‹ De la Plata à la Cordillère des AndesChapitre 95 sur 273 · BI · texte numérisé non relu

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pleines d'images, de photographies, de candélabres, de vases, de nappes d’autel aux fines dentelles, de bustes et de statues allégoriques, véritables monuments, hauts de sept à huit mètres, avec perrons d'une dizaine de marches de marbre, parvis et colonnades, flèches gothiques, dômes et coupoles.

On s'arrête aux sujets qui les ornent. À l'entrée du cimetière, une statue de femme que des foules lapidèrent plusieurs fois, a l'air infiniment triste et pleine de reproche; elle semble dire : « Est-ce ma faute si l’on m'a mise ici? Pourquoi me lapider ainsi? » Là repose la fille de Facundo Quiroga, el higre de los llanos (le tigre de la plaine) ,ce caudillo fameux, agent du tyran Rosas, qui suscita tant de haines farouches. Plus loin, un homme de pierre se précipite, du sommet d’une pyramide, une ceinture de sauvetage à la main : c’est le tombeau d’un personnage qui périt dans un naufrage, en sauvant une femme. Ailleurs, une jeune fille met la main sur une porte close. Sa mort frappa les imaginations : au moment de partir pour l'Opéra en grande toilette, elle était tombée raide morte. À l’intérieur d’une vaste chapelle, quatre jeunes femmes de marbre, grandeur naturelle, et ressemblantes, paraît-il, encadrent le buste de leur père. Voici une tombe plus simple : un rosier monte de chaque côté de la porte, un médail-

lon et un petit relief symbolique ornent le mur :

Bartolome Mitre repose là.

Cité brûlante, grillée par le soleil, qui n’incite pas au recueillement et ne dégage pour le visiteur aucune émotion. Il lui faut un trop grand effort pour s abstraire du bruit de la ville qui lentoure, de ces architectures ambitieuses, de cette préoccupation

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