‹ De la Plata à la Cordillère des AndesChapitre 164 sur 273 · TUE: RSS) EME EE · texte numérisé non relu

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onie de Russes-Allemands. Enfin, une colonie francaise d’'Aveyronnais occupa, dès 1884, sur une autre partie du domaine, à Pigüé, une étendue de 95,000 hectares. Elle en possède 50,000 aujourd'hui.

Ïl ne reste désormais à la Société de Curumalan qu'une trentaine de lieues! à vendre, administrées par elle.

Nous nous arrêtlâmes à Pigüé. J'étais curieux de voir ce qu'étaient devenus ces Auvergnats laborieux que des agents recruteurs allèrent chercher chez eux il y a vingt-cinq ans, en les tentant par l’espoir d’une fortune certaine et rapide.

Pigüé est presque un bourg français. Au lieu de: maisonsitaliennes à Loit plat, surmontéesde balustres, ou de la demeure espagnole étroite et longue, avec ses patios intérieurs, que, seules, Je vois depuis bientôt Six Mois, Voici des maisons campagnardes françaises bâties en pierre du pays, de construclion carrée, en façade sur la rue, avec un jardinet derrière, une porte cochère ou une barrière fermant une cour latérale. Aux enseignes des magasins se lisent des noms français : Bonnet, Caussade, Vigouroux, Roumieux, Favre, etc. C’est dimanche. Au café principal de la

petite ville, des paysans sont altablés, quelques-uns.

1. Je répète, pour ceux qui me reprochent de mal calculer ia superficie en lieues et en hectares, que la lieue carrée argentine est un carré de 5 kilomètres de côté, et non de 4, comme en France, ce qui fait 2,500 hectares à la lieue. Je croyais avoir noté cette différence dans mes premiers chapitres.

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jouent aux cartes, d’autres au billard, dans la fumée des pipes et des cigares. Tous, endimanchés, ont la tenue de nos bourgeois de province. J’en interroge quelques-uns. Gertains, arrivés ici depuis vingt ans, n'ont point encore fait fortune: d’autres, appelés par des parents et des amis et fixés dans la colonie depuis quelques années seulement, ont déjà des chacras d'une superficie variant de cent à six cents hectares. La plupart arrivent à payer leur terre au bout de cinq à six années avec le produit du blé£, Ils sont alors propriétaires.

L'un d'eux, M. D..., possède, près de la petiteville, une fort Jolie propriété, dont il nous fit aimablement les honneurs. Plantée sur le haut d’une colline, sa maison est précédée d’une large avenue bordée de saules pleureurs. De chaque côté, des rideaux de peupliers encadrent des champs en culture. Sa terre, qui vaut actuellement 280 francs, est louée à raison de 24 francs lhectare pour la culture des céréales. de T1 à 13 francs pendant les années consacrées à l’élevage. S'il l’exploite lui-même, elle lui rapporte de 25 à 30 p. 100.

— Comment procèdent les colons qui travaillent eux-mêmes leur lot? demandai-je à M. D...

— En général, pendant cinq ans, ils cultivent le blé qui leur donne dans les belles années 1,200 kilogrammes à l’hectare, en moyenne 1,000 kilogrammes. Puis ils laissent la terre se reposer pendant trois ans en y Meltant des moutons ?. Certains ont installé à

1. Actuellement le terrain s’achète 280 francs lhectare, à crédit, avec 9 p. 100 d'intérêt.

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