‹ De la pneumonie chroniqueChapitre 3 sur 6 · NOSOGRAPHIE · texte numérisé non relu

NOSOGRAPHIE

La description de la pneumonie chronique simple, que nous venons de présenter, est sans doute fort imparfaite. Pour la tracer, il nous a été impossible de nous soumettre à cette méthode rigoureuse qui veut que l’on compte les observations tout en les pesant. Les ma fériaux dont nous pouvions disposer étaient trop peu nombreux pour cela. Nous avons dû, par conséquent, nous borner à méditer sur un petit nombre d’histoires de la maladie. Ainsi nous ne pouvions saisir que les traits fortement accusés, et les détails devaient nécessairement nous échapper fort souvent.

Dans une nosographie purement symptomatique comme l’était celle de Sauvages, la pneumonie chronique eût été rangée parmi les plnhisies (1). Une consomption plus ou moins rapide jointe à quelques symptômes thoraciques, tels que toux et dyspnée; tel est, en effet, l'un de ses caractères extérieurs les plus habituels et en même temps les plus faciles à saisir. Il permettrait déjà de reconnaître, dans la pneumonie chronique simple, deux formes principales : 1° la pneumonie chronique à forme de phthisie lente ; 2° la pneumonie chronique à forme de phthisie rapide.

Dans une nosographie organique, la pneumonie chronique simple doit prendre rang parmi les inflammations parenchymateuses. En considérant toutefois que l’induration du tissu pulmonaire avec hypertrophie de l’élément conjonctif (Métamorphose fibreuse, Cruveilhier) et diminution de la vascularité des parties, est un de ses traits distinctifs, on pourrait être tenté peut-être de lui refuser le caractère inflammatoire. Cependant la présence d’un exsudât particulier, — la matière amorphe finement granuleuse — et la connaissance d’un travail phlegmasique antérieur révélé, au moins dans la plupart des cas, par l’examen clinique, suffiraient, ce nous semble, pour spécifier l’induration inflammatoire et la distinguer de celle qui ne reconnaîtrait point une pareille origine.

Au point de vue de la nosographie organique, la

(t) Phlhisis; character est corporis emaciatio cum ampbimerina leuta, tussi, dyspnæa et ut pluriraum puris sputo. (Sauvage, Nosol. melli., cl. X, Cachexiœ, ord. I, II.)— Phlhisis pulmonaris est consumptio lotius corporis cum febre a mala afTectiouc et ab ulceratioDC pulmouum tandem originem ducens. (Morton, Phlhisiologia, franc, et Leipz., 1691, p. 76.)

pneumonie chronique est une inflammation parenchymateuse. On peut y distinguer deux formes ou plutôt deux degrés: 1° la pneumonie chronique non ulcéreuse; 2° la pneumonie chronique ulcéreuse.

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