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vescence. de cas. P. 400.
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Ce tableau nous montre que la pneumonie franche achève le plus habituellement son évolution du cinquième au neuvième Jour
Par conséquent nous pourrons avec M. Bernheim appeler abortives, les pneumonies qui font leur défervescence avant le cinquième jour.
En même temps, nous remarquons que, sur les 721 cas observés, la défervescence s’est faite 91 fois avant le cinquième jour. On rencontre donc en moyenne une forme abortive sur huit pneumonies.
Cette définition étant adoptée, et l’équivoque n'étant plus possible, nous arrivons à l’étude clinique de la maladie.
Il est admis par tout le monde que la pneumonie commune est rarement précédée de prodromes, et s'annonce d’une façon absolument brusque, brutale même, le plus souvent chez un sujet en pleine santé.
La forme abortive a-t-elle un début analogue? Wunderlich lui distingue deux modes d’invasion. Dans une première série de cas, suivant l’auteur, on observe un frisson, suivi d’une augmentation brusque et très considérable de la température qui monte quelquefois jusqu’à 41° et revient à son état normal dans l’espace de deux ou trois jours. Dans la seconde cetégorie, la température s'élève plus lentement, et ce n’est
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guère avant le troisième jour qu’elle atteint son maximum (à peine 40°) pour redescendre aussitôt. Il est vrai que la première forme serait de beaucoup la plus fréquente et que l’autre serait même extrêmement rare.
Chez nos malades, nous avons vu presque toujours l’affection s’annoncer brusquement par un frisson, le plus souvent unique. Dans quelques cas (Obs. III, VII), cette invasion a été accompagnée de maux de tête, nausées et vomissements.
Le frisson est suivi le plus habituellement d’un point de côté, mais celui-ci peut ouvrir la scène, comme nous lPavons remarqué un certain nombre de fois (Obs. I, IV, VII, IX, X, XII). Le frisson ou le point de côté peut faire défaut. Dans un cas (Obs. XD), il n’y eut même ni frisson, ni point de côté; une température de 385 attira seule l'attention vers le poumon et fit découvrir tous les symptômes physiques d’une pneumonie.
Mais dans ces cas particuliers, nous pensons qu’il faut attribuer l’absence de frisson et de point de côté à l’âge du sujet plutôt qu’à la nature bénigne de la maladie.
Dans quelques circonstances rares, où nous avons observé des prodromes, ceux-ci consistaient en céphalalgie (Obs. TD), : anorexie (Obs. XX), sensation de fatigue (Obs. VI). Dans deux cas, les malades étaient affectés de bronchite, l’un depuis huit
jours (Obs. XII), l’autre depuis quinze jours (Obs. IV).
En résumé, le début de la pneumonie abortive ne diffère en aucune façon de celui de la pneumonie ordinaire.
l'affection une fois déclarée, la température s'élève rapidement et acquiert, souvent dès les premiers instants (24 ou 36 heures) le degré le plus haut qu’elle doit atteindre, absolument comme dans la forme commune, de sorte qu’au début, rien ne saurait faire prévoir que l’évolution va s'arrêter au lieu de suivre son cours normal.
Chez tous les adultes qu’il a été possible d'observer dès le commencement, on a toujours vu la température monter au moins jusqu’à 40° avec légère rémission matinale.
Chez les vieillards, elle est restée plus basse, variant le plus habituellement entre 38 et 39°. Chez un seul (Obs. XIHID), elle a atteint 40°2,
Le pouls a toujours suivi une marche parallèle à celle dela température et a présenté des différences semblables chez l'adulte et chez le vieillard.
Quant au mode de défervescence, nous ne lui avons rien trouvé de particulier. La fièvre est toujours tombée très rapidement, parfois même dans l’espace de quelques heures.
Nous avons remarqué également, que le lendemain de la défervescence, la température descend quelquefois au-dessous de 37° et cet état hyponormal peut persister pendant quelques jours. Cest encore là un signe commun avec la pneumonie franche.
Dans nos vingt observations, la chute de la température entre le 1° et le 5° jour, s’est faite dans les proportions sui-
vantes:
Dans 1 cas, la durée de la maladie a été de 1 jour et demi; — à — — — 2 jours ; sr NE — -- 2 jours et demi ; — 1 — — — 3 JOUrS ; nor — — — 3 jours et demi ; — D — — = 4 jours.
Leube cite même deux cas où la défervescence s’est faite le premier jour. Dans la première observation, il s’agit d’une pneumonie droite qui s’est présentée avec tous les symptômes habituels: frisson, point de côté, crachats sanguinolents, matité et respiration soufflée à l’aisselle droite. La température qui était de 40°3, le premier jour, à midi, est tombée à
ne re 373 le lendemain matin et se mit à osciller les jours suivants entre 86°5 et 37°.
Le deuxième cas concerne un jeune soldat de 22 ans, où l'affection s’est présentée avec les mêmes caractères. La température qui s'était élevée le premier jour à 40°7 est descendue à 37°8 dans l’espace de 24 heures.
M. Letulle pense qu’il faut mettre en doute ces cas rapportés par l’auteur allemand où la pneumonie n’a duré qu’un jour. Evidemment des exemples de ce genre sont très rares; mais ils existent et pour s’en convaincre, il n’y à qu’à se reporter à notre observation XX que nous citons un peu plus loin. Il s’agit ici de deux rechutes de pneumonie survenues chez le même individu et qui n’ont duré la première que 24 heures, la seconde 12 heures seulement. ;
Nous arrivons maintenant à l’étude des signes physiques de la pneumonie abortive.
Nous avons observé dans la plupart des cas une expectoration peu abondante, visqueuse, adhérente au vase avec crachats rouillés caractéristiques, cette expectoration ayant persisté la plupart du temps, après la chute de la température. Dans quelques observations, l’expectoration a été nulle ou non caractéristique ; mais il est à remarquer que ces dernières ont trait à des pneumonies de vieillards. Or personne n’ignore que la pneumonie commune est souvent défigurée dans la vieillesse et que les crachats rouillés font fréquemment défaut.
Mais dans tous les cas concernant les adultes, du moins dans ceux que nous avons observés nous-même, l’expectoration a toujours été pathognomonique. Sous ce rapport, nous ne partageons pas lavis de M. Lépine (1) qui veut que les crachats
1. LÉPINE. — Pneumonie (Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie praliques).
Eee de cette forme de pneumonie soient visqueux, blanes ou tout au plus safranés, mais jamais rouillés.
L'examen bactériologique des crachats a été pratiqué seulement chez deux malades et chez eux on a trouvé le microcoque spécifique de l’infection pneumonique. Il est regrettable que ces recherches n’aient pas été faites un plus grand nombre de fois, pour convaincre les quelques médecins de la vieille école qui persistent encore à croire que les formes abortives de la pneumonie n'existent pas, mais auraient été prises, dans quelques cas du moins, pour des poussées tuberculeuses.
La percussion fournit certains signes importants, caractérisés par de la matité ou de la submatité au niveau du point où siège le foyer paneumonique. Dans un certain nombre de cas, nous avons observé un son tympanique plus ou moins accentué, en avant, en haut et du côté de l’affection (Obs. IT, X et XIV). Une seule fois (Obs. D) cette sonorité tympanique existait des deux côtés.
D’après M. Lépine, qui fait de la pneumonie abortive une simple congestion aiguë du poumon, on ne rencontrerait jamais d'augmentation des vibrations thoraciques. Ce signe s’il existe, doit être en effet bien rare, car il n’a pas été noté une seule fois dans nos observations. M. Letulle en rapporte cependant un cas bien net, que nous lui avons emprunté, et qu’on trouvera mentionné dans l’observation XV.
L'auscultation nous présente des signes qui ne diffèrent pas sensiblement de ceux de la pneumonie commune ; ràles crépitants ou sous-crépitants avec leurs caractères, respiration plus ou moins soufflée, qui prend dans certains cas le timbre rude du souffle tubaire.
Jusqu'à la bronchophonie qu’on rencontre dans quelques circonstances (Obs. XIII, XIV et XVI) empruntées à MM. Bern-
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heim et Letulle, nous n’avons observé qu’une seule fois ce caractère (Obs. VII).
Certains auteurs, entre autres M. Lépine et son élève M. Dupasquier, ont dit que le souffle, quand il existe est un souffle doux ayant son maximum à la racine des bronches, ce qui prouverait qu’il est symptomatique d’une simple congestion pulmonaire et non d’une hépatisation.
Sans nier que le souffle et la bronchophonie n’acquièrent pas chaque fois cette âpreté, cette résonnance métallique qu’on rencontre dans certains cas de pneumonie franche, néanmoins, quand ces signes sont accompagnés de matité et de crachats rouillés, on est bien obligé d'admettre non pas un simple engouement, mais une hépatisation du parenchyme pulmonaire.
D'ailleurs, comment expliquer la persistance des phénomènes physiques quelques jours après la chute de la température? S'il y avait simple congestion, ceux-ci disparaitraient en même temps que la fièvre, c’est-à-dire beaucoup plus vite, tandis que, s’il existe véritablement une hépatisation, il faut que les alvéoles se débarrassent de lexsudat qu’elles contiennent, ce qui demande toujours un certain laps de temps.
M. Letulle cherche, au moyen d’une troisième hypothèse, à concilier les deux opinions précédentes, et se demande « sil ne serait pas rationnel d'admettre dans la pneumonie abortive, au moins pour les cas durant trois ou quatre jours, un noyau central d’hépatisation entouré d’une large zône de congestion ».
L’anatomie pathologique de la lésion étant tout à fait inconnue, il est difficile de se prononcer d’une facon absolument certaine, mais si l’on s’en rapporte uniquement aux symptômes observés, on est bien obligé de songer à la présence d’un noyau hépatisé quelque petit qu’il soit.
Dans la forme abortive, comme dans la forme ordinaire de la pneumonie, la défervescence est souvent accompagnée de phénomènes critiques : herpès, sueurs profuses, diarrhée, urines abondantes et albumineuses, jusqu'aux épistaxis ; tous ces caractères ont été signalés.
Parmi ceux-ci, le plus commun, et celui sur lequel les observateurs ont le plus insisté, est, sans contredit, l’herpès. Marotte avait déjà signalé ces éruptions dans une observation de pneumonie qui se termine le quatrième jour. M. Letulle rapporte également un cas de pneumonie abortive avec plaques d'herpès au niveau des lèvres. Notre observation IV fournit aussi un exemple où de petites vésicules herpétiques auraient apparu à la période critique de la défervescence.
Il existe même des circonstances où l’apparition de cet herpès, loin de se faire au moment de la chutedes phénomènes fébriles, se manifeste tout au début de l’affection ; c’est ce qu’on rencontre principalement chez les enfants.
Nous croyons bien faire de rapporter ici une observation concluante de Parrot. De plus, c’est le seul cas de pneumonie abortive que nous avons pu trouver chez l’enfant.