II. L'habitation dans les cavernes a-t-elle été générale
Est-elle le fait d'une seule et même race, et se rapporte-t elle à une seule et même époque?
Dans le cas contraire, comment peut-on la subdiviser et quels sont les caractères essentiels de chaque subdivision?
III. Les monuments mégaUtbiques sont-ils dus à une population qui aurait occupé successivement différents pays?
Dans ce cas, quelle a été la marche de cette population? Quels ont été ses progrès successifs dans les arts et dans Tindustrie ?
Enfin, quels rapports ont pu exister entre cette population et les habitations lacustres, dont Tindustrie est analogue?
IV. L'apparition du bronze dans l'Occident est-elle le produit de l'industrie indigène, le résultat d'une conquête violente ou le fait de nouvelles relations commerciales ?
V. Quels sont, dans les différents pays de l'Europe, les principaux caractères de la première époque du fer?
Cette époque y est-elle antérieure aux temps historiques ?
YI. Quelles sont les notions acquises sur les caractères anatomiques de
b\] CrONGUÈS PALÉO-ANTHROPOLOGIQUE, 323
l'homme dans les temps préhistoriques, depuis les époques les plus reculées jusqu'à l'apparition du fer?
Peut-on constater la succession, surtout dans l'Europe occidentale, de plusieurs races, et caractériser ces races ?
La première réunion eut lieu le samedi 17 août à deux heures, et fut consacrée à la séance d'inauguration, qui eut lieu, ainsi que les suivantes, dans le grand amphithéâtre de rÉcole de médecine. Le bureau et le conseil furent élus par les membres présents.
Le lendemain le congrès se réunit à l'Exposition universelle, où, sous la direction de plusieurs de ses membres, on examina en détail les belles collections préhistoriques contenues dans la galerie de Vhistoire du travail,
La première salle française, désignée sous le nom de Gaule avant F emploi des métaux, contient les instruments en silex taillé provenant delà vallée de la Somme, et principalement de Saint-Àcheul, associés aux débris d'animaux d'espèces éteintes, le mammouth, l'éléphant antique et le rhinocéros laineux. Nous en donnons ici (fîg. 68), d'après Lyell(l), le type principal qui porte le nom de sa provenance.
A ce même type se rapportent les silex taillés provenant de Vendôme (Loir-et-Cher), du grand Pressigny, de l'Yonne, du plateau de Pontlevoy, du Calvados; parmi les silex de la Dordogne et de l'Allier on retrouve, avec d'autres formes, un grand nombre d'instruments d'un type analogue.
Les sablières de Clichy, de Levallois, de Neuilly, de Batignolles ont fourni à M. Reboux une belle collection de silex en lames dont il expose trois types, tandis que M. E. Martin montre une hache de Saint-Acheul associée à des débris d'éléphant et d'hippopotame- provenant des
(1) Ch. Lyell, V Ancienneté de V homme prouvée par la géologie, trad. parCbaper. Paris, 1864, p. 118.
sablières de Grenelle. Du plateau de Pontlevoye, qui a fourni à MH. Bourgeois et Delaunay de si magaifiques découvertes, ces savants ont extrait une collectioD lixée sur sept cartons : deux contiennent des haches, du type de Saint-Acheul: un troisième contient les lames, puis des
— Inslmmenls en BÎlei de Ssint-Acheal, pr£i Amiens, en forme de fer de lance, moitié de la crandcur naturdie, qui a 180 millimètrËS de long. — a, vu de cBté, — 6, Le même, vu par le bord tranchant. Ces instruments, en forme de fer de lance, ont été trouvés dans le griTier supérieur de Saint-Acheul, en nombre proportionnel bien plus considérable, relativement i ceux de forme ovale, que dans aucun gravier inférieur de k vallée de U Somme. Dans ces derniers, la forme ovale prédomine, «urtont i Abbeville.
scies, des espèces de vrilles et des ciseaux très-analogues, selon M. de Mortillet, à ceux que l'on trouve dans les kjekkenmœddings danois (voir page 513); enfin des
DU CONGRÈS PALÉO-ANTHROPOLOGIQDE. 5^5
pointes de flèche, des grattoirs et même des liaches polies, trouvées à la surface du sol. L'âge de la pierre polie fournit des polissoirs et de grands nucleus à silex provenant de l'atelier du Grand-Pressigny. Presque toutes les régions de la France en un mot ont fourni quelques spécimens d'une ère industrielle qui a été fort longue et très-générale, antérieure aux modifications géologiques post-plîocènes, mais qu'il est jusqu'à présent impossible de placer avant ou après les dépôts des cavernes.
Ces dépôts sont représentés à l'Exposition par de magnifiques collections d*objets ouvrés en os, en bois de cerf et de renne,, en coquillage et aussi en pierre; enfin, au-dessus des vitrines on voyait les débris de la faune contemporaine des troglodytes humains, représentée par l'hippopotame, l'éléphant antique, le rhinocéros, l'ours des cavernes, le mammouth, l'ovibos, la hyène, le renne, l'aurochs et le grand cerf d'Irlande.
Les habitations lacustres et les dolmens ont fourni de nombreux documents, et la deuxième salle celtique, gauloise et gallo-romaine est consacrée à l'ère des métaux depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'époque romaine. L'Allemagne, l'Italie, le Danemark, la Suisse, l'Angleterre, toutes les nations de l'Europe, etc., sont dignement représentées, en sorte que dans les galeries préhistoriques on trouve, ainsi que l'a fait remarquer M. de Mortillet, trois lois mises en lumière : la loi du progrès humain, celle du développement similaire des diverses fractions de l'humanité et le fait de la haute antiquité de l'homme.
Mais nous ne pouvons poursuivre ici cette description qui a été faite avec talent pour toutes les parties du monde par M. de Mortillet dans un travail spécial (1).
(1) Promenade préhùtorique à r Exposition. 1867. Chez lleinwald.
Le 19 août, le congrès qui dès le matin avait fait, accompagné de M. de Quatrefages, une visite collective aux galeries anthropologique et paléontologique du Muséum d'histoire naturelle sous la conduite de MM. Pruner et Gaudry, se' réunit le soir pour discuter la première des six questions du programme. La séance fut remplie par les communications de MH. Vogt, Dupont, Bourgeois, G, Pouchet, de Quatrefages, Hébert, de Longpérier, Worsœl, Nilsson, Issel, Davirkins. Nous reproduirons ici le discours de M. Vogt qui a été accueilli par d'unanimes applaudissements.
11 y a deux ans, un petit groupe d'hommes réunis à la Spezzia pour le congrès des naturalistes italiens fut inspiré par notre infatigable secrétaire, H. de Mortillet. On se réunit, on discuta quelques articles d'un règlement provisoire, et en choisissant la Suisse comme lieu d^une réunion prochaine, on se sépara dans l'espoir d^avoir fondé un congrès utile pour une science dans Tenfance, et dont Tavenir se présentait encore enveloppé de brouillards assez épais sur quelques points. L^année dernière, le congrès se réunit à Neuchâtel, sous la présidence de notre ami Desor, dont les études ont signalé les progrès si marqués dans le champ de nos recherches, et qui, au milieu de douleurs poignantes, ne soupire qu'après le moment où il pourra prendre part à nos travaux. Nous nous trouvions à Neuchâtel, au bord du seul lac suisse dont les eaux couvrent des stations remarquables des trois âges de pierre, de bronze et de fer, au milieu d'hommes qui ont sondé chaque pied du sol pour Tinterroger sur son passé préhistorique. Nous nous trouvions en face de ces magnifiques collections retirées des palafittes neuchâteloises par MM. Clément, Desor, Schwab et tant d'autres, dont les richesses sont aujourd'hui un des ornements de la galerie de Thistoire du travail â rExposition, et nous pouvions contrôler nous-mêmes dans une excursion sur le lac, sous la direction intelligente de pécheurs de nos amis, l'exactitude des faits qu'on nous avait présentés. G^est dans cette réunion pleine de charme d'une vie pour ainsi dire passée en famille, qu'on acclama avec transport Paris comme centre de la prochaine réunion, et M. Ed. Lartet comme président* Je n'ai pas besoin de vous énumérer les titres qui devaient nous engager à porter nos vues sur M. Ed. Lartet. Nous connaissons, tous, les travaux admirables de ce savant modeste, qui malheureusement doit expier loin de nous, à Dieppe, l'excès d'ardeur qu'il a toujours prodigué aux études. Nous espérons qu'il pouria revenir bientôt et prendre ce fauteuil que nous avons cru devoir lui réserver.
Aujourd'hui, messieurs, en présence des nombreux adhérents de tous les pays qui se trouvent réunis à nos séances, nous pouvons dire que le germe si modeste semé à la Spezzia et transplanté à Neuchâtel a grandi au milieu de la lutte pour l''existence, qu'il a poussé de fortes racines, et qu'un tronc majestueux va élever sa couronne portant des feuilles et des fruits. Ce congrès international pour Tanthropologie et Tarchéologie préhistoriques va se continuer, nous pouvons en être certains, pendant des années, en transportant sa demeure fugitive et momentanée de pays en pays, et en discutant, au milieu des faits accumulés dans chaque contrée, les observations sur lesquelles doivent toujours se fonder les conséquences que nous tirons et les conclusions auxquelles nous arrivons.
La science à laquelle sont destinées nos séances est jeune sans aucun doute, et quoique nous comptions dans nos rangs des vétérans qui ont blanchi sous le harnais et dont les formes crâniennes sont accessibles à tous les regards, nous pouvons dire que nous marchons sous une bannière nouvellement confectionnée et dont Temblème, pour Tavouer franchement, n^est pas encore définitivement fixé.
Or, messieurs, si d'autres peuvent trouver une sorte de contentement dans la culture d'une science faite et dont les bases sont arrêtées définitivement, il y en a aussi (et il me semble que par votre adhésion vous vous rangez de ce côté) qui aiment à frayer des routes nouvelles et à suivre des sentiers peu battus, où, à côté des jouissances que procure la recherche de Vinconnu, se trouve aussi souvent le danger de la lutte et la déception de Terreur. Malheur à nous, si nous croyons pouvoir sauter les obstacles à pieds joints, les yeux fermés, et si, entraînés par une imagination ardente ou par le désir d'arriver au but, nous négligeons les bases de toute science positive, en nous livrant à des conjectures hasardées!
Il ne faut pas nous dissimuler, messieurs, que notre congrès est une innovation dans la vie scientifique europémne, et que partout où il y a innovation, il y a aussi lutte et combat ; lutte pour l'existence actuelle, combat pour la conservation future des résultats acquis. Plus le champ que nous devons cultiver, suivant notre programme, est vaste, plus il touche à des domaines divers, dont les marques de frontières doivent souvent être reculées ou élargies, opération qui ne se fait pas avec moins de peine dans les domaines scientifiques que dans les domaines ruraux, avec cette différence seulement, que dans les anciens temps l'établissement des marques des frontières rurales faisait couler du sang comme on nous l'a démontré dans notre dernière séance, tandis qu'aujourd'hui, dans le domaine scientifique, il ne fait couler que de l'encre.
L'histoire de chaque science nouvelle montre des phases presque identiques dans son développement. On a trouvé des faits épars, isolés, qui se sont offerts spontanément à des observateurs, et dont la connaissance s'est propagée sans être avouée, faits qui ne cadrent pas avec les sciences admises
offideUement, et qu'on rdègne souvent pendant longtemps dans un vieux bahut quelconque, portant Tinscription : Matériel estimable. Quelquefms ces faits isolés, épars et sans enchaînement avec d'antres faits, heurtent de front les opinions admises, raison de plus pour les mettre de côté, pour les ignorer ou pour les déclarer suspects dans leur authenticité. La science passe comme, pour n'en citer qu'un exemple, elle a passé pendant longtemps sur les faits connus qui établissaient péremptoirement la contemporanéité niée de l'homme avec des espèces éteintes.
Hais ces faits s'accumulent et deTiennent pins pressants dans leur signification, malgré c l'impossibilité scientifique t qu^on leur oppose, et même malgré Tanathème dont on les frappe. Des esprits hardis s'en emparait, les coordonnent, les encbainent les uns aux autres, et on voit surgir avec étonnement un corps puissant et fort, là où Ton n'aqiercevait auparavant que des membres épars et sans relations d'ensemble. On trouve alors la figure de cette science nouvellement née très-repoussante d'aspect, rharmonie des m^nbres mal établie, la beauté des formes n^ligée et les allures du nouveauHié détestables et même subversives. crie trop, il a une voix perçante qui éveille jusqu'à des personnes tranquilles, dormant sur les deux oreilles et la tête enveloppée de lauriers. — Ah! le gredio, il £iut Tassommer!
Hais on ne peut pas toujours ce que l'on voudrait bien. Ce bon public, qui aime les enfants et quelquefois d'autant plus qu'ils sont plus tapageurs, protège aussi celui-ci en disant : Il a pourtant du bon. La science nouvelle grandit par l'intérêt de tous ; chacun s'empresse à apporter son contingent de faits nouveaux, d'observations intéressantes, et les coups d'estoc et de taille qu'on lui prodigue sont souvent plus nuisibles à celui qui croit les porter, qu'à celui qui doit les recevoir. L'en&nt grandit par la lutte sans cesse renouvelée, ses formes s'harmonisent, ses membres s'arrondissent, pleins de sève et de force.
Les adversaires restent les mêmes, mais la tactique change. Tout cela est connu d'ancienne date, nous savons cela depuis longtemps, pas besoin de so remuer pour ces vieilleries ! Ce qu'il peut arriver alors de pire à une science bien née et bien développée, c'est d'être élevée au rang d'une science faite, arrêtée et reconnue ! Aurions-nous le malheur d'être déjà arrivés, si jeunes encore, à cette dernière période de notre histoire?
Non, messieurs, rappelons^nous toujours que nous sommes encore dans la période de la lutte et du combat, et que, plus notre route est ardue, plus nous devons marcher avec prudence. Or, en science, la garantie de la victoire c'est la plus grande exactitude dans l'observation, la plus grande véracité dans l'énoncé du fait observé, lapins rigoureuse logique dans Tenchaînement des raisonnements. Nous avons besoin du concours de tous pour éclairer le domaine que nous cultivons : le géologue doit nous renseigner sur la nature des terrains qui recèlent les anciennes traces de l'existence de l'homme, sur la succession de leurs couches^ sur les conditions physiques sous l'influence
DU CONGRÈS PALÉO -AI^THROPOLOGIQUE. 329
desquelles ces couches so sont déposées ; — le zoologiste doit nous faire rhistoire des races d'animaux qui ont accompagné Thonmie dans ses migrations et celles i)u'il a rencontrées sur leur sol natal ; — le botaniste doit nous montrer les plantes dont Tbomme s'est nourri à Fétat sauvage, comme celles qu'il a successivement cultivées pendant les phases progressives de sa civilisation ; — ranatomiste reconstruira ces crânes, réceptacle précieux de Forgane de Tintelligence, et ces races, dont les types se sont ou conservés depuis les temps les plus reculés, ou anéantis par le mélange et la destruction ; — le paléontologiste, en remontant même au delà des terrains dits diluviens, doit nous montrer les espèces éteintes, émigrées ou transformées, que rhomme a rencontrées dans les premiers temps de son apparition ; — lu minéralogiste nous enseignera Torigine des pierres dont on faisait usage ; — le chimiste, par l'analyse des métaux, nous indiquera les minerais que Ton fondait et les mines dont on faisait l'exploitation. Toutes les sciences naturelles doivent donc pour nous être des amies, chez lesquelles nous allons puiser continuellement des lumières, et dont les méthodes exactes doivent nous être familières, pour pouvoir les employer tour à tour dans nos propres recherches.
Et si les sciences exactes doivent nous apporter leur aide et leur appui, nous avons aussi à recueillir de riches moissons dans un autre domaine. Nous nous appelons préhistoriques, messieurs, mais nous ne répudions .pas pour cela les enseignements de l'histoire et des branches voisines. Nous recherchons partout et avec avidité les points de relation entre les données de notre science et celle des sciences historiques et littéraires; la philologie comparée doit rétablir avec nous, et par l'étude des langues, l'histoire des races et leur filiation ; rien ne doit être négligé dans l'étude des mœurs et des habitudes des peuples actuels, car tous ces faits, souvent, en apparence si minimes et sans valeur aucune, prennent une haute importance lorsqu'ils peuvent être mis en corrélation avec des faits datant de plus loin. Si les sciences exactes nous démontrent que la matière est aussi immortelle et aussi indestructible que la force, que tout, dans le jeu des choses physiques, n'est que transformation incessante d'un seul et même principe, il en est de même dans le domaine historique et philosophique. Les dieux ne meurent jamais d'apoplexie, ils se transforment seulement, et leurs parties non employées dans la transformation se promènent, pendant des siècles et des siècles, sous forme de spectres, de revenants, de feux-follets ou de farfadets; les habitudes du sauvage ne s'éteignent jamais entièrement dans la vie de civilisation ; elles se conservent plus ou moins intactes à travers de longues périodes sous des formes diverses, mais reconnaissables a l'œil exercé. Rien n'est conservateur comme le foyer domestique, comme la tradition vivante des habitudes de génération en génération ; on a dit avec raison qu'il était bien plus facile de changer la forme d'pn gouvernement, que la manière d'installer le foyer de la cuisine.
Partout, messieurs, tous voyez le champ ouvert devant vous. Vos séances apporteront, sans doute, des lumières nouvelles sur beaucoup de points ; vos discussions s^ctendront sur une foule de questions, et, si le bureau qu^il vous a plu de placer à votre tête a accepté cette tâche difficile avec reconnaissance, tout en sentant sa faiblesse, c*est qu'il est convaincu qu'au milieu d*un concours de savants et de travailleurs aussi distingués, la science ne peut que gagner et devenir de plus en plus le bien de tout le monde.
 la suite de ce discours, M. Dupont a lu la description géologique et biologique des cavernes qu'il a explorées dans la vallée de la Lesse (province de Namur, Belgique), pendant Tété de 1865 et de 1866. Ces cavernes sont au nombre de vingt et une, et sont connues sous les noms de trous de la Naulette^ de VOurs, do la Roche-à-Penne^ de Balleux^ de Falmigoul^ du Frontal^ des NutonSj de Chaleux; elles étaient toutes plus ou moins remplies de sédiments quaternaires au milieu desquels on a trouvé, dans le trou de la Naulette, un premier niveau ossifère contenant des fragments de maxillaire supérieur àliyoma spelea, puis, au milieu d'une couche d'argile grise, séparée de la précédente par une nappe de stalagmite, un deuxième niveau • ossifère contenant un maxillaire inférieur à caractère exceptionnel, un cubitus et deux canines d'homme, ot, en outre, des ossements divers à!elephas primigenins^ de rhinocéros^ de renne ^ de chamois^ de sanglier; au-dessus de cette couche se trouvaient cinq nappes plus ou moins continues de stalagmites alternant avec de l'argile grise stratifiée; puis enfin une nouvelle couche d'argile de 3 mètres de hauteur, à la base de la quelle se trouvaient des débris de ruminants. La hauteur des couches géologiques depuis les débris humains était de 5 à 6 mètres, constituée en partie par cette argile grise que sirCh.Lyell compare à la dureté du marbre. De toutes les façons, l'authenticité chronologique du maxil-
DU CONGRÈS PALÉO-AJNTHROPOLOGIQUE. 531
laire inférieur de la Naulette est incontestable et M. Dupont le fait remonter aux dépôts quaternaires les plus inférieurs. De plus, on est conduit à reconnaître que ces ossements d'animaux doivent avoir été introduits dans la caverne par rhorame lui-même, dont il représenterait des restes de repas. Quelques-uns d'entre eux en effet portent la trace de fractures artificielles produites à l'aide d'un corps dur. Dans le trou Balleux, M. Dupont a trouvé des silex taillés, du charbon, des os brûlés et des débris de la faune du renne. Le trou du Frontal a fourni les débris d'au moins quatorze squelette, dont deux crânes entiers; le trou Rosette a donné un crâne et un grand nombre de maxillaires; d'autres cavernes, enfin, ont fourni des ossements humains moins importants. Nous reviendrons plus loin sur les caractères anatomiques et ethnologiques de ces ossements. Faisons ici, pour compléter la communication de M. Dupont, le résumé succinct du mémoire qu'il a soumis à l'Académie royale de Belgique sur V Ethnographie de l'homme de rage du renne {l).
L'antériorité relative de l'âge de renne, dans la vallée de la Lesse, sur le dépôt de l'argile-à-blocaux, est incontestable. L'homme de cet âge était, dans cette région, faiblement brachycéphale, à crâne pyramidal, à face aplatie et en forme de losange. L'étude des débris de son squelette le montre de petite taille, agile et vigoureux. Éminemment troglodyte, il ne prolongeait son séjour que dans les cavernes les plus favorables. Le silex lui fournissait des instruments tranchants qui présentaient tous la même forme générale de lame mince et étroite ou de couteau. Il travailla les ossements, surtout les bois de rennes. Les cavernes de la Lesse n'offrent pas comme celle d'Aquitaine
(1) Mémoires couronnés de ceUe académie, 1867, tome XIX.
des traces de gravures et de sculptures ; d'où il suit, selon 3IM. Lartet et Cbristy (1), que la vie devait être facile et abondante dans la région ndéridionale qu'ils ont explorée, tandis qu'elle devait être plus pénible aux bords de la Lesse ; quelques traits gravés sur des plaques de psammites semblent indiquer ou une ornementation ou même l'intention de représenter une idée bien définie.
C'est la chair de cheval qui semble avoir dominé dans leurs repas, mais presque tous les animaux du pays s'y montrent, notamment le renard et le rat d'eau. Une maladie osseuse grave* a été observée sur un individu du trou du Frontal. L'usage du feu était très-répandu, ils employaient à cet effet la pyrite de fer. Le silex crétacé et les coquillages locaux semblent démontrer les relations des hommes de Furfooz avec la Champagne. Le silex de Touraine s'y retrouve aussi. Quant aux sépultures, on déposait les cadavres les uns sur les autres dans une anfractuosité naturelle; des ornements, des armes, un vase y étaient déposés, une dalle en fermait l'ouverture et des repas avaient lieu devant la cavité sépulcrale.
Le mémoire de M. Dupont donna lieu à une discussion soulevée par M. Pouchet sur ce qu'il faut entendre par espèces émigrées; M. G. Pouchet a soutenu que quand il s'agissait d'animaux actuellement vivants en certaines régions et disparus en d'autres régions, rien ne nous autorisait à dire que ceux-là descendaient de ceux-ci. L'extinction n'implique pas Témigration. De cette question à celle des caractères distinctifs des espèces de même genre éteintes et vivantes, il n'y avait qu'un pas ; un moment on a pu croire que le congrès allait aborder la question de la transformation des espèces, mais on s'est bien vite aperçu que les
(1) Larlel et Cbristy, Relliquiae Aquilanicx, Paris, 186G.
éléments précis de comparaison manquaient, et ce n'est que sur de très-vagues données que MM. Nilsson, Wors»! et Vogt ont indiqué des différences qui ne sauraient être considérées comme spécifiques. Cette discussion a montré que la paléontologie comparée est loin d'avoir atteint dans les détails le degré de précision désirable; nous ne savons pas encore exactement les différences de toutes les espèces fossiles avec les vivantes.
M. Tabbé Bourgeois a ensuite donné lecture d'une note sur les silex taillés trouvés dans les dépôts tertiaires de la commune de Thenay près Pontlevoy (Loir-et-Cher) .
L'auteur rappelle d'abord que M. Desnoyers a découvert en 1863 dans les sablonnières deSaint-Prest (Eure-et-Loir), appartenant incontestablenâent aux terrains tertiaires plia* cènes^ des ossements de rhinocéros, d'e/^/>/i(ïs meridionalis et d'hippopotame, sur lesquels se voyaient des stries ou traces d'incisions très-nettes et régulièrement calculées, parfaitement analogues à celles qui ont été observées sur les ossements fossiles d'autres espèces plus nouvelles de mammifères; l'existence de l'homme pliocène de Saint- Prest est devenue encore plus positive le jour où M. Bourgeois a signalé dans le même dépôt, le 7 janvier dernier (1), la présence de silex taillés.
Poursuivant ses recherches sur le plateau de Pontlevoy, M. Bourgeois a déterminé l'ordre des couches successives ainsi qu'il suit : 1*^ alluvions quaternaires des plateaux avec limon, argile, graviers quartzeux et siliceux; 2" falhuns de Touraine, sable, grès, coquilles marines et ossements de mammifères ; 3° sables fluviatiles de l'Orléanais avec ossements fossiles à la base : pliopithecus^ amphicyon giganteus:, dinotherium; ¥ calcaire de Beauce compacte et
(1) Comptes rendus de V Académie des sciences, 7 janvier 1866.
marneux à la partie inférieure (rhinocéros à quatre doigts) ; 5* argile ou craie à silex.
Or, on commence à trouver des silex travaillés dès la base du calcaire de Beauce, c'est-à-dire dans la partie marneuse qui mesure environ 5 mètres d'épaisseur, savoir : au niveau supérieur, marne lacustre avec module du calcaire (sans silex taillés), 0*,50; puis, marne argileuse avec ossements de rhinocéros à quatre doigts, 0'°,15 ; marne avec modules de calcaire (silex travaillés), 0",80; argile verdâtre ou jaunâtre (principal gisement des silex travaillés), 0",35; mélange de marne lacustre et d'argile à silex (quelques silex taillés), 3 mètres, et enfin argile à silex sans aucune trace d'industrie humaine. M. Bourgeois a retrouvé les mêmes types fondamentaux parmi ces silex et ceux que Ton trouvés à la surface du sol ; la forme dite de Saint- Âchcul (fig. 68) était absente de même qu'à Saint-Prest. Beaucoup de ces silex sont déformés par, l'action du feu.
L'homme existait donc à Tépoque miocène au milieu d'une faune qui s'est depuis deux fois au moins renouvelée. M. Bourgeois n'a pas reculé devant les conséquences de sa découverte, et il a terminé sa communication par les paroles suivantes :
c< Pour calculer avec certitude le temps nécessaire à toutes ces substitutions, ne devons-nous pas préalablement en connaître le mode et la cause? Or, la naissance et la mort des espèces est encore plus mystérieuse pour nous que la naissance et la mort des individus. Quand nous voulons expliquer le mystère qui projette une ombre sur toute la géologie, nous avons à choisir entre deux hypothèses. La première, l'hypothèse des créations successives, s'accorde bien avec la puissance de Dieu ; mais quand je cherche la raison de ces destructions et rénovations continuelles d'espèces dans un milieu qui ne parait pas avoir subi des
DU CONGRÈS PALÉO-ANTHROPOLOGllQUE. 335
modifications profondes, j'avoue que je ne l'aperçois pas.
« La seconde, Thypothèse du transformisme, a été posée et défendue avec une science incontestable, mais à chaque fait qui l'établit, on pourrait peut-être opposer un fait qui la renverse. Pour ne pas sortir du cercle de mes observations, je citerai seulement l'apparition brusque du dinothérium et du mastodonte. On n'a jamais rencontré la moindre trace de ces grands proboscidiens parmi les nombreux ossements de rhinocéros trouvés dans le calcaire de Beauce à Billes (Loir-et-Cher) . Il n'existe pas non plus dans le calcaire de Monteburard. Puis tout à coup, les sables de l'Orléanais qui se rattachenl au calcaire de Beauce par leurs formes malacologiques nous montrent partout leurs débris gigantesques. Où sont donc les formes intermédiaires qui les ont précédés? Nous devrons sans doute vieillir l'homme européen, mais nous devrons peut-être aussi rajeunir nos fossiles. »
Cette importante communication a été suivie des lectures de MM. Issel et Dawkins qui avaient trait à l'époque quaternaire à Scurne, en Ligurie et en Angleterre, lectures qui corroboraient les faits connus sans y rien ajouter de saillant.
II. La question relative à l'habitation de l'homme dans les cavernes a été traitée successivement par MM. Ed. Lartet, Desnoyers, Maury, Vogt et Issel. M. Lartet a établi le succession chronologique des cavernes habitées, d'après la faune dont elles contiennent les débris. Dans les cavernes les plus anciennes se rencontre toute la faune quaternaire et même tertiaire, etc. : dans celles dont l'habitation date d'une époque subséquente, quelques-unes de ces espèces disparaissent, et en même temps on remarque des progrès considérables dans les produits de l'industrie humaine; on y rencontre notamment quelques essais de gravure ormentale. Les cavernes les plus récentes appartiennent à la
530 ANALYSE DES TRAVAUXAMHROPOLOGIQUES
faune actuelle; on y trouve des ossements d'animaux travaillés, les poteries sont abondantes et les silex sont polis. Il n'est ici question ni des cavernes qui à diverses époques historiques ont pu servir de refuge, en temps de guerre ou de persécution, ni de celles qui, avant l'apparition de l'homme, ont servi de repaire aux animaux. Disons cependant que, d'après MM. Lartet et Ghristy (1), quelquesunes ont successivement servi aux animaux et aux hommes, mais qu'il y a des preuves suffisantes que l'homme n'en a pas été le premier occupant. M. Dupont a signalé la même succession dans la caverne du trou de la Nauleltc.
Qaant aux relations chronologiques des cavernes les plus anciennement habitées et des débris de l'industrie humaine trouvés dans les alluvions quaternaires, il n'y a pas lieu d'attribuer, avec certitude, à ceux-ci une plus haute antiquité. Les hommes qui fabriquaient les silex ouvrés de Saint-Acheul et de Bedford habitaient très- vraisemblablement des cavernes; cette époque, d'ailleurs, a été de longue durée et ses dernières périodes, caractérisées par la pierre polie, coïncident avec celles des premières habitations lacustres de la Suisse.
La faune des cavernes qui détermine la succession des âges se compose d'une douzaine de types principaux qui ont été classés par M. Lartet (2) dans Tordre suivant: L'ours des cavernes [ursus spelxus)] l'hyène {hyœna spe- Ixa)] le tigre {felis spelxa)] le mammouth {elephas primigenius)] le rhinocéros laineux {rh. tichorhimis) ; Thippopotame {h. major) ; le grand cerf d'Irlande [megaceros Hibernicus)\ le bœuf musqué {ovibo$ moschatm)] le renne {cervus tarandu$); l'aurochs (bison Europxus) et l'urus
(1) Relliquix Aquitamcx. Paris, 1866, p. SO.
(2) Voyez Garrigou, Ann, des sciences naL, 1861, p. 217; voyez aussi YÉtude comparative des alluvions quaternaites anciennes et des cavernes.
DU COiNGRÈS PALÉO-ANTHROPOLOGIQUE. 557
{bas primigenius) . Ces types ont servi aux quatre grandes divisions que nous avons déjà signalées (p. 260), les âges du grand ours des cavernes, du mammouth, de l'éléphant et du rhinocéros, du renne et de l'aurochs.
Dans le magnifique ouvrage dont M. Ed. Larlet a entrepris la publication avec le concours du si regrettable H . Ghristy (1 ) ,1a succession paléo-zoologique est établie dans le passage suivant que l'on nous saura gré de traduire ici :
« Géologiquement, un vaste golfe sépare l'âge du renne de la période des alluvions quaternaires {drift period) ^ quoique ce golfe soit peut-être plus grand au point de vue géologique qu'au point de vue paléontologique ; mais, d'un autre côté, les faits paléontologiques et archéologiques nous démontrent que cet âge est plus ancien que les kjokkenmôddings du Danemark, les habitations lacustres de la Suisse, plus ancien, à plus forte raison, que l'ensemble des monuments appelés celtiques et des débris de kromlechs. En comparant sa faune avec celle de ces périodes, l'âge du renne se détermine donc ainsi qu'il suit :
a Dans les alluvions quaternaires {graviers des vallées), le mammouth, le rhinocéros, le cheval, le bœuf prédominent et le renne apparaît rarement. Dans les cavernes de la Dordogne, le renne domine, associé à d'abondants ossements de cheval et d'aurochs, et, exceptionnellqmenl, de mammouth et d'hyène, mais sans aucun débris d'animaux domestiques, tels que le mouton, la chèvre et le chien.
«Dans les kjokkenmôddings danois, quoiqu'ils soient voisins des régions subarctiques, le renne est absent et la faune, plus ancienne cependant que celle de nos jours, indique la présence d'un animal domestique, le chien.
c< On peut en dire autant des habitations lacustres de la
(1) Relliquix Aquitanicœ, Paris, 1866-68.
Suisse; les animaux domestiques s'y trouvent et le renne n'y existe pas, même dans les plus anciennes, biaii que sa présence ait été constatée dans les cavernes de rÉchelle qui sont situées dans leur voisinage.
<c Dans aucun des kromlechs ou sépulcres^il n'y a de traces de renne et la faune dont ils contiennent les débris est plus récente que celle des kjokkenmôddings et que celle des plus anciennes habitations lacustres.»
Ainsi la chronologie est nettement établie par la faune; elle se confirme par Tindustrie. Dans la période dite diluvienne on ne trouve que du silex grossièrement taillé ; dans la période du renne les haches polies sont absentes, et quoique Thomme eût appris à coudre il ne savait pas tisser et les poteries étaient rares, mais il «avait ornementer les armes et les outils en os ; dans les kjokkenmôddings la poterie se rencontre fréquemment, les haches polies sont assez nombreuses ; on trouve dans les habitations lacustres les plus anciennes (à Wangen) la grande majorité des haches polies ; la poterie est abondante, l'art de tisser est connu, les céréales sont cultivé&s ; dans les dolmens et kromlechs la poterie est abondante et le bronze apparaît. La chronologie préhistorique semble donc, depuis l'époque des cavernes jusqu'au bronze, aussi bien déterminée que celle de certaines époques historiques.
Mais revenons au congrès . M . Lartet a terminé sa commu'^ nication par quelques remarques sur le remplissage des cavernes, remarques qui devaient être complétées par M. Desnoyers, Disons seulement que dans l'opinion de M. Lartet il n'y a pas eu de cavernes habitées avant l'époque glaciaire, et que les documents que nous possédons sur la succession des races humaines troglodytes sont insuffisants pour en déduire rien de positif.
M. Desnoyers, répondant à l'appel de M. Lartet, a traité
du mode de formation et de remplissage des cavernes. Selon ce savant géologue, la plupart des cavernes ont été produites par des dislocations du sol ; on les rencontre surtout dans les terrains calcaires ; les lignes de fracture s'agrandissent successivement en couloirs étroits qui deviennent de plus eu plus larges par Taction des eaux torrentielles et, plus tard, par l'action de l'homme. Quant au mode de remplissage des cavernes, il n'est pas douteux qu'il faut admettre à la fois et le transport par les torrents, opinion soutenue avec persévérance par C. Prévost, et le transport par les grands carnassiers, notamment par les hyènes qui faisaient de ces cavernes leurs repaires habituels, opinion développée principalement par Buckland. M. Desnoyers a exposé les phases par lesquelles il a passé depuis plus de trente ans, ses nombreuses hésitations, les objections qu'il faisait autrefois à Chrislol, à Tournai et à Schmerling, et finalement ses convictions actuelles, relatives aux trois modes de remplissage des cavernes , qui peuvent se confondre, ainsi que cela se voit à Bruniquel, sur les bords de la Vezère, et, de nos jours, dans les grottes de Salins, où l'action fluviatile forme un dépôt au-dessus d'une couche qui contient toute une faune.
Une discussion pleine d'intérêt fit suite à la communication cle M. Desnoyers. MM. Maury, Vogt (1), deMortillet, Broca, entrèrent dans des détails très-nombreux sur le caractère des différentes cavernes, et purent distinguer celles qui étaient habitées , celles qui ont été uniquement remplies par des débris osseux transportés par les torrents, celles qui servaient de lieux de sépulture^ et celles
(1) M. Vogt a récemment traité avec le plus grand talent toutes les ques tions qui se rapportent aux périodes primitives de Fhumanité dans un article des Archiv ftir Anthropologie traduit par the Anthropological lieview, avril et juillet, 1867.
54U ANALYSE DES TKAVAl\ ANTUKOFOLOGIUUES
qui oui été un abri temporaire dans de certaines catastrophes géologiques ou sociales. Quant a la question anatomique , bien qu'elle ait été abordée par MM. Gharvet et Broca, sa discussion n'a point fourni de documents assez importants pour que nous entreprenions de l'exposer sur des notes prises pendant la séance. Ajoutons cependant que la question de l'anthropophagie, qui a déjà été discutée à la Société d'anthropologie, ayant été mise à Tordre du jour sur la demande de MM. Yogt et Worssel, les faits cités par MM. Issel, Koujoux, Jullien, Uamy, rapprochés de ceux qu'ont publiés MM. Spring, Lubbock et Garrigou, rendent assez vraisemblable l'existence, au moins accidentelle, du cannibalisme chez les hommes de l'âge de la pierre polie.
III. Les monuments m^alithiques, l'âge du bronze et l'âge du fer, ont fourni à MM. A. Bertrand, Squier, Martin, Worsael, de Longpérier, Desor, Gartailhac, le sujet de trèsintéressantes communications qui, sans résoudre d'une manière positive les questions III, IV, V, ne laissent pas que de jeter une grande lumière sur les problèmes qu'elles énoncent. Mais pour exposer ici la substance de ces travaux, il faudrait entrer dans des détails très-compliqués qui n'offrent avec notre sujet que des connexions indirectes. Avec la sixième question, nous revenons au contraire à l'histoire organique de l'homme dans le temps et dans l'espace, histoire dont M. Huxley a largement tracé les grandes divisions dans son troisième Essai.
Malheureusement, cette sixième question, de beaucoup la plus intéressante, avait été placée la dernière sur le programme du congrès, circonstance qui a nécessairement limité ses développements. Il était visible que, si le temps l'eût permis, ni les matériaux ni les orateurs n'eussent fait défaut pour entrer dans les détails d'un sujet qui se rattache à la question fondamentale de l'anthropologie, à savoir
DU CONGRÈS PALÉO-ANTHROPOLOGIQUE. Ml
si, dans la succession des temps, les types humains se sont modifiés anatomiquement d'une manière appréciable, ou tout au moins si, dans les temps préhistoriques, les races humaines offraient des caractères que ne présentent plus les races contemporaines. Pour les animaux la question ne fait pas doute : oui, le monde du passé était peuplé d'une faune spécifiquement différente de la faune actuelle, et Ton peut ajouter que les variétés successives, assez étendues pofur être spécifiques, ne le sont point assez pour éloigner l'idée de leur filiation. Elles s'offrent à nous délicatement graduées, et nous montrent toutes les étapes d'un développement comparable aux dernières phases de l'embryon. S'il en est ainsi des animaux, ne doit-il pas en être de même de l'homme?
La réponse ne peut être une simple alternative. Quelle qu'elle soit d'ailleurs, elle laisse le champ libre à toutes les
théories qui reposent sur la conception d'une évolution progressive. Il se pourrait, en effet, ainsi que l'admet Vogt, que l'homme et les singes eussent une origine commune (quoique géographiquement multiple), et que le singehomme se fût perfectionné avec une rapidité telle, que l'être intermédiaire n'eût pas laissé d'assez nombreux ossements pour que nous ayions aucun espoir rationnel d'en retrouver le moindre fragment, ou tout au moins que ces fragments fussent trop peu nombreux pour comporter aucune démonstration. Toutes les formes vivantes n'ont pas eu une égale durée, toutes n'ont pas été stables et la paléontologie nous montre que les formes de passage, dans les classes et dans les genres, sont plus rares et ont eu moins de durée que les types génériques ou classiques. En sorte que la théorie de la filiation progressive pourrait être vraie et la preuve suffisante en manquer jusque dans un avenir lointain. En outre, ce ne sont pas les formes intermédiaires
entre les singes anthropomorphes et les races les plus inférienres du genre homme quMl faudrait découvrir ; car à cet égard beaucoup pensent qlie la série est, dès à présent, suffisamment établie, et le deuxième Essai de M. Huxley est tout entier consacré à démontrer qu'il n'y a pas plus de différence entre les singes et les hommes, qu'entre les singes inférieurs et les anthropoïdes. Ce sont les débris de l'être dont les singes et l'homme seraient des rayonnements déterminés sur unje ou sur plusieurs circonférences concentriques, qui nous font absolument défaut.
D'un autre côté, si Ton établit que la succession des races humaines peut se caractériser anatomiquement au point de pouvoir conclure de la forme à l'âge, la théorie de la filiation est bien près d'être démontrée ; en sorte que rien ne peut prouver absolument contre cette théorie, tandis que la théorie peut se prouver. Or, tous les documents que nous possédons pour les temps préhistoriques, et même ceux que M. Broca a mis en lumière pour les temps historiques (1), nous autorisent à répondre qu'il en est du genre humain comme des autres genres du règne animal, que certaines espèces ont disparu, que de nouvelles espèces se sont montrées et qu'à moins de les faire éclore miraculeusement, celles-ci descendent de celles-là.
La méthode philosophique qui s'impose à l'anthropologie est donc évidente : elle consiste à étudier avant tout les caractères différentiels des types humains, non-seulement dans une même époque, mais comparativement, aux diverses époques géologiques. Or, il faut l'avouer, si grâce à l'impulsion donnée à ces recherches par la Société d'anthro-
(1) Nous faisons ici allusion aux recherches de M. Broca sur la capacité dus crânes parisiens du treizième siècle qui ont offert une capacité moyenne inférieure de 35 centimètres cubes, et même de 58 centimètres cubes, à celle des crânes du dix -neuvième s\èc\e (Bull, de la Société (V anthropologie, \SQi).
DU CONGRÈS PALÉO-ANTHROPOIOGIQUE. 345
pologie nous commençons à apprécier et à déterminer rigoureusement les types humains synchroniques, nous possédons très-peu de documents sur les êtres qui nous ont précédés à des époques exessivement reculées.
L'une des causes de cet état de la science est le singulier régime de despotisme intellectuel sous lequel nous sommes habitués à vivre. Je fais ici allusion aux longues luttes qu'eurent à subir Boue, Tournai, de Ghristol, Schmerling, Boucher de Perthes et d'autres encore, qui virent leurs découvertes repoussées a priori pendant près de quarante ans par les savants qui depuis Cuvier se sont transmis le flambeau pâli de la science classique et immuable. Aujourd'hui même il se trouve encore des hommes qui occupent dans l'enseignement les positions les plus élevées, et qui prennent au sérieux les pieuses mais déplorables erreurs du trop célèbre Discours sur les révolutions du globe. C'est en grande partie à cause de cette tyrannie, dont souffrent plus qu'on ne saurait dire toutes les branches du savoir, que l'anthropologie préhistorique ne date que d'hier, et ce n'est que grâce aux efforts de J. -Geoffroy Saint-Hilaire et de M. de Quatrefages, qu'elle a enfin réussi à pénétrer dans l'enceinte académique, du moins en France.
C'était donc pour la première fois qu'était nettement posé dans un congrès scientifique le problème de la succession des races dans les temps préhistoriques , qui n'est, nous en convenons, qu'un acheminement vers l'étude des modifications organiques que peuvent offrir les êtres humains par la culture, les milieux, le croisement ou par des causes encore mal déterminées.
M. Pruner-Bey, dont la science et le zèle ont acquis et méritent la plus haute estime, a le premier pris la parole Sur cette sixième question. Sans rejeter définitivement la préexistence supposée des brachycéphales en Europe,,
M. Pruner-Bey, tout en signalant l'insuffisance de la dichotomie de Retzius, reconnaît la coexistence des deux types aux époques préhistoriques de l'Europe. Néannioins, en étudiant l'homme de l'âge du renne d'après les pièces osseu. ses dues aux fouilles de la province de Namur, faites par M. Dupont, à celles de Bruniquel par M. Brun, à Solutré (Saône-et-Loire) par M. de Ferry, M- Pruner-Bey pense que l'homme de cette période était mongoloïde, et qu'il n'y a rien dans ses caractères physiques qui ne se retrouve de nos jours chez l'homme, c< dont le renne est à la fois la proie et le compagnon. »
Ailleurs M. Pruner-Bey, plus explicite, a rattaché ces hommes à a la famille uralo-altaïque du grand rameau touranien(l), » Cette race compterait encore de nos jours des représentants dans les Alpes tyroliennes et dans les vallées d'Enneberg et de Graden, occupées par une population à petite taille, à teint jaune bistre, à chevelure lisse et noire, à crâne arrondi ; on en trouve des types isolés aux environs de Glaris, en Bretagne, en Espagne, en Portugal, dans les Pyrénées, et les descendants des anciens Ibères appartiennent au même type. Il aurait, il est vrai, subi quelques modifications ; la partie frontale du crâne se serait redressée; elle aurait gagné en hauteur et en largeur la taille a pu s'élever tout en restant petite et le mode de mastication se serait modifié.
Quant à .la race dolichocéphale préhistorique, elle apparaît en France et dans les pays limitrophes à l'époque de la pierre polie : c'est la race arienne. En sorte que, pour M. Pruner-Bey, la race dolichocéphalique, dont il a amplement décrit les caractères, est survenue au milieu d'une population dont les traits étaient diamétralement oppo-
(i) Dupont. Étude sur l* ethnographie de Vhomme de Vàge du renne, p. 51.
ses. C'est là toute la théorie de Taryanisme, aujourd'hui bien contestée en dehors de la linguistique. D'ailleurs M. Pruner-Bey conteste l'antiquité des crânes d'Enghis, de Neanderthal et d'Eguisheim, comme n'étant pas suffisamment établie par les documents qui les accompagnaient ; en sorte qu'il croit que la coexistence des deux types aux époques les plus reculées n'est point démontrée, et qu'au contraire la préexistence des brachycéphales mongoloïdes est, jusqu'à plus ample informé, seule bien étayée. Quant aux causes de l'émigration aryane, elles seraient climatériques et sans doute liées à une époque glaciaire qui aurait atteint le sud de l'Himalaya. Dans cette conception, la date de rémigration des Aryas doit être extrêmement reculée; il faut remonter presque aussi loin qu'il est possible de remonter à Taide des traces de la présence de l'homme, en sorte que cette émigration indo-européenne semblerait même ne plus être une époque appréciable dans l'histoire européenne.
C'est ce qu'a démontré M. Broca dans la dernière séance du congrès. Il a rappelé d'abord l'origine de la théorie de M. Pruner-Bey fondée sur l'opinion émise tout dahord par Retzius et encore soutenue par le savant Von Baer et par M. de Belloguet, et fondée sur la comparaison sommaire des monuments danois de l'âge de la pierre et de l'âge du bronze. Comme les crânes des premiers étaient brachycéphales, ceux des seconds dolichocéphales, et que l'introduction du bronze était attribuée aux Celtes, celtes et dolicholéphales furent bientôt synonymes et aujourd'hui encore les disciples retardaires de l'illustre Suédois concluent de la dolichocéphalie au Celte, comme chose admise. Cependant le problème de l'introduction du bronze étant devenu assez obscur, il n'est resté qu'un fragment de l'opinion de Retzius, c'est-à-dire la préexistence des bra-
chycéphales louraniens, abstraction faite de Torigine des dolichocéphales. En effet, M. Thurnam a démontré, il y a déjà plusieurs années, qu'en Angleterre au moins les hommes de Tâge de bronze sont brachycéphales et que les sépultures les plus anciennes sont occupées par les débris d'une race humaine petite et dolichocéphale, opinion d'ailleurs soutenue par Bateman et D. Wilson pour la grande île et par Wilde pour l'Irlande.
En outre si l'on remonte aux ossements humains de l'antiquité géologique la plus haute, à ceux des alluvions anciennes ou diluvium^ lehm^ laess^ etc. , au sein desquelles gisaient les crânes de Néander, d'Enghis, d'Eguisheim et de Lahr, on ne peut qu'être frappé de leur caractère éminemment dolichocéphalique ; il est donc extrêmement probable qu'aux temps les plus reculés, les deux formes de Retzius existaient sur notre continent, avec prédominance des dolichocéphales, et cela bien avant les émigrations asiatiques, encore enveloppées d'un voile très-épais. Enfin dans la plupart dessépultures de l'âge de la pierre, Chamant, Quiberon, Maintenon, Luzarches, on a trouvé en grande majorité des crânes dolichocéphaliques.
Il n'est pas nécessaire de développer ce résumé pour montrer l'importance que les anthropologistes ont attachée à cette question. On voit assez que l'existence d'un type uJiique et spécialement d'un type brachycéphale à une époque donnée de l'histoire de l'homme sur notre continent est jusqu'à ce jour contredile de toutes parts.
Dans la seconde partie de son discours, M. Broca s'est attaché à prouver que quelques-uns des documents ostéologiques les plus anciens que nous possédions comblaient ou tout au moins diminuaient la lacune qui sépare les hommes inférieurs des singes supérieurs. Pour établir cette démonstration, M. Broca avait mis sous les yeux du
congrès une série de pièces dont le seul aspect persuadait. Les moules des crânes d'un chimpanzé {troglodytes Aubryi) de Neanderthal, d'Eguisheim, rapprochés de celui d'un Australien et d'un Français moderne se graduaient admirablement. Mais c'est surtout en s'appuyant sur les caractères anatomiques fournis par les mâchoires inférieures que la démonstration a pris un incontestable caractère d'évidence. On se rappelle que MM. de Vibraye et Dupont ont découvert, le premier dans la grotte d'Arcy, le second dans celle de la Naulette, deux mâchoires contemporaines du mammouth, c'est-à-dire de l'une des époques les plus anciennes dont nous possédions des restes humains. Ces deux maxillaires inférieurs ont en commun bien des caractères, notamment leur épaisseur, qui varie, selon les points, de 14 à 16 millimètres; leur courbe, qui est elliptique ; leur faible hauteur verticale au menton, etc. La mâchoire de la Naulette ne peut donc être considérée comme un cas isolé, d'autant moins que d'autres mâchoires offrent avec elle, à plusieurs égards sinon à tous, de frappantes analogies ; or, en superposant les mâchoires du chimpanzé, de la Naulette, d'un Australien ou d'un Européen moderne, M. Broca a obtenu une gradation obliquement; linéaire saisissante, sur laquelle l'Australien et l'homme de la Naulette occupaient les points intermédiaires, l'Australien étant plus rapproché du blanc, l'homme de la Naulette plus voisin du chimpanzé. Passant ensuite aux caractères ostéologiques les plus minutieux, Téminent professeur établit les séries suivantes : 1*" chez le blanc, les molaires décroissent régulièrement en volume de la première à la troisième ; celles de l'Australien sont égales entre elles, tandis qu'elles croissent sensiblement chez l'homme de la Naulette et plus encore chez le chimpanzé ; 2"* la saillie du mentoif, bien marquée chez le blanc, décroît chez l'Australien, plus encore chez
rhomme de la grotte d'Arcy , tandis que Thomme de la Naulelte n'a plus du tout de menton, qui se déplace ea arrière presqu'autant que chez le chimpanzé ; 5"" la hauteur relative du maxillaire inférieur décroit de la même façon, tandis que son épaisseur relative croit au contraire du blanc au singe, en passant par les mêmes intermédiaires; ¥ chez le blanc, les apophyses geni sont fortement accusées, elles sont presque effacées sur la mâchoire de la grotte d'Arcy et sont remplacées sur celle de la Naulette par une fossette conique, laquelle est plus profonde encore chez le chimpanzé ; 5"" la courbe de l'arcade dentaire est, chez le blanc, parabolique; chez l'Australien, les deux branches deviennent parallèles ; chez l'homme de la Naulette, la courbe devient elliptique à partir de la première molaire, de sorte que la troisième molaire est plus rapprochée que la deuxième de la ligne médiane ; chez le singe, l'ellipse se referme un peu plus. Il est diftîcile de n'être pas frappé du caractère rigoureux de cette belle analyse et de se refuser plus longtemps à admettre que, jusque dans les détails les plus minutieux, la série se démontre rigoureusement alors même que la rareté des débris humains limite étroitement le champ de la comparaison, A ce titre, la convaincante communication de M. Broca vient prendre place à côté des plus décisives observations de M. Huxley.
En terminant, M. Broca a insisté une fois de plus sur l'indépendance de la doctrine sériaire des êtres vivants, par rapport à la théorie de leur transformation progressive. Alors même que celle-ci serait démontrée fausse, celle-là n'en recevrait pas la moindre atteinte ; mais, d'autre part, la prolongation de la série biologique jusqu'à l'homme pose pour celui-ci le problème de la transformation, ni plus ni moins que pour4e reste de la faune. Jusqu'à présent l'éminent professeur n'admet le darwinisme qu'à titre d'hypo-
thèse destinée à rendre compte de la distribution sériaire des êlres, et il reconnaît qu'ainsi comprise elle jette effectivement une vive lumière sur la biologie ; mais il lui manque la démonstration expérimentale, et jusqu'au jour où elle sera donnée, M. Broca entend rester polygéniste, car il n'a pu saisir aucune preuve de la transformation d'une race humaine en une autre race et, à plus forte raison, d'une espèce animale en une autre espèce.
Le temps manquait malheureusement pour la discussion des faits très-nombreux éloquemment exposés par M. Broca ; les lectures de MM. Vircbow et Schaaffausen, faites à une heure très-avancée, et toutes deux pleines d'intérêt, mais sans rapport direct avec les sujets qu'avaient abordés MM. Pruner-bey et Broca, nous laissèrent le même regret.
Le discours de M. Virchow a eu pour principal sujet l'examen des altérations produites sur les crânes anciens par l'action du sol, de l'humidité et par l'ossification prématurée des sutures. Il signale d'abord un épaississement dû au gonflement ou à Timbibition par l'humidité du sol. Cet épaississement produit souvent une sorte de porosité du tissu osseux, qui après le dessèchement semble être plus léger. Il faut distinguer cet état du véritable épaississement sclérotique des os, qui peut néammoins être associé à une espèce de raréfaction secondaire, due à la destruction ou à la perte des substances organiques ou calcaires. Il faut encore étudier la déformation des os produite par la pression des terrains ambiants et par l'action des racines végétales, étude déjà faite par MM. Broca et Bourgeois (1).
M. Virchow aborde ensuite les faits d'ossification prématurée des sutures, dont il a le premier fait connaître toute l'importance et dont nous avons parlé dans le cours de nos
(i) Sur Vétat des crânes et des squelettes dans les anciennes sépultures (Bulletins de la Société d'antUrop., 1864, p. 642).
notes (p. 312). Chaque fois qu'une suture crânienne est ossifiée trop tôt, il se produit une diminution de la croissance de l'os en surface, et le crâne ne peut pas accomplir dans la région ossifiée son évolution typique ; on sait que M. VirchoMT a formulé sur ce point une loi importante qui s'énonce : la croissance des os crâniens soudés entre eux par une ossifkatian prématurée s'arrête dans une direction perpendiculaire à la suture ossifiée.
Appliquant cette loi aux crânes anciens, Pillustre professeur recherche les cas dans lesquels l'ossification prématurée produit une dolichocéphalie ou une brachycéphalie individuelle, mais non typique, et il signale deux des crânes basques de* la collection donnée par M. Broca à la Société d'anthropologie, qui ont été indiqués par M. Pruner-Bey, comme très-brachycéphaliques ; ces crânes se distinguent de tous les autres par l'ossification des sutures sphéno*frontale, sphéno-pariétale, fronto-pariétale et sphéno-temporale. Les os frontaux et pariétaux étaient unis par synostose avec la grande aile du sphénoïde et en partie avec Técaille temporale. Il y a donc là une brachycéphalie pathologique qui ne saurait altérer le type basque qui, d'après les recherches propres de M. Virchow portant sur sept crânes provenant d'une localité voisine deBilbao, aussi bien que diaprés celles de M. Broca, est dolichocéphalique.
Mais l'ossification prématurée, pour être pathologique, n'est pas nécessairement morbide et ne conduit pas à l'aliénation ni à l'idiotie. La crâne s'accroît d'ordinaire dans une direction contraire à Taxe du rétrécissement. C^estlà ce que M. Virchov^ a nommé la loi de compensation. Elle .explique pourquoi l'aliénation mentale est liée aux degrés inférieurs des déformations crâniennes beaucoup plus fréquemment qu'aux plus hauts degrés, car ceux-ci indiquent la régulaiion^ ceux-là la lésion.
La fréquence de l'ossification de la suture sagittale produisant la forme dolichocéphalique, a conduit M. de Baër a admettre que ce caractère représente une forme typique; M. Virchow croit au contraire qu'il est individuel, mais il est loin de nier qu'il puisse être transmis par l'hérédité, et il en cite un cas observé à l'hôpital de la Charité de Berlin ; néanmoins, il pense que par la transmission héréditaire de cette anomalie, la formation d'une famille, d'une tribu, d'une race, possible a priori^ n'a jamais été constatée dans le genre humain.
Passant ensuite à la description des crânes trouvés dans le nord-est de l'Allemagne, dans les tumuli les plus anciens et dans les couches les plus profondes du sol, M. Virchow constate qu'ils sont éminemment dolichocéphaliques et qu'ils offrent les plus grandes analogies avec les crânes basques. En regard de ces ossements, il faut placer ceux que l'on attribue à la plus ancienne population slave et particulièrement aux Vendes, dont les débris portent aujourd'hui dans le Brandebourg le nom de Serbes. C est par quelques considérations historiqtjes sur les problèmes très-obscurs de la slavicité et du germanisme que le célèbre politique a terminé sa lecture. Faisons ici remarquer que de tous les hommes voués en Europe aux affaires publiques, M. Virchov^ seul assistait à un congrès qui intéresse cependant à un haut degré le problème à peine posé des nationalités, au sujet desquelles tant d'erreurs et de non-sens sont répandus dans la presse européenne*
Il était réservé au savant professeur d'anthropologie de Bonn^M. Shaafïhausen , de terminer la dernière séance du congrès par le discours le plus hardi^ le plus compréhensif et le plus intéressant de tous ceux (Jui ont été lus pendant cette session. On en jugera par le début:
Si l'homme ne fait pas exceptioil à la grande Icfi naturelle qui nous offre
non-seulement une variation accidentelle des espèces, effectuée par Tada^ tation aux milieux, mais encore une évolution progressive, du mollusque au vertébré, du poisson à Tamphibie, de celui-ci à l'oiseau ou aux mammifères, il est évident que la forme humaine s'est développée d'une organisation plus basse, d'une organisation pareille ou semblable à celle du mammifère le plus élevé, à celle du singe anthropoïde. La question est de savoir si les débris les plus anciens de l'homme préhistorique nous présentent les caractères d*une telle organisation inférieure. Dans ce cas ce fait devrait être une base nouvelle et importante pour l'affirmation d'une origine naturelle de l'homme ; mais si ces caractères ne s'observent pas, cette origine naturelle n'est point par cela même réfutée : car nous pouvons soupçonner que les débris trouvés jusqu'ici ne toudient pas à l'époque éloignée où il existait une différence considérable entre l'organisation de Thonmie actuel et celui de cette date.
U est néanmoins remarquable que malgré la rareté des ossements très-anciens, ceux que nous possédons offrent un caractère d'infériorité comparable à celui des hommes contemporains les plus sauvages, et descendant même au-dessous de ce point ; le crâne de Neander, le maxillaire de la Naulette, le prognatisme extrême de quelques mâchoires d'enfants de Page de la pierre sont dans ce cas. L'opinion que ces caractères sont exceptionnels et individuels n'est pas soutenable ; ils se montrent au contraire comme règle et sont liés les uns aux autres comme tous les développements physiologiques. De plus, ils reparaissent çà et là dans certains arrêts de développement qui sont des phénomènes d'atavisme; outre le crâne, les rapports des os, des membres, la forme du thorax et du pelvis, la perforation de la cavité olécrânienne, la rotation imparfaite de l'humérus, la direction du col du fémur, l'aplatissement du tibia, la forme du calcaneum peuvent servir de traits distinctifs.
L'épaisseur et la densité des os du crâne, le développement excessif du diploé, la rareté et le volume des empreintes des circonvolutions cérébrales, le peu de capacité du crâne sont autant de caractères communs aux crânes
DU CONGRÈS PÂLÉO-ÂISTHROPOLOGIUUE. 555
pdléontologiques et à ceux des sauvages modernes. Le rétrécissement dolichocéphalique des crânes anciens de l'Europe boréale et occidentale est frappant. Nous voyons la doîichocéphalie décroître avec les progrès de la civilisation en France et en Allemagne, où les Germains de l'époque romaine étaient dolichocéphales, tandis qu'ils offrent de nos jours un caractère opposé, ainsi que l'a démontré Welcker. Ecker a obtenu le même résultat pour les anciens et les modernes Souabes. Aussi M. Shaaffhausen a-t-il la conviction que c'est le diamètre transverse qui indique le mieux le degré des facultés intellectuelles ; c'est par ce diamètre que les cerveaux d'enfants s'accroissent le plus ; c'est aussi par là que diffèrent surtout les crânes des hommes qui sont aux degrés extrêmes du développement mental ; la forme dolichocéphaliquedoit doncdisparaitre dans un tempsdonné. Examinant ensuite les autres caractères d'infériorité, le savant professeur signale, outre les corrélations qu'entraîne la dolichocéphalie, la direction des sutures de la voûte du crâne qui chez le nouveau-né, l'enfant et la plupart des peuples sauvages ont une direction plus linéaire et plus droite, tandis que la complication non-pathologique des dentelures, indique une croissance plus lente et plus longue du cerveau, et correspond à un degré d'intelligence plus élevé. L'homme comparé aux animaux, a les sutures beaucoup plus compliquées, et leur ossification plus tardive; plus elles sont simples, nl'ailleurs, plus elles s'ossifient de bonne heure. Ici M. Shaaffhausen reproduit quelques-uns des traits signalés par M. Broca au début de la séance sur le caractère des dents et des mâchoires ; il attribue la forme elliptique de la mâchoire de la Naulette à l'étroitesse de la base du crâne dont cette forme est le corollaire, trait qui se retrouve de nos jours chez les Australiens, chez les Malais, et qui se voit sur plusieurs maxillaires très-anciens; la faible hauteur de la branche horizontale, la petitesse du condyle, la grandeur de l'angle compris entre les deux branches, sont autant de caractères inférieurs qui se constatent chez les hommes des époques les plus anciennes et
chez les enfanls. M. ShaafThausen cite un crâne de l'âge du bronze, trouvé à Olmutz et sur lequel il a observé trois racines bien distinctes à la première des prémolaires, ca- . ractère, qui selon R. Owen, est exclusivement propre au singe. Enfin, les lois du développpement sont applicables aux crânes du monde entier.
c< Il y a deux influences, dit en terminant M . Shaaflhausen , qui forment le caractère des races humaines ; le climat et la civilisation. Du climat dépendent la taille et la constitution générale des corps, la couleur de la peau, la chevelure ; c'est la civilisation qui développe le cerveau et qui forme le crâne ; elle agit aussi d'une manière indirecte sur tous les caractères d'une race, parce qu'elle peut amoindrir les effets du climat ; d'autre part, c^est souvent le climat qui favorise ou qui retarde la civilisation. » On wt que M. Schaaffhausen n'hésite pas. Il est juste de dire que la grande majorité des opinions qu'il formule presque sans réserves, est appuyée sur des faits qui les rendent vraisemblables, quoique dans la pensée de l'orateur les faits ne soient pas indispensables à une doctrine logiquement nécessaire.
Nous ne sommes pas en mesure de juger dès à présent des résultats positifs du congrès dont nous venons d'analyser ceux des travaux qui nous ont paru se rattacher le plus directement à l'étude anatomique de l'homme. Sans nul doute ils seront considérables. Et comme désormais les réunions du congrès seront régulièrement annuelles, il faut beaucoup attendre des travaux d'hommes que la seule passion du vrai anime et dirige. La prochaine session aura lieu en Angleterre, BOUS la présidence de sirR. Murchison; on dit que la suivante s'ouvrira en Belgique sur les lieux explorés par M. Dupont. Espérons que la France y sera dignement représentée, et que les études anthropologiques attireront à elles un nombre de plus en plus grand d'esprits cultivés libres do préjugés* .
Fl^
TABLE ALPHABÉTIQUE
DES MATIÈRES CONTENUES ET DES AUTEURS CITÉS
Abime et gouffre, 25*i, viii.
Abstractions : matière et esprit, 15;
espèce, 29.
Accouplement, 29.
Acéphales [Blollusques], 69.
Acopbalocystcs, 43.
Adaptation organique, 45, 68, 77.
Adultes (Singes], 151.
Agassiz, 26, 53, 64, 257. Age du bronze, 340.
— du fer, 340.
— de la pierre, 313, 316.
— — polie, 260, 520, 525.
— du renne, 331, 337.
AfM^ie» 73.
Agft90ologiques fossiles, 260.
Albefi W Grand, 28, Albinisme. 7i.
Aliéna tiofti^entole liée aux degrés inférieurs des <ji^fW<a&tions crâniennes»
Alix, 125» 222.
Aldrovrandus, 112.
AUantoïde» 178.
Allardycc, 108,
Allen, 256.
Alluvions quaternaires^ 336
Amas de Coquilles» 313.
Amnios, 178.
Amphibies, 54.
Analogie des périodes géologiques en
rapport avec les flores et les
fauncf, 61.
— .des animaux, 184.
— des nids de singes, 154.
— des races paléontologiqnes cl des
sauvages modernes, 310.
Analyse chimique ées ossements fossiles
d'Eguisheim, 277.
Anatomie et psychologie, 84.
Ancêtres des animaux modernes, 60.
— des hommes, 81.
Andalouses, 195.
Andamanites, 86.
Angle facial de Camper, 296.
— nasaj, 304.
— sphénoïdal ou de Wclcker, 302.
Angles céphaliques, 204.
— Crâniens (Mensuration des), 295,
Angola (Pays de), 107.
Animaux, leurs analogies, 18 î.
— leurs séries» 42, 49.
— et hommes : leurs rapports ana-
tomlques, 169.
— modernes, leurs ancêtres, 60.
— sauvages et dometitiques, 62, 05.
— (Conscience des), 157.
TABLE ALPHABÉTIQUE
Aotmaux (Facultés mentales des], 91.
— leurs métamorphoses spécifiques,
— domestiques; leurs modifications
anatomiques, 72
Anomalies [Hérédité des], 71.
Aniéoédence (Rapports d'),10.
Anthropiniens, 06, 240, 259.
Anthropoïdes, 76,^9, 82, 150, mentionnés par Pigafttta, 98.
Anthropomorphes, trois types, 80.
-* espèces d', 79,121.
— de Linnée, 112; caractères com-
muns des, 126.
Anthropologie préhistorique, 321
— (Société d'), 64, 289.
Aothropologiqties (Instructions], 2B9.
Anthropophagie, 165, 340.
Antipodes ethniques, 304.
Antiquité des formes vivantes, 41 .
— géologique de l'homme, 319,
— (sur les différentes méthodes em-
ployées pour l'évaluer), 317.
Anziques [Boucherie des], 166.
Ape, 110.
Appareils (Série dans les), 44.
Apparition des êtres, 50, 51, 57.
Aptitude au développement civilisateur,
Arcades zygomatiques.M^.
— sourcUiairet, 269, 274, 282.
Archéologie préhistorique, 87, 321.
— Congrès d', 321,323.
Archiac (D'], 18. 19, 20, 28, 51.
Arcos (DO, 109.
Arctopiihcques, 96, 240.
Aristote, 28.
Arracan, 130.
Articulé (Langage], 238.
Ary.ini6me, 345.
.astronomes modernes, leur cosmogonie,
Atavisme, 39.
— Simien, 82, 85, 352.
Ateles, 96, 190, 223.
Athéisme, 170.
Athintide, 97.
Atmosphère [Uodificalions do 1'), 18.
Atrophie des organes, 67.
— musculaire donnant & la main hu-
maine le caractère simien, 219.
AlUtttde des singes, 149, 158, 161,163.
Australien, 86, 90.
— (Grftned'], 300,305,307,347.
Auzoux, 222.
Avahis, 96.
Avortement des organes, 67.
Axe basi-crftnien, 298.
Azolotis, leurs modifications organiques
sous l'influence des milieux, 64.
Aztec (Phénomènes psychiques de T],
Babouin, 96, 110.
— (Crâne du), 297.
Baer (Von), 44, 45, 174, 291, 345, 351.
Baleine [Dents du fœtus de), 67
Banna (Rivière de), 101.
Barkow (de Breslau), 125.
Barris de d'Arcos^ 109.
Basalte [Hache en], 319.
Basio-occipilale (Ligne), 298.
Bassin, 196.
Bateman, 346.
Bâter, 316.
Battell (André;, 90^100, 102, 103,104, 105, 109, 114, 115, 121, 122, 124,
Baumgartner, 2, 58.
Beau (Culture et sens du], 89. .
Béclard, 2.
Belloguet (De), 345.
Benett [George), 131, 135, 130.
Ucrt, 58.
Bertillon, 61.
Bertrand (A.], 87, 340.
Besoin, !«' degré du développement humain, 89.
Besoins, leur influence sur la variabilité,
— végétatifs , sensitifs, moraux et
afTcctifs, scientifiques, 89.
Bianconi, 125.
.Bibra,277.
Bimanes, 220, 257.
Bipèdes, 257.
Bischoff(Th.),91, 92, 125, 174.
Black, 313.
DES MATIÈRES ET DES AUTEURS CITÉS
BlainviHe, 44, 96, 127.
Blount, 110.
Blamenbach, lâO, 220,265,290.
Boggoe, de Sierra Leone, 105, 111.
Bois de cerf et de renne, 525.
Bonnet (CU.), 2, 22.
Bontius, 106, 109, 112.
Bornéo, 158, 159, 146.
Borreby (Crâne de), 515.
Bory de Saint-Vincent, 205, 215.
Bodchiman (Phénomènes psychiques du),
Boucher de Perthes, 543.
Boucherie des Anziques, 166.
Boue, 545.
Bourgeois (L*abbé), 517,324, 520, 555.
Bowdich, 123.
Brachistocéphales, 294.
Brachyocéphales, 291, 293, 306, 331,
Briques organiques, 176.
Broca (P.), 34, 35, 37, 38, 40, 50, 75, 74, 85, 89, 90, 91, 190, 204, 213, 289, 295 à 296, 505, 504, 522, 559, 540, 542, 545, 546, 547/ 548, 549, 550, 353. . >. -
Broogniarl ( Ad . ) , 53. , Bronn, 19, 55 Bronze (Age du), 340.
Brooke (James), 158, 141, 144.
BruUé, 124.
Bruniquel, 545.
Bry (Les frères), 99, 166.
Bucarde, 514 Bûcbner, 14.
Buckbnd, 279, 539.
Bufibn, 51, 75, 96, 107, 110, 113, U4,
Buschmen, 86.
Busk, 267, 274, 275, 280, 295, 512,
Byron (Cerveau de), 201.
Cabanis, 35, 54.
Callosités du gibbon, 196.
Camma (Contrée de), 105.
Camper, 115, 118, 119, 195, 205, 290,
Cannibalisme, 86.
Cannibalisme africain au seizième siècle,
— chez l'homme de i'âge de la
pierre polie, 54Q.
Capacités crâniennes, 200, 542, 352.
— des microcéphales, 202.
Caractères de classes et d'ordres, 184,
Carpe, 215.
Cartailhac, 540.
Carter, 214.
Castor (Crâne d'un), 297.
Catarrhiniens, 96, 126, 240.
Causalité des modifications organiques,
Causes premières et finales, 5, 15.
— et origine, 14.
Civernes (Faune des), 5'>5, 336.
— d'Engiboul, 264, 265.
— d'Engis, 260. 261 .
— de Neanderlhal, 260, 270, 272.
— de la vallée de la Lesse, 350.
— (Habitation de l'homme dans les),
— habitées et cavernes non habitées,
— (Mode de formation et remplissage
des), 559.
Ceinture osseuse des hanches, 196.
Cellules, 176.
Celtiques (Documents), 87.
Cercopithèques, 96.
Cerf (Bois de), 525.
Cerveau, 200, 225.
— (Circonvolutions du), 227, 252.
— (Lobe postérieur du), 211, 250.
— de Byron, 201.
— d'un chimpanzé, 250, 255, 254.
— des mammifères, 225.
— des oiseaux, 225.
— des poissons, 225.
— des reptiles, 225.
— de la Vénus hottentote, 255.
— (Poids du), 234.
— (Volume du), 234.
— de l'homme et des «inges, 250.
Cervelet (Tenlc du), 231.
Chaîne animale, 42.
Chambre organique, 181.
— vivante, 170
TABLE ALPHABÉTIQUE
Chaper, 260.
Gharleslon, 110.
Charvet, 340.
Chéiromyniens, 96, 240.
Chenu, 127.
Chevelure, 354.
Chien (DéTeloppement du), 177.
— [Espèces de), 34.
— (Œuf dul, 175.
Chimpanzé, 96, 109, 121, 150.
— (Cerveau d'un), 230, 253, 25 i.
— (Crâne d'un), 198, 347.
— (Main du), 220.
Christol(De),343.
Christy, 260. 357.
Chronologie cosmogoniquc, 41.
— paléontologique. 260, 320.
Church, 289.
Circonvolutions cérébrales, 227, 352.
— — (Développement des), 233.
Civilisation, 354.
— [Inégalité des races humaines dans
leur aptitude au développement
de lu], 88.
Classements géométriques des crânes.
Classes, 184.
Classification parallélique des ôtres, 49.
— des singes, 96.
Clément, 326.
Climat, 354.
Coccyx, 193.
Coexistence de deux types humains aux époques préhistoriques de l'Europe,
Colomb, 97.
Colonne vertébrale, ses courbures, 195.
— — des primates, 102.
Corpmencement des choses, impossible,
Compensation (Loi de), 350.
Concurrence vitale, 59, 75.
Conditions extérieures, leur influence sui-
la variabilité, 61.
Congo (Royaume du), 98.
Congrès international palco-anlhropolo-
gique, 321, 323.
Conscience chez les animaux, 137 .
Constitution générale, 354.
Contradiction du fmi et dcrinfini, 9.
Conversions dynamiques et plastiques, 12.
— des forces physico-diimiques en
forc^ organiques, 22.
Cook, 86.
Copernic, 244.
Coquilles [Accumulations de), 313; en Danemark, 314.
Corde dorsale, 177.
Corne postérieure du ventricule latéral ou d'Amraon, 211, 227, 250.
Corps calleux, 226, vii.
Corrélations de croissance, 72.
— leur influence sur la variabilité,
Gosmogonies, 8.
— des poètes anciens et des astro-
nomes modernes, 11.
Couleur de la peau, 354.
Courbures de la colonne vertébrale, 195.
Couteaux de silex, 316.
Cowpcr, 107.
Crânes, 198.
— anciens altérés par l'action du sol,
de l'humidité et l'ossification prématurée des sutures, 319.
— australien, 300, 505, 307, 547.
— de babouin, 297.
— de borreby, 315.
— de castor, 297.
— de chimpanzé, 198, 347.
— (Classements géométriques des),
— d'Eguisheim, 277, 508.
— d'Engis, 268, 310.
— (Épaisseur et densité des os du),
— (Formes extrêmes des), 304.
— fossiles, 260, 309.
— d'un français moderne, 347
— de l'homme, 192.
— du kalmouck, 291 . '
— d'un lémurien, 297.
— (Mensurations angulaires des), 295, 302.
— de Néander, 312.
— de Néanderthal, 285, 308, 344.
— d'un nègre, 198, 292, 300.
— (Nomenclature des), 293.
— d'un Nouveau-Zélandais, 305.
— oblong, 293.
DES MATIÈRES ET DES AUTEURS GITES
Crânes d'mi orang, 198.
— ortbognathes, 300.
— prognathes, 300.
— rond, 290.
— (Sulures des os de la voûte du),
— d'un Tartare, 305.
— de Western-Port, 308.
Crâniologie comparée, 91, i98, 290.
Création, 10, 12,27.
— et évolution, 000.
"^ successives, 56, 334.
Crisp, 125.
Croisement, 36.
Croissance (Corrélations de], 72.
Crustacés, 314.
Culture du beau, 89.
Cummerbns, 111.
Cuvier(F.), 137.
Cuvier (G.), 27, 29, 35, 56, 96, 120, 146,
Czolbe, 22.
Dampicr, 316.
Danemark, 313.
Dapper, 109.
Darwin, 2, 25, 31, 57, 45, 53, 54, 55,
Darwinisme, 92, 242. Daubenton, 113.
Davis (Bernard), 295, 312.
Dawkins, 526, 335.
Débris de l'industrie humaine, 336.
Dédicace, xi.
Défaut d'exercice des organes, 66.
— leurinfluence sur la variabilité, 61 ,
Déformations crâniennes : à leur degré inférieur est liée l'aliénation mentale, 350.
Degrés du développement, 89.
Delaunay, 324.
Dendrites, 270, 278.
Densité des os du crâtie, 352.
Dents, 205.
— du fœtus de baleine, 67.
— de l'homme et des siqges comparées, 207, 347.
Dépôts coquilliers en Danemark, 314.
— tertiaires deThenay, 535.
Dérivation des hommes et des singes, 78.
— des formes, 94.
Descartes. 16.
Descendance modifiée (Théorie de la), 45,
Desnoyers, 333, 335, 338, 339.
Desor, 321, 326, 340. Développement (Étude du), 43,
— (Degrés difl, 89.
— embryonnaire, 47, 48.
— du chien, 177.
— des circonvolutions cérébrales ,
— du diploé, 352.
— des êtres organisés, 173.
— de l'homme, 181.
— de l'humanité, 89.
— mental de la race humaine, 171 .
— du poulet, 179.
— des tissus et des organes, 43.
■— (Série dans le), 43.
Diaslème, 207.
Dickeson, 320.
Diderot, 1, 16,21.
Dignité humaine, 247.
Diluvium, 260, 271, 346.
Diorite (Hache en), 318.
Diploé (Développement excessif du), 352.
Direction mentale de l'humanité, 6.
Disparition des types inférieurs, 52.
Distribution géographique du prognathisme et de Torlhognathisme,
— des faunes et des races humaines,
Doctrine sériaire des être vivants, 348.
Dolichocéphale, 293, 353.
Dolmens, $25.
D'Orbigny, 26.
Dowler (D'), 320.
Drift-pcriod, 337.
Drill ou dril, 109.
Dryopithecus Fonlanx, 81.
Du Bois-Reymond, 2.
Du Chaillu, 125, 161, 163, 164, 165,
Duchenne (de Boulogne), 195, 219, 2'i2.
Duméril, 65.
TABLE ALPHABÉTIQUE
Damortier, 125.
Dupont, 82, 332, 326, 330, 331. 332,
Bnvaucel, 131, 134.
Duvenioy,96,124, 127, 208.
Earle, 316.
Ébauches humaines, 79.
Échelle dea êtres, 42.
Eeker, 353. École positiviste, 5.
Edwards (G.), 113^116.
Edwards (Milne), 45.
Eguishem (Crâne d'), 277, 308.
Élaboration des germes, 25.
Elephat AfHcanus, 62.
— primigenius, 000.
Embleston, 125.
Embranchements, 27.
*- (Apparition des], 42.
Embryogénie, 44.
Embryons [analogies des), 46.
Émigration des espèces, 532.
Engeco, singe du Gabon, 103, 114.
Engé-éna ou gorille [Savage), 123; est
le pongo de Battell, 124.
Engiboul [Caverne d'), 264, 265.
Engié (Caverne d'), 260, 261.
— (Crâne d'), 268, 310.
Ensellure, 195.
Entendement (Conditions non cérébrales
de r), 237.
Épaisseur des os du crâne, 352.
Époque éocène, 317.
— . miocène, 517, 33i.
— pliocène, 317.
— quaternaire, 335.
Équivalence des forces, 2, 24.
— des ôtres vivants, 3.
— organique, 75.
Ère des métaux, 325.
Ergot de Morand, 228, 251 Eriodes, 96.
Espèce, 27, 184.
— (Hypothèse de T), 28, 38.
— (Définitions de 1'), 29, 30, 51.
— (Permanence et fixité de l'j, 26,
— [Émigration des], 552.
— (Extinction des), 40, 54, 79.
Espèces [Filiation des], 56.
— (Hultiplicité originelle des), 36.
^ [Mutabilité des), 56.
— ' [Origine des nouvelles).
— (Variabilité des), 56.
— éteintes et vivantes, leurs rela-
tions, 259.
Esprit humaia [Mues de 1'), 171.
— et matière (hypothèse). 15.
Esquimaux, 90.
— [Instruments des), 316.
État fossile, 260.
Éternité, 11, 14.
— des êtres, 12.
— de la vie, 26.
Êtres [Apparition des), 50, 51, 57.
— (Classification parallélique des),
— [Ëcbelle des), 42.
— (Évolution des), 10, 18, 20.
— (Progrès dans U successiott des^,
— organisés ( Dévdoppement des),
^ — leur succession, 44.
— - vivants (Doctrine sercaire des],
— — (Équivalence des), 5.
<— — (Transformation des), S.
Eurycéphales, 294.
Eustache, 195.
Évidence rationnelle, 10.
Évolution des êtres, 10, 18, 20.
— progressive (Théorie de T), 45.
-^ de l'embryon humain, 82.
— des types, vu.
Exercice fonctionnel des organes; son influence sur les variations, 61.
— répété des organes, 68.
— (Défaut d'), 66, Exposition universelle de 1867, 525.
Extinction des espèces, 40, 54, 79.
Face [Os de la), 202.
Facultés intellectuelles et morales^ 84.
— mentales de l'homme comparées à
celles des animaux, 91 .
Falconer, 54, Fallope, 195.
DES MATIÈRES ET DES AUTEURS CITÉS. 361
Famille, 181.
— uralo^altaïque du ramena toura-
nien, 344.
Faudel, 308.
Faune des cavernes, 535, 336.
Faunes, huit disiioctes, 257.
— (Indépendance des), 78.
— et périodes géologiques, leurs ana-
logies, 61.
— et races humaines, similitude de
distribution géographique, 64.
Fécondité indéfinie (Hypothèse de la), 26.
— des métis et des hybrides, 38.
Fer (Age du), 340.
Ferry (de), 345.
Feu (Usage du), 86.
Filhol (H.), 88.
Filiation des espèces, 56.
— progressive, 341.
Fini et infini se contredisent, 9.
Fischer (P.), 69, 119. Fitzroy, 86.
Fixité des espèces^ 56.
Flores et périodes géologiques, leurs analogies, 61 .
Flourens, 27, 34, 35.
Flower, 235, 255, 256.
Fœtus de baleine (Dents du), 67.
Fonctions intellectuelles (Si4e des), 237.
Force et matière, 15.
Forces (Équivalence des), 2, 24.
— (Métamorphoses des), 1.
— (Simultanéité et solidarité des) , 24.
— physicoMshimiques. leur couver-
sion en forces oi^ganiques, 23.
Forchammer, 314.
Ford, 144, 161.
Formes (Dérivation des), 94.
— anthropoïdes des groupes si-
miens, 80.
— transitoires, 83.
— immuables, 27.
— vivantes (Antiquité des), 41:
— crâniennes (Distribution des)
— extrêmes du crâne, 504.
— organiques, leur succession dans
le temps, 49, 57.
— -- (Transformation des), 57, 59»
Fossile, 260, 279.
Français moderne (Crâne d'un)* 347.
Franquet, 104, 163.
Fredault, 28.
Feugiens, 86.
Fttllrotb, 270, 272, 280, 285, 286, 287.
Galéopithéciens, 240.
Galéopithèques, 96.
Galien, 116.
Garrigou, 87, 88, 260, 336, 340.
Gaudry(Alb.), 55, 56,326.
Gaule (La) avant l'emploi des métaux,
Gaussin, 29, 295, 305.
Gavarret, 3.
Génération des germes,25.
Générations spontanées, 22.
Genèse spontanée, 22.
Genre, 184.
Geoffroy Saint-Hilaire (Et.), 2, 31, 61,
Geoffroy Saint-Hilaire (Isid.), 35, 44,
Germes (Génératio» et élaboration des),
— (Préexistence des), 000.
Gibb, 125.
Gibbon, 113, 126, 130. *
— (Callosités du)f 196.
Gilliéron, 320.
Giraldes, 195.
Godron, 27, 37, 72.
Gordon, 316.
Gorille, 98, 155.
— (Main du), 218.
— — comparée â celle de l'iiomme,
Gouffre et abime, 252, viii.
Grande commissure, 226.
Grntiolet, 42, 80, 125, 199, 218, 222,
Grattoir en lydite, 318.
— en silex, 318.
Graviers des vallées, 337.
Gray, 215.
Grove, 2, 3.
Guerlain, 195.
GuldensUêlt, 35.
TABLE ALPHABÉTIQUE
HibiUiitfl des CAvernes (Instimnento à»] ,
HiibiUtk>D «le rhomme dans les carernes, 335.
— lacustre, 320, 337.
HabîtodeSy leur influence sur la variabi-
— sur la transibmiation des formes
organiques, 59,68.
Ilaclie en diorite, 318.
<— en basalte, 3i9.
-^ polies, 338.
— de Saint- Acbeul, 325.
— en silex, 310.
Ilaller, 22.
Hamy, 341.
Hanches ((leinturc osseuse des], 196.
Hsnnon, 124.
IIawkins,191.
Hébert, 326.
Hegel, 14.
Hciiiiyphères cér^'braux d'un homme cl
d'un chimpanzé, 235.
Herbert (W.), 74.
Hérédité des anomalies, 71.
— des particalarités physiologiques,
-* — pathologiques, 351.
Ilélérogènes, 26, 56.
Hirn, 2.
Histoire de la terre, 18 ^ du travail, 323.
Homme (L') est un mammifère placentaire, 186.
— (Cerveau d'un), 230, 250.
— (Crâne de 1'), 192.
— (Main de V), 212.
— (Fausse déiinition de T), 211.
— comparé au gorille, 187.
— Son antiquité géologique, 317,
— (Dents de 1'), 207, 347.
— (Développement de 1'), 181.
— (Facultés mentales de 1'), 01.
— (Œuf de n, 181, 182.
— (Origine do l'), 77,341.
— (Pieds de r), 213.
— (Place de r), 170.
— (Rachis de 1'), 192.
— fossiles européens, 87.
lioDimc miocène, 333.
— des bois (Tulpins;, i05.
^ roongolo!de, 344.
Hommes, 76; leurs ancêtres, 81.
Homo caudatus, 113.
— nocturnus, 112.
— sapiens, 317.
— sylvestris (Tyson), 107.
Hooker (J.), 53.
Uoolock, 152.
Hoppins, 112, 115.
Horlack, 132.
Homer, 320.
Huître en Denemark, 314.
Humanité (Développement de T), 89.
— [Direction mentale de F), 6.
— (Transformation de T), 173.
Humidité, son' action sur les crânes anciens, 549.
Humphry, 138.
Huscbke, 283.
Huxley, v. 76, 77, 78, 83, 84, 92, 95, 94, 95, 96, 125, 127, 170, 233, 257, 242, 257, 258, 275, 280, 293 à 296, 298, 301, 305, 310, 312, 540, 342,
Hybrides (Fécondité des), 58.
Hybridité, 58, 72, 243.
— son influence sur la transforma-
tion des formes organiques, 59. Hylobates (Genre), 127, 151, vu.
H y lobâtes Lar, 115.
Hypothèse de la préexistence éternelle,
— de l'espèce, 28, 58.
— de l'esprit et de la matière, 15.
— de la fécondité indéfinie, 20.
— de l'immutabilité des formes, 27.
— du transformisme, 555.
— de la translation, 50.
— darwinienne, 92, 242.
— chronologique, 517.
Idiots microcéphales « leur similitude
avec les singes, 85.
Immutabilité des formes (Hypothèse de V),
Indice céphalique, 295.
Industrie humaine, 556, 558.
Inégalité des races humaines dans leur
DES MATIÈRES ET DES AUTEURS CITÉS
aptitude audéyeloppement civilisateur, Infini, 8, 17.
— et fini se contredisent, 9.
Ingena (Bowdich), 123.
Instructions anthropologiques, 289.
Instruments de 1 âge de pierre^ 516.
— en silex de la vallée de la Somme,
Intelligence, 236. 247.
— des microcéphales, 85.
Introduction. 1.
Isolement de l'homme, 81 .
Issel, 326, 335, 340.
Janet(P.),22.
Jaune [Sac du], 178.
— [Segmentation du), 179.
Jocko, 114.
Joule, 2.
Joulin, 196.
Jullien, 340.
Kalmouck (Crâne d'un], 291.
Khamkof, 505.
King, 313.
Kjokkenmôddings, 313, 537.
Kplliker, 38, 182.
Kooloo-Kambo, 164.
Koj;)ing (Nicolas], 113.
Kromlechs, 338.
Labat (Le P.), 63.
Laboullaye Gautier, 165.
Lagneau [G.), 29, 195.
Lamarck, 2, 31, 44, 50, 58, 59, 61, 65,
Langage articulé, 238.
Lartet. 81, 260, 316, 521, 522, 526,
Lehm, 346.
Leibnitz, 22.
Lemurien, 96, 240.
— (Crâne d'un], 297.
Lesse (Caverne de la vallée delà), 530.
Lésson, 127.
Lelourneaù, 89.
Liétard, 295.
Ligne basio-occipilalc^ 298,
Linant-Bey, 520.
Linné, 112,115,240.
Lit d'eau, 178.
Liltorine, 514.
Litlré [E.], 5, 7, 11, 51, 89.
Lobe postérieur du cerveau, 211, 230.
— optique, 225.
Lœss, 546
Loi de compensation, 550.
Long fléchisseur du pied, vu.
— — du pouce humain et simien,
Long péronier, 217.
Longet, 45, 46.
Longpéricr, 526, 540.
Lopez [Éduardo], 98, 165, 167.
Lubbock [John], 85, 87, 90, 260, 514,
316, 340. ^ Lucaî, 119, 512.
Lucifer Aldrovandi, 112.
Lydite (Grattoir eh], 518.
Lyell (Ch.), 2, 55, 87, 88, 260, 266,
Mâchoires (Projections des), 202.
— inférieure, 547.
— supérieure des primates, 209.
— du dryopithèque, 81.
— de la Naulette, 85, 347., Main, vu, 211.
— de chimpanzé, 220.
— de gorille, 218.
— de l'homme, 212.
— d'homme, à caractère simien, après
Vatrophie pathologique de quelques faisceaux musculaires, 219.
Mammifères (Cerveau des), 225.
Mammouth, 261.
Mandrill de W. Smith, 109.
Marmousets, 252, 241.
Marshall, 125, 250, 255, 255, 256.
Martin (A.), 151, 152, 153.
Martin, 325, 540.
Martin de Moussy, 195.
Martins, 517.
Matière et esprit (Hypothèses), 15.
— et force, 15.
Matteucci, 2.
Maury (Alf.), 12,555,539. .
Mayer [H.-V.], 271.
TABLE ALPHABÉTIQUE
Hécistocépliales, 29i, Veckel, 45.
Héeocépbales, S94.
Membrane Tilelline, 175.
Membres des gnndf singes, 487.
— faamjint [Proportion des], 490.
— inférieurs, 220.
Hensorations angalaires, 302.
^ — des crânes, 205, 302.
Mésaiicépbales, 203.
Mésologîe, 61. Mesure du progrès, 75.
MéUuïarpiens (Os), 215.
Métamorphoses spécifiques des animaui,
•— des forces, 1.
^ régressives, 60, 81.
Mélaux (Ere des), 325.
MéUs (Fécondité des), 38.
Métissage, son influence sur la transfert
mation des formes organiques 59.
Meyer (J.-R.). 2.
Meyer (V.). 277, 278.
Mias Kassu, 146.
Mias Pappan, 146.
Mias Rambi, 146.
Michel-Ange, 70.
Microcéphales, 82.
•^ (Capacité crânienne des), 202.
— (Trou occipital des), 205.
— (Intelligence simienne des), 85.
— leur similitude avec les singes, 85.
Milieux cosmisques, 63.
Miller (Hugh.).
Mincopies, 90.
Modifications anatomiques des animaux domestiques, 72.
— atmosphériques, 18.
— organiques (Causalité des), 241.
Moïse. 28.
Molaires (Série des), 207, 347.
Moleschott, 2, 14.
Mollusques acéphales, 69.
— en Danemark, 314.
Monde (Origine du), 4.
Montaigne, 91 .
Monuments mégalithiques, 340»
Moral, 2* degré du développement, 89.
iiorand,251, 258.
Morlot, 314, 320.
Mortillet (G. de], 29, 87. 321, 324, 325.
Morton,201,280.
Moule, 314.
Moules du cerveau d'un homme et d'un
chimpanxé, 230.
Mues de l'esprit humain, 171 .
MuUer (F.), 30.
MflUer (I.). 45, 46.
MfiUer (Saloroon), 121, 130, 132, 137,
Multiplicité originelle des espèces, 36.
— des souches humaines, 78.
Morchison, 355.
Muscles extenseurs, 216.
— fléchisseurs, 216.
— longs, 216.
Musée de Saint-Germain, collection de documents préhistoriques et celtiques, 87.
Mutabilité des espèces, 56.
Nattdin;37,74.
Naolette (Mâchoire de la), 83, 347.
Neander (Crâne de), 312.
Neanderihal [Caverne de), 260, 270,272.
— (Crâne de], 285,308,311.
Kègre (Crâne du). 198, 292, 300.
Negritos, 307.
Négroïdes, 307.
Néo-Calédoniens (Comparaison des), 316.
Nids de singes, 154.
Nilsoon, 326:
Nomenclature crâniobgique, 293.
Notocorde, 177, 179.
Nouveau-Zéhindais (Crâne d'un), 505
Noyau, 176. .
Nschego, singe du Gabon, 105.
Nschiego-mbouve, 164.
Œuf, 176.
— du chien, 175.
^ de rhomme, 181, 182.
Oiseaux (Cerveau des), 225.
Ombilic (Vésicule de n, 178.
Onymus, 119.
Opposabilité du pouce, 212.
— de gros orteil, 215, 257.
Orang-outang (Crâne d'un), 198.
— (Pouce de 1'), 222.
DES MATIÈRES ET DES AUTEURS CITÉS
Orang-outang de Tulpius, 105.
— de Bontiusy 106.
— de Tyson, 107.
— de Yosmaer, 115.
— (Genre), 157.
Ordres, 184.
Organes rudimentaires, atrophiés, arrortés, 67.
— (Exercice répété des), 68.
— (Défaut d'exercice des), 66.
^~ (Développement des), 63.
Orgueil humain, 92.
Origine du monde et de Tuniver.*, 4.
— divine, 92.
. — dcThomme, 77.
— des singes et de l'homme. 341.
— et causes, 14, Origines [Problème des), 4.
— de la vie organique, 17.
— il y en a pour les formes, non
potir la vie, 7.
— relative, 17.
— des nouvelles espèces, 40.
Orteil (Opposabilité du gros), 212.
— des résiniers, 213.
Orthocépbales, 293, 294.
Orthogtiathes, 295.
Orthognalhisme (Distribution géographique de r), 303.
Os du crâne (Épaisseur et densité des),
— de la face, 202.
— sacrum, 193.
Ossements humoins fossiles, 259.
Ossification prématurée des sutures, 312 ,
son actiou sur les crânes anciens,
Ovide, 97.
Owen (R.), 53, 66, 120, 122, 124, 149,
Pallas, 282.
Palm, 116.
Parties molles des différentes races [Comparaison des), 289.
Peau (Couleur de la), 354.
Pelvis, 196.
Pengelly, 316.
Pennetier [G.], 94.
Perera Manuel Silveit a, 99.
Perfection croissante, 42.
Périer, 40.
Périodes géologiques , leurs , analogies
avec les flores et les faunes,
— ghtciairc, 520.
— néolitique, 260.
— paléolithique, 260.
— quaternaire, 520.
— tertiaire, 317.
Permanence des espèces, 26, 35.
Petit hippocampe, 211, 228, 250.
Phénomènes géologiques quaternaires ,
— intellecluels et moraux, com-
paraison de l'homme et du singe, 86.
— psychiques, 247.
Pieds, vil, 211, 213.
— de l'homme, 213.
Pierre (Age de la), 313.
— polie (Age de la), 260, 320, 523.
Pigafetta, 98, 165.
Pilhecus, 113.
Physiologie comparée, 86.
Place de Thomme, 170. Placenta, 178.
Plan occipital, 301.
— orbitaire, 199.
Planète (Transformations de la), 18.
Platon, 28.
Platyrrhiniens, 96, 240.
Pline, 1, 98..
Poêles anciens, leur cosmogonie, 11 Poids du cerveau, 234.
Poignet, 215.
Poissons (Cerveau des), 225.
Pollex, 212.
Polygamie, 78.
Pongo, mentionné par Battell, 100.
— de Wurmb, 119.
Poi-phyre, 28.
I*ouce (Opposabilité du), 212.
— de l'orang, 222.
Pouchet(F. A.), 26, 28,56.
Pouchet[G.). 31,326, 332.
Poulet (développement du), 179.
Préexistence éternelle (hypothèse de la),
— des germes, 25.
TABLE ALPHABÉTIQUE
Prélace de l'auteur pour l'édilion fraaçaisc, T.
— du traducteur, xiii.
Préhistoriques (Documents), 87.
Prévost (L'abbé], 115, 114.
Prévost, 339.
Prichard, 6i, 190.
Primates, 96, 240.
— (Colonne vertébrale des), 10*2.
— (Mâchoire des), 200.
— (Squelette des), 101.
— (Vertèbres des^ 103.
Problème des origines, 4.
Proboscidiens fossiles, 54.
Proém^inences aourcilières, 205.
Pi'ogDafhe?, S9S, 295» 3tl.
— (Nations les plus), 206.
Prognathisme (distribution géographique
du), 303.
"^ (Mesure du), 205.
Progrès organique, 57.
— dans la succession des êtres, 75.
Progression vitale dans le temps, 51 .
Pro|)ortion des membres humains, 100.
Pniner-Bey, 83, 01, 125, 105, 208, 204,
Psychologie et anatoniic, 84.
Purchas, 00, 100, 102, 104, 115, 114,
Pygmœus Edwardi, 112.
Pygmée (Tyson), 108.
Quadrumanes, 220, 257. Quadrupèdes, 220, 257.
Quatrefages (de), 26, 28, 30, 35, 50,
Queue rudimentairc, 105.
Quoias Morrou (Tulpius), 105.
Races, 40<
— domestiques et sauvages, 67.
-** arienne, 344»
— dolichocéphale préhistorique, 344.
<— humaines et faunes (Similitude
de distribution géographique des), 64* '^ humaines (Succession des], 3i2.
Races humaines, présentent dans les temps préhistorique des caractères différents des races contemporaines, 341 .
— paléontologiques , leur analogie ' avec les sauvages modernes,
— antipodes, 306.
Rachis de l'homme, 102.
Radermacker, 116, 118.
Rameau touranien, 344.
Rapports anatomiques de l'homme et des
aninuux, 160, vi.
Rathke, 174.
Réaumur, 73.
Reboux, 323.
Règne animal, 184.
-* humain, 156 irimliu, 174.
Rcid, 201.
Relations mntaeAKéoft animaux les plus élevés et de» ftfNMnes, 76v
— > entre les espèces cteâitos.et^les espèces vivantes, 250.
Iferaak, 174.
Remplissage des cavernes, 338.
Renne (Age du), 331, 537.
— (Bois de], 325.
Reptiles (Cerveau des], 225.
Résiniers (Orteils des], 203.
RetBius, 205, 344, 545, 346.
Reynaud (Jean), 13.
Rhinocéros laineux, 261.
Robin (Ch.), 25, 51.
Rolleston, 125.
Roujoux, 00, 340.
Roulin, 63, 64, 282 Royer(M"- Clémence), 25, 61, 60.
Rudiments d'organes, 67.
Rudolphi, 120.
Sablonnières de Saint-Priest, 335.
Sac du jaune, 178.
Sacrum, 103.
Saint- Acheul (Hache de), 323*
Saint-Germain (Musée de], 87.
Saint-Priest (Sablonnières de), 535.
Sandifort,121, 250, 258.
Sanson (A.), 20; 72.
Satyrus Indicus (tulpius], 105, 112
DES MATIÈRES ET DES AUTEURS CITÉS
Sauvages de l'ancien et du nouveau continent, 85, 316.
Savage (Thomas), 105, 122, 123, 124, 150, 151, 152, 155, 159, 160, 163,
Scepticisme, 170.
Scbermidt, 265, 266.
Scheurçr-Kestner, 277.
Schlegel, 121, 137, 138.
Schmerling, 261, 262, 264, 265, 266, 267, 279, 343.
Schrœder-van-der-Kolk, 250, 258.
Schwab, 326.
Science, 89.
Scotin, 115.
Sedgwick (J.-B.), 53, 305.
Segmeniflition du jaune, 179.
Seguin, 2, 5.
Sélection, 242.
— artificielle, 70.
• — naturelle, 54, 59.
— spontanée, 70.
Sens du beau, 89.
Sentiment, 246.
Sépulcres, 538.
Série animale, 42.
-^ dans le développement, 43.
•** dana les appareils, 44.
— sa signification, 55.
— des molaires, 207, 347.
-— parallèle des singes, 80.
Serres, 45.
Shaaffbausen, 83, 270, 275, 282, 284,
Siamang, 131.
Siège des fonctions intellectuelles, 237.
Silex [Couteaux de), 316.
— des dépôts tertiaires de Thenay,
— (Grattoir en), 318.
— (Hache en), 316.
— en lames, 325.
— taillés, 323, 538.
-^ de la vallée de la Sorame^ 323,
Simia, 127.
Similitude de la distribution géographique des fauni^s et des races humaines, 64.
Simultanéité des forces, 24.
Singes (QosiliKation des], 96.
— h Umgs bras, 113.
— anthropomorphes, 97.
— (Cerveau des), 250. '
— (Denis des), 207, 347.
— (Origine des), 341.
— (Tronc des), 190.
Smith (W.), 109,110, 112, 113.
Scemmeriog (de Mayence), 119.
Sol (Action du) sur les crânes a ncicns,549.
Solidarité des forces, 24.
Solulré, 545.
Somme (Instrument en silex de la vallée
de la), 323, 324.
Souches humaines (MuHipliciiédes), 76.
Sous-brachycéphales, 293.
Sous-dolichocépbales, 293.
Sous-règne des vertébrés, 184.
Spencer-Saint-John, 138.
Spinoza, 14.
Spring (de Liège), 87, 266, 510, 311,
312, 340. Squelette des Primates (Comparaison da),
Squier, 340.
Steenstrup, 314.
Structure cérébrale de l'homme et dos
singes, 250.
Succession dans le temps de for.ncs organiques, 49, 57.
— > des êtres organisés, 41.
— patéo>zoologique, 337.
— des races humaines, 342.
Sutures de la voûte du crâne, 353. .
*— (Ossifîca tion prématurée des) , 3 12 .
Swammerdam, 22.
Tache germinative, 175, 178.
Taille, 354.
TarUre (Crâne de), 500, TO^.
Tasmaniens, 86.
Temminck, 115, 121,138.
Tente du cervelet, 231.
Télés courtes, rondes et brachyocôplia-
liques, 306.
Thenay (Dépôts tertiaires de), 333.
Théorie de la progression vitale dans le temps, 51.
— de l'évolution progressive, 45.
Thomson, 125.