‹ De la physiognomonie;Chapitre 50 sur 87 · SOUFFRANCE MORALE · texte numérisé non relu

SOUFFRANCE MORALE

Compiexion frêle et délicate de la plante élevée à l'ombre et dont le calice, amolli par la rosée, attend un rayon de soleil.

Ces traits fins et transparents, ces grands yeux voilés de longs cils, ce regard inquiet et doux, ce front pâle et s'illuminant parfois d'une lueur subite, ces lèvres sans incarnat et n'osant essayer un sourire, appartiennent à une jeune fille. Son sein a déjà recueilli bien des pleurs. 11 ne s'est pas épanoui sous le rayonnement de l'amour.

Je m'attriste en étudiant ce mélancolique et beau visage. Sous un calme apparent, je pressens l'orage à venir. La pure essence des passions affectives va se condenser et fermenter dans cette âme naïve et chaste ; elles s'exhaleront fatalement, un jour, sous la pression du malheur. Pauvre enfant! elle aura le destin de ces fleurs étiolées, dont la suave odeur ne s'échappe que sous le froissement des doigts indifférents qui la brisent.

Si j'avais à placer un attribut auprès de cette simple et touchante ligure, ce serait le bleu myosotis, dont le langage symbolique se traduit par ces mots du cœur : « iNe m'oubliez pas. »

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