‹ De la place de l'homme dans la nature (volume 3)Chapitre 4 sur 31 · VI PRÉFACE DE HAUTEUR · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE DE HAUTEUR

quer d'un respect légitime envers un homme aussi éminenl (1).

L'argument de mon Essai sur les relations de rhomme et des animaux infàieurSy peut se résumer simplement de la façon suivante :

Les différences de structure enlreThomme elles primates qui s'en rapprochent le plus, ne sont pas plus grandes que celles qui existent entre ces derniers et les autres membres de l'ordre des primates. En sorte que si l'on a quelques raisons' pour croire que tous les primates, l'homme excepté, proviennent d'une seule et même souche primitive, il n'y a rien dans la structure de Thommequi appuie la conclusion qu'il a eu une origine différente.

J'ai examiné avec l'attention la plus soutenue les nombreuses critiques que ces Essais ont provoqués pendanl ces cinq dernières années, mais je n'ai pu en rencontrer qui, au plus petit degré,* affaiblissent leurs arguments.

La polémique au sujet du cerveau (p. 250) est close; tous les anatomistes loyaux et compétents se sont

(1) Le lecteur voudra bien supprimer k la page indiquée \e» mots : qu'il aurait faite, et les remplacer par : qu'on aurait faite (ligne 14). J'ai, en effet, attribué à Lamarck la promesse et la formule d'une doctrine c sur le progi'ès continu et régulier des formes organiques, the ordained con-tinuous becoming of organic forms, » tandis que cette formule et cette promesse sont dues à un célèbre naturaliste anglais que nous- ne nommerons pas, puisque M. Huxley n'a pas jugé à propos de le nommer, et h qui reviennent de droit les critiques de M. Huxley. Pour comprendre que ces critiques s'adressaient à ce naturaliste, il fallait savoir que la formule obscure et à peu près intraduisible que nous citons était de lui. On nous excusera sans nul doute de l'avoir ignoré. {Trad. )

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depuis longtemps déclarés en ma faveur. Il n'est pas jusqu'au léger doute que j'ai élevé au sujet de Tabsence prétendue du corps calleux dans les mammifères inférieurs (p. 226) qui n'ait reçu sa justiOcation complète des admirables recherches de M.Flower (1). qui établissent Texislence du corps calleux chez tous les mammifères.

Quant à la main et au pied, les seules objections importantes aux vues que j'ai émises, sont venues du regrettable Gratiolet et du professeur Lucsb. Ce dernier a été, à mon avis, complètement réfuté par M. Mivart, dans un laborieux mémoire 5ur les Appendices du squelette des prhnates (2), quant au premier, je dirai seulement que je ne puis bien saisir la portée de ses raisonnements.

En fait, le long fléchisseur du pouce, au sujet du- i quel on a tant écrit, existe chez le chimpanzé, ; (quoique peut-êlre il n'y existe pas constamment) ) et se montre, bien développé, chez Vhylobates.

En résumé, je tiens maintenant pour démontre que les différences analomiques du ouistiti et du . chimpanzé sont beaucoup plus grandes que celles t du chimpanzé et de Thomme. De sorte que si des j causes naturelles quelconques ont suffi pour faire évoluer {to évolué) un même type souche, ici en ouis-

(1) flower, PkUosophical Transactions.

{%) yLiy^ri, PhilosophicalTraiisactiotis. 18d7.

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lili, lu en chimpanzé, ces mêmes causes ont été sufiisanles pour, de la même souche, faire évoluer (to évolue) rhomme.

Quant à la question de savoir si les causes naturelles peuvent ou non produire ces transformations, je ne m'en mêle pas, satisfait de la laisser aux mains puissantes de M. Darwin.

Ayant ainsi fait la part aux critiques de mes adversaires, un mot ou deux maintenant en réplique à celles qui me viennent de régions amies.

[Mon excellent traducteur, par exemple, est Fun des nombreux écrivains qui ont blâmé (p. 252) 1 usage des mots ahîme ei gouffre^ quand je parlais des difiérences qui existent entre Thomme et les singes.

Mais ces mots rendent exactement ce que je dois en comprendre.

Il m'arriva un jour de séjourner durant de nombreuses heures, seul, et non sans anxiété, au sommet (les Grands-Mulets. Quand je regardais à mes pieds le village de Chamounix, il me semblait qu'il gisait au fond d'un prodigieux ahîme ou gouffre. Au point de vue pratique, le gouffre était immense^ car je ne connaissais pas le chemin de la descente et si j'avais tenté de le retrouver seul, je me serais infailliblement perdu dans les crevasses du glacier des Bossons; néanmoins je savais parfaitement que le gfou/jT)'^ qui me séparait de Chamounix, quoique dans la pratique inlini, avait été traversé des centaines de fois par ceux

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qui connaissaient le chemin et possédaient des secours spéciaux.

Le sentiment que j'éprouvais alors me revient quand je considère côte à côte' un homme et un singe; qu'il y ait ou qu'il y ait eu une route de lunà l'autre, j'en suis sûr. Mais maintenant, la dis- nu, r^^/ lance entre les deux est tout à fait celle d'un abîme «^^ J"^ 3^ iplainly abysmal)^ et, pour mon compte, j'aime mieu}^^^^ reconnaître ce fait aussi bien que l'ignorance où je//./). suis du sentier, plutôt que de me laisser choir dans^^/'' une des crevasses creusées aux pieds de ces cher-' clituib iiiipalltiils, qui ne veulent pas attendre la direction d'une science plus avancée que celle du temps présent.

J. Th. Huxley.

Lomlon, Geoiogical Muséum, Jermyn sireet.

15 novembre 1807.

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