OBSERVATION I
Pneumonie gauche. Durée : 2 jours et demi (Service de M. BERNHEIM).
Le nommé Maujean (Jean), âgé de 26 ans, entre le ? février 1889, à PHôpital civil, salle XI, lit n° 4.
Le 1°r février, le malade s’étant couché vers huit heures, bien portant, après avoir diné comme d'habitude, est pris subitement, vers neuf heures, au niveau de la partie inférieure de l’aisselle gauche, d’un point s’irradiant jusque la partie postérieure de l’épaule. Puis, une demi-heure après, il ressent, environ pendant dix minutes, un léger frisson qui n’est pas suivi de chaleur ni de sueur.
Tousse légèrement depuis ce moment.
2 février. — Fièvre, anorexie, oppression. Crache depuis ce matin.
2 février (soir). — Temp., 39°; pouls, 120.
3 février (matin). — Temp., 48 ; pouls, 128.
3 février (soir). — Temp., 3906; pouls, 120.
4 février (matin). — Temp., 374; pouls, 80.
Etat actuet. — Constitution bonne; tempérament mixte. Langue blanche, peau un peu moite ; facies vultueux. Le point de côté persiste encore, quoiqu'ayant un peu diminué. Expectoration visqueuse, ressem -
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blant assez à de la marmelade d’abricots. Respiration costo-abdominale. Le malade a saigné du nez hier dans l'après-midi.
En avant. — À gauche, son un peu tvmpanique sous la clavicule ; submatité aux troisième, quatrième, cinquième et sixième espaces.
A droite, son clair, ample, également un peu tympanique.
Respiration diminuée à gauche.
A droite, respiration un peu rude et comme supplémentaire.
En arrière. — A droite, submatité dans les fosses sus et sous-épineuses.
A gauche, sonorité dans les points correspondants.
Le son devient plus clair, mais très peu ample, au niveau de l’angle de l’omoplate des deux côtés.
Submatité dans les quatre derniers espaces, également des deux côtés.
Dans les fosses sus et sous-épineuses droites et la région interscapulaire, inspiration un peu rude, expiration soufflée, sans râles.
Le souffle disparait vers l'aisselle.
A gauche, inspiration nette et expiration soufflée. Dans la fosse sousépineuse, on perçoit nettement des râles sous-crépitants qui se prolongent jusqu’à la base.
5 février (matin). — Temp., 3606 ; pouls, 68.
L’expectoration, très abondante, contient encore des crachats visqueux. Le malade accuse toujours un point en dehors du sein gauche.
En avant. — Son normal des deux côtés.
À gauche, affaiblissement du bruit vésiculaire.
A droite, inspiration rude, rugueuse ; expiration prolongée.
En arrière. — Son peu clair et peu ample à droite et à la base gauche.
Respiration soufflée dans les fosses sus et sous-épineuses avec quelques râles sous-crépitants à l'inspiration.
A la base, respiration nette sans râles.
À gauche, expiration légèrement soufflée et quelques sibilances dans la fosse sus-épineuse.
À la base, la respiration est vésiculaire, et on entend des râles lointains qui ne sont plus sonores.
Le malade a dormi trois heures cette nuit ; il commence à avoir de l'appétit.
6 février. — Apvrexie. Le point a beaucoup diminué. En arant. — Respiration plus rude à droite qu’à gauche. En arrière. — Submatité un peu partout, mais plus prononcée à
sauche.
a. Où
Les phénomènes perçus à l’auscultation sont toujours les mêmes : respiration soufflée avec râles sous-crépitants, mais beaucoup plus accentués du côté gauche.
7 février. — Apyrexie. Expectoration presque nulle. Les signes physiques persistent encore, excepté à la base où la respiration est devenue vésiculaire.
9 février. — La respiration soufflée diminue ; elle a presque disparu à gauche ; encore quelques râles. À droite, elle persiste dans la fosse susépineuse et dans la région interscapulaire.
13, 14, 15 février. — Il reste encore un peu de respiration soufflée dans les sommets sans râles.
Il s’agit ici d’un homme qui a présenté tous les signes physiques et fonctionnels d’une pneumonie. La défervescence s’est faite le troisième jour, en dehors de tout traitement, et cependant les symptômes thoraciques ont persisté une dizaine de jours après la chute de la température.