé des questions sans les résoudre et sans les éclaircir. On trouve dans la glose de Boëce un développement ingénieux, précis, lucide, des thèses énoncées ; mais Boëce lui-même déclare qu'il préfère abandonner à autrui la responsabilité d’une conclusion qui l’inquiète, qui l’effraie. Après eux ils ne laissent aucun système, aucune école : tout est à faire. OEuvre immense, que n’achèvera pas la première époque de la philosophie scolastique! Cependant, à la fin du douzième siècle, Anselme de Cantorbéry, Bernard de Chartres, Guillaume de Champeaux, Gilbert de La Porrée, auront reproduit, en développant quelques phrases du Timée, plusieurs des portions les plus originales de la doctrine platonicienne, et Abélard n'aura plus guère rien à connaître de la logique d’Aristote. S'il faut faire la part du génie individuel dans ces rapides progrès de Pinduc-

* Boetius Zn Porphyrium a 4e translatun, p. 64 de l'édit. de 1670. M. Cousin, Inérod. aus ouvr. inéd., p.70. M. de Rémusat, Æbélard, t. 1,

tion dialectique, ne faut-il pas aussi tenir grand compte du génie de cette nation, à laquelle doit appartenir l'empire de la pensée? Oui, sans doute ; et, disons-le avec un juste orgueil, si la France a été le sol natal de la scolastique, c’est que l'esprit français est particulièrement doué de cette audace curieüse qui he coïnait ni les obstacles, ni les périls ; qui ne voit jamais que le büt, et se précipite toujours pour l’atteindre. La scolastique, c’est le travail des intelligences qui, longtemps asservies à l’empire absolu d’un dogme révélé, s'efforcent de mériter et de conquérir leur émancipation, ati prix de cette douce sécurité que procurent l’esclavage et la foi ; la scolastique, c’est la révolution qui so prépare, qui anrionce sa venue; et la Révelution, qui Pignore ? e’est la Franve mème.

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