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aussi longiemps qu'un incendie n’aura pas éclaté dans un théâtre.
Les lieux qu'on appelle « endroits de plaisir », à Buenos-Aires, m'ont paru plutôt sinistres. Dans ces Gasinos, ces Scalas, petites salles où ne vont pas les dames de la ville, où les hommes se cachent derrière des grillages, on voit tout ce que refusent les bouibouis parisiens de dernier ordre. De pauvres filles stupides et sans voix représentent le chic et le chien, et l'esprit de Paris, et la blague montmartroise, entre une danseuse espagnole, un acrobate désarticulé, une femme-serpent et un cinématographe. La loge de ces boîtes se paye 40 francs. Les femmes, appointées misérablement, sont tenues de demeurer dans la salle avant et après leurs morceaux, jusqu’à la fin, ou doivent payer des amendes. À ce métier complexe. les tenanciers font des fortunes considérables et rapides.
Les jeunes fêtards et les vieux célibataires, mélés à des étrangers vont là tuer les heures des longues soirées. Dans les couloirs des loges du premier étage, se rencontrent quelques filles françaises, belges, allemandes, hongroises, espagnoles et locales, ces dernières en minorilé. J'ai visité ces lieux plusieurs fois. On y a l’impression d’une débauche modérée extérieurement, un peu popote, quelque chose comme les endroits de récréation de nos villes de province méridionales.
Petits drames passionnels, fâcheries, bouderies, racommodements, changements de mains, que Îles habitués du lieu savent et se racontent entre eUx, forment à peu près les seuls sujets de conversation de ces groupements dénués de folie.
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