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dis donc que j'avais été favorisé et que je ne devais ne.
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pas juger de l'hospitalité locale par ma propre expérience.
En eflet, après quelques semaines, lEuropéen est assuré que le goût de recevoir n’est point très déve-
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loppé ici. Une société composée de deux cents familles se voit constamment au Corso quotidien, 4
aux courses, tous les soirs au théâtre pendant Ja saison, les femmes, très souvent en visite, les hommes presque journellement au cercle. La sociabilité s’arrête à ces rapports extérieurs, à ces cérémonies mondames, toutes d’apparat. Les maisons ne s'ouvrent qu'à demi, les réceptions et les dîners sont rares ou limités aux parents et aux intimes, la vie de salon quasi nulle.
L’étranger est presque absolument exclu de ces cercles fermés. Et je ne sais rien de plus pitoyable que les visages moroses des jeunes secrétaires de légations privés ici de tous les plaisirs mondains de nos capitales européennes, promenant leur mélancolie de Florida à lHippodrome, du Jockey-Club à Palermo. Si, en dehors des salons, d’autres distractions leur
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étaient possibles! Mais ils n'ont que rarement la ! ressource du théâtre, puisque toutes les places sont louées. Point de restaurants ni de cafés élégants où se rencontrent les soupeurs après le théâtre, ni de cabarets de noctambules, ni de boulevard! Ils ne savent, positivement, où passer leurs soirées.
Seuls les hôtes de marque sont accueillis avec une sympathie active. On est fier de leur montrer les proorès de la métropole, de leur ouvrir deux ou trois salons, toujours les mêmes, d’ailleurs. Mais qu'un étranger, fût-il d'excellente famille, arrive à Buenos- Aires, muni d'introductions chaleureuses auprès de vrais créoles, il aura, en réponse, des cartes pas toujours, un mot aimable rarement. Îl entendra répéter : mi casa esta suia (ma maison est à vous). On sera poli avec lui lorsqu'on le rencontrera, on l’invitera même un peu au Jockey-Club s’il ne doit pas demeurer longtemps à Buenos-Aires; cependant sauf exceptions, il ne pénétrera pas dans l'intimité du home et de la famille créole. H y a là beaucoup des habitudes espagnoles et un peu des mœurs arabes.
Dans son isolement et la vie morne à laquelle il sera réduit, le nouvel arrivé se rendra vite compte que l’homme de ce pays ressemble bien à ses frères méridionaux, et que, si la collectivité argentine aime indiscutablement la civilisation d'Europe, les produits de son luxe et de son génie utilitaire, si elle appelle sa main-d'œuvre et ses capitaux, l’Argenün demeure personnellement assez réfractaire à l’étran- : ser en chair et en os. |
Comparez cette réserve, cetile indifférence avec | l'accueil empressé que vous fait un Américain du Nord près de qui vous êtes introduit; avec la bonho-
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